IC. Dressoir
■ A. RcxcTnint, nsrecTotWM.
Le réfectoire était une vaste salle dans laquelle les religieux se réunissaient pour prendre leurs repas; il donnait, par son importance, les moyens de produire de grands effets d'architecture; aussi, après le temple, oITrait-il la plus belle construction du monastère. On le plaçait toujours sur une des faces du cloître, cl généralement en opposition avec l'église, afin d’en éloigner fodeur des cuisines qui devaient l’accompagner. Dans les premiers siècles du christianisme, les agapes ou repas en commun furent établis pour développer la confraternité des fidèles; des salles étaient construites dans ce but auprès des basiliques, et, comme les usages romains étaient encore en vigueur alors, ou donna à ces premiers réfectoires la forme du Iriclinium , et on leur en conserva le nom. La disposition de la salle à manger romaine était ordinairement carrée, les convives se plaçaient sur trois faces, la quatrième restant libre pour le service. Les chrétiens donnèrent plus de développement h cette disposition, et sur chacun des trois côtés destinés aux convives établirent des absides : auprès de
' f/iiioirv (ft t ahhaye tU Suint-Cermain , {Mtr <lom BouiHiiii.
ARCtIITECTURE MONASTIQUE. 329
l'église de l’arcnzo en Islrie, construite au vT siècle par l'évêque Euplirasius, on volt un triclinium disposé de la sorte.
N* 48 t. Plan du (ric^irntiin de Parerun
|>ii»cgniqiir
située
entre la sacnsite mudemr rt le inclioiunt
Lorsque Léon 111 lit de nouvelles constructions au palais de Latran, séjour habituel des papes, à l’époque du couronnement de Charlemagne a Rome, on disposa le vaste triclinium majus dont on voit encore une partie auprès de la basilique de Saiiit-.Iean-dc-Latran. Alcmannus nous en a conservé le plan : c’était une salle longue, ornée de trois absides, dont une à l'e.vlrcmlté et deux sur les grands cotés; des peintures en mosaïque et des marbres précieux décoraient les voûtes et les murs; c’est une des absides qui existent encore, avec sa mosaïque; elle occupait l’extrémité de la salle, au septentrion. Le Christ y est représenté au milieu des apôtres. Sur le mur vertical qui surmonte l’abside sont figurés, d’une part Jésus ayant à ses pieds Constantin et le pape saint Sylvestre, de l'autre saint Pierre, accompagné de Charlemagne et du pape Léon 111. (Voir le plan n* 48a.)
ntSTnucTiDNS —ni.
INSTRUCTIONS
N* Pian du iricUnium de Saint^Joan-de-Latran.
Piace oCL'up^ par les papes
Cette forme est à peu près la même que celle qui a été adoptée dans les monastères de l’Orient, où les traditions anciennes se sont beaucoup mieux conservées qu’en Occident : les réfectoires y ofl'reut une grande analogie avec le iricliniam de Rome ; dans le grand monastère de la Sainte-Laure, sur le mont Atlios, on en voit un dont rextremité est occupée par une abside; sur les deux grandes faces de la salle sont deux parties secondaires se reliant avec le réfectoire et donnant au plan la forme d’une croix ; elles y remplacent les deux absides latérales du triclinium de Léon. Dans les monastères de l’Orient les réfectoires sont placés généralement devant l’église, à une grande distance, mais non pas toujours sous des portiques comme en Occident. (Voir le plan du couvent de la Sainte-Laure et la vue perspective de celui du Rossicon, au mont Atbos, pages a 4 et 33 de la première partie.)
N* 4^3. Réfectoire de h Sainte-Laure, au moiU Allmu.
Abbé
L’ahbaye de Saint-G.iH contenait un réfectoire qui occupait tout le côté du cloître oppose à l'église; le plan indique qu’au commencement du u' siècle ces salles avaient la forme d’un parallélogramme sans absides ou avant-corps. I.a porte était située au milieu de la grande face, sous le promenoir du cloître; vis-à-vis la porte s’élevait la tribune du lecteur, audessous de laquelle était dressée la table des hôtes; les moine.s se plaçaient autour du réfectoire, l’abbé avait sa table dans l’a.xe, vers l’extrémité orientale. Une porte percée dans le mur de l’occident conduisait à la cuisine, construite isolément et à peu de distance.