XVI INTRODUCTION
Après 1 étude de l'ensemble des monastères, puis des détails nombreux quils renfermaient, on trouvera dans ce travail les petits monuments isolés dans les villes et les campagnes, et (jui par leur caractère sacré pouvaient présenter quelque relation avec les maisons religieuses. L examen des monastères des Clercs terminera ces études. Il a semblé naturel dy rattacher les presbytères, les évêchés et archevêchés et enfin Thabitation des papes, pour indiquer que l'investigation de ces monuments doit s'étendre depuis l'humble cellule du solitaire jusqu'aux palais des princes de l'église et du souverain pontife.
L'architecture monastique , dont nous venons d'indiquer en peu de mots l'origine et le but, passa successivement par toutes les variations de formes qui caractérisent les cinq grandes divisions de l'art chrétien : style latin , style byzantin , style roman , style ogival , et style classique ou de la renaissance. Les emprunts que se firent ces diverses écoles d'architecture établirent aussi sur les édifices des monastères les styles de transition; il y a plus : toujours placés comme des postes avancés de la civilisation , en présence des peuples mahométans ou idolâtres, les monastères se ressentirent du voisinage de ces nations diverses : on voit en Egypte plus d'une trace de l'architecture arabe sur les couvents coptes ; ceux du Mont Athos , de l'Asie Mineure et de la Grèce possèdent des kiosques , des dômes ovoïdes et autres constructions en uàage chez les Turcs; on reconnaît facilement dans plus d'une maison religieuse de la Sicile et de l'Espagne les souvenirs de la domination des Maures. Nous ne suivrons pas les moines dans tous ces emprunts,
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qui n étaient qu accidentels et ne caractérisaient point leur art véritable; nous devons nous borner à étudier leurs édifices lorsqu'ils les élevèrent au milieu de la chrétienté et loin de ces influences passagères et locales.
De nombreux restes de ces colonies religieuses existent encore sur notre sol; mais il est temps de les étudier et de les décrire, bientôt il serait trop tard pour en retrouver les détails : devenues, pour la plupart, propriétés particulières, la spéculation ou Tignorance se hâtent de les détruire. Le but que nous nous sommes proposé dans ce travail est de faciliter l'exsi^men de ces ruines, d'aider aux recherches qui pourront y faire découvrir des renseignements utiles à l'histoire des monastères et de la vie qu'on y menait. Nous avons donc essayé de réunir assez de dessins et de notes descriptives pour donner un aperçu des constructions qui entraient dans l'ensemble des maisons religieuses, et en reproduisant, autant que possible, un ou plusieurs exemples de ces nombreux détails , nous avons espéré mettre sur la voie de l'interprétation les laborieux investigateurs qui s'occupent des antiquités monumentales.
Tout ce qui est publié ici a été dessiné ou décrit sur des monuments authentiques : cette base était indispensable.
Le plus ancien et le plus important document dont nous ayons fait usage est le plan géométrique de l'abbaye de Saint-Gall, dessin original du ix* siècle, conservé dans les archives de cette maison célèbre, reproduit à une petite échelle par dom Mabillon, dans les Annales de Tordre de Saint-Benoît, et récemment publié en fac-similé par M. Fer-
INSTRUGTIONS. — II.