PREMIÈRE PIERRE
Lorsque les plans étaient arrêtés définitivement, on procédait à Texécution. On sait que dans l'antiquité la plus reculée, la construction d'un édifice, et particulièrement d'un temple, fut toujours considérée comme un événement assez important pour que les rois ou leurs représentants assistassent à la pose de la première pierre avec un certain cérémonial. Une inscription tracée sur une feuille de métal et relatant l'époque de la construction, le nom du prince régnant, etc. était placée originairement entre deux assises inférieures de l'édifice. L'Egypte a fourni en 1818 l'exemple d'une feuille d'or contenant une inscription dédicatoire d'un Ptolémée, et peut-être doit-on voir la même pensée dans les inscriptions cunéiformes qu'on letrouve à Ninive et à Babylone sur les lits des pierres et des briques. Au moyen âge, la pose de la première pierre fut entourée, comme dans l'antiquité, de la pompe des cérémonies, et plus d'un monument écrit ou réel nous démontrent qu'on laissait un souvenir de cet événement.
L'abbé Suger, en parlant de la pose de la première pierre de l'église abbatiale de Saint-Denis, dit : «Ipse enim serenisc' sinius Rex, intus descendens, propriis manibus suum impo- «suit (lapidem), nos quoque et multi alii, tam abbates quam « religiosi viri, lapides suos imposuerunt. Quidam etiam gem- « mas ob amorem et reverentiam Jesu Christi , décantantes : « Lapides pretiosi omnes mûri tui, etc.* «
• Lih, de consecr. p. 355. Recueil de Vhist. de France, t. IV, p. 35o.
ARCHITECTURE MONASTIQUE. kl
Landric, troisième abbé de Bdleville en Beaujolais, bénit la première pierre de l'église, le 8 juillet 1 168, et mit dans cette pierre une belle pièce d'or'.
En 181a, M. Vaudoyer, architecte du gouvernement et membre de l'Institut, trouva dans les substructions de l'élise du couvent des Grands-Carmes de la place Maubert à Paris . uoe inscription du xiv' siècle indiquant la fondation et la dédicace du temple. On y lit :
« Ego magister Gerardus de Monte -Acuto, struo hic istum • primum lapidem in honorem Dei et béate Marie Virginis, « angelorum totius curie Celestis. »
S' ai. Première pierre de l'élise des Grands-Carmes, à Pan»,