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MAISON UES NOVICES

La maison des novices était le lieu consacré à riiabitation des jeunes gens destinés à l'élat mona.stiquo, des oblati; elle était située dans lu partie du monastère la plus éloignée des portes extérieures, « in inlimis monasterii penetralibus'. « Le plan de l'abbaye de Saint-Ciall renferme un noviciat qui est lui-même disposé comme un petit monastère : un cloître occupe le centre; les novices s'y trouvaient réunis aux cnlànts de chœur qui, sous le nom de puisantes, avaient soin des objets néces- .saires au culte et .sonnaient les cloches aux heures des ollices, ce qui se disait pulsare. Autour du cloître du noviciatsont disposés une chapelle, un réfectoire, une inlirmeric, un dortoir, un chaulfoir, une salle pour le maître; dans une construction située à l'extérieur sont figurées la cuisine et la salle de bain spécialement réservées aux novices. Toute

‘ Ztegelbauer, p. 190.

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celte maison et scs dépendances occupent dans le plan l'extrémité orientale, «in renioliore monasterii parte,» selon les règleinenis.

MAISONS DKS HÔTES, XKSOÙOCIIH M , DOMUS HOSPITVM.

Tous les monastères présentaient une lialiitation particulière pour recevoir les hôtes qui visitaient les religieux pour alTaires de l’Église ou pour toute autre cause. Elles olTraient une construction séparée ou reliée aux autres parties du monastère, selon qu'il était plus ou moins iuiportant. En général la demeure des hôtes était voisine de l’entrée de la maison religieuse; on y préparait, dans les dépendances, des logements de serviteurs et des écuries pour les chevaux des personnages de distinction. On sait combien d'ahus résultèrent de la facilité qu’avaient les évêques d’emmener avec eux, dans leurs tournées, un nombreux personnel, et quelles furent les justes réclamations souvent reproduites à cet égard par les abbés, qui sollicitèrent des règleineuls lises.

On voit dans fantiqiie monastère de la Sainte- l.aurc, au mont Athos, une mai.son des hôtes qui est un grand corps de logis spécial; il est appuyé contre le mur d'enceinte, à peu do distance de la porte d’entrée. Cette habitation est divisée en chambres, comme des cellules de moines; on y entre par un couloir commun, line pièce plus vaste que les autres et qui occupe rextrémilé du corridor est destinée aux plus hauts personnages qui visitent la maison. (Voir le plan de la Sainte-Laure.) La plus ancienne mention d’une hôtellerie, iccnodochium, se trouve dans la Chronique de Fontenelle; on y lit que .saint Ausberl, abbé .de ce monastère de 678 à 684, y bâtit une maison des hôtes voisine de la porte d’entrée. Le plan de Saint-

AUCHITECTURE MONASTIQUE. 397

Gall fait connaître les dispositions d’une vaste liAtellcrie au IX* siècle: elle se compose de deux corps de logis séparés, remplacement qu'elle occupe est au nord de l’église de l’abhaye, partie consacrée aux constructions que fréquentaient plus particulièrement les étrangers. On lit ces mots auprès de la maison , //ffc domus hospilibas parta est ejuaque snscipiendis; ils ne laissent aucun doute sur sa destination. Le principal corps de logis consacré à l’habitation est ainsi distribué : un vestibule carré, injrcjsui, donne entrée à droite et à gauche à deux grandes pièces pour les domestiques, cubilia servitoivm, et en face a une va.ste salle pre.squc carrée qui devait être éclairée par en haut; nn foyer occupe le centre, locus foci. Des tables et des bancs font le tour de la salle, sur le sol de laquelle sont écrits ces mots : Do/mis hospitum ad prandendam. C’était donc un réfectoire, bien que les hôtes eussent une table particulière dans celui des religieux et que les évôques et autres personnes favorisées dîna.ssent avec l’abbé. On y voit deux loretjinata; à l’est et à l'ouest de cette pièce .sont placés deux dortoirs, divisés chacun, par une cloison, en deux chambrées contenant plusieurs lits, un poêle, des latrines. Au nord du réfectoire sont des écuries pour les chevaux, stabula caballortm , dans lesquelles On a figuré les mangeoires, prirsepia. La maison des hôtes à l'abbaye de Saint-Alban, en Angleterre, avait des écuries pour trois cents chevaux. Une lampe y brûlait toute la nuit.

Le second bâtiment réunit sous un même toit la cuisine des hôtes, une salle à manger pour les serviteurs; on y entre par un vestibule commun, qui conduit ensuite dans une boulangerie et une brasserie, auxquelles sont jointes deux pièces allongées, l’une pour préparer la pite, interendœ pastw locus, l’autre pour refroidir la cervoise : liic refrigeralur cervisa.

INSTKUCTIONS.

L’hospitalité au moyen 5ge était telle que les princes d'Occideijt faisaient construire des hôtelleries en Asie |X)ur lespc*lerins qui visitaient les saints lieux. On lit ces mots dans les -Icta Sanct. O. S' B. 111° siècle ; « Lej^i ego in scripto Bernardi monachi , quod anno Incarnationis octingentesimo sepluagesimo idem Hierosolyinam profectus. . . hospitatusqiie fnerit in xenodochio quod idem gloriosus Carolus Magnus construi jusserat. »

Les constructions destinées à recevoir les hôtes ne lurinaient pas toujours une maison séparée comme celles <ju’on vient de faire connaître; elles étaient plus ordinairement reliées à d'autres déj>endances du monastère, mais toujours néanmoins voisines de la porte d’entrée, pour ne pas gêner les religieux de l’intérieur.

Dans ce genre de xenodochium , moins important que les premiers, on pouvait trouver le salntaloriiim ou pro aula, vestibule ou antichambre où l’on recevait d’abord, puis une grande salie cütnmune donnant entrée de chaque côté à des chambres k lits, avec cabinets pour dépo.ser les vêtements, lieux d’ai- .sances.etc. etc. Aux anciennes abbayes de Saint-Germain-des- Prés et de Fontenelle, les habitations des hôtes, disposées avec luxe, étaient placées sur la face occidentale du cloître et se reliaient à d’autres bâtiments.

Dans l’ordre de Cduny, il était ordonné de mettre deux bougies et une boule de cire [wrtant une mèche pour éclairer la chambre d’un hôte de grande qualité.

Certains monastères situés près des routes olTraient, indépendamment de la maison des hôtes, une va.ste construction établie extra maros, dans laquelle les voyageurs pouvaient se réfugier la nuit, ou s’ils étaient surpris ]>ar le mauvais temps; ces édifices étaient dispo.sés en portiques ou en grandes salles.

AUCIIITECTIIŒ MONASTIQUE.

On voit un exemple des premiers, auprès du mouaslère de Sainte-Agnès hors les murs, à Rome, sur la via \omeniana, au delà de la porte Pia; les voyageurs pouvaient y allendre à couvert, avec leur bagage, l'ouverture de la porte de la ville. La construction de ce portique paraît Tort ancienne, et n’est plus en u.sage aujourd’hui. La disposition en grande salle avec cheminées se retrouve en dehors de l’ancienne abbaye de Bon-l’ort, auprès de la baie de Paimpol (Côtes-du-Nord). C’est une vaste construction du xiii' siècle, dans laquelle les marchands, les pèlerins ou les voyageurs pouvaient entrer avec leurs marchandises ou bagages, s’établir à l’abri des intempéries du ciel, préparer leur repas et passer la nuit, comme on le pratique encore de nos jours dans les khans ou caravanséraïs (le l’Orient.

N* r»i8. Vu** de i'cnlrt'**! <lu monaslère de Sainle-Apnè» hors les murs.

En dehors et à peu de distance de l’enceinte de l’abbaye de Jumiége, on voit une construction du moyen âge, enlounie de contre-forts et d’une apparence assez simple, qu’on nomme la maison des dames; ou pense que là étaient reçues les leinmes qu’un pèlerinage, une all'aire ou tout autre objet, amenait auprès de l’abbaye, où elles ne pouvaient être reçues; cette espc'îce d’hôtellerie spèciale doit se retrouver dans le voisinage de plus d’un monastère d’hommes. ’ ■

ARCHITECTURE MONASTIQUE, maison de.s pèlerins et des pauvres, domus perecjrinonim et pauperum, était établie dans le voisinage de l’entrée principale. Le plan de Sainl-Gall fait connaître quelle importance avait cette construction dès le ix' siècle; celle qui y est figurée se compose de deux vastes corps de logis séparés l'un de l’autre. Le premier, qui est le plus important, contient d’abord un vestibule donnant entrée à deux pièces pour les domestiques, servientium mansioncs. En face, il introduit dans une grande .salle éclairée par le haut et qui probablement était un atrium toscan; car on lit dans un carré tracé au milieu, et qui indique sans doute le passage de la lumière, le mot testudo, toit. Des bancs continus régnent autour de la salle : les pèlerins et les pauvres étaient reçus là et pouvaient s’y reposer pour attendre les aumônes. Au nord et au midi on entre dans deux dortoirs destinés à donner à coucher à ceux qui arrivaient tard et ne pouvaient continuer immédiatement leur route. On remarque qu’il n’y a point de lits: ils couchaient sans doute sur de la paille. Deux pièces situées au couchant sont des celliers pour renfermer les provisions qu’on leur distribuait.

Le second corps de logis est destiné à la fabrication du pain et des boissons; il renferme, d’un côté, une boulangerie avec un four et ses accessoires; on y lit,pMtn'Rum et fornax; de l’autre est une bras.serie, hracltorium. Près de celle-ci, dans une pièce fort allongée, .sont des tables et un vase auprès desquels on lit ces mots. Ad refriijerandam cervisam; du côté opposé sont les accessoires pour mouiller et préparer la farine de la boulangerie.

Sur la face latérale de l’église, auprès de laquelle s'élève là maison des pèlerins et des pauvres, est la demeure de l’hostelier, paasatio procuratoris pauperum.

On voit à Rome une maison de pèlerins beaucoup plus con-

nSTRCCTIOÏlS. — III.

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sidérablc que celle qui est tracée sur le plan de Saint-Gall ; saint Philippe de Xéri en eut la première pensée, le pape Jules 111 l'aida dans cette œuvre de charité. Les pèlerins des deux se.xes y sont logés et nourris pendant trois jours, à quelque nation qu’ils appartiennent; on en a compté jusqu’à cinq mille dans les années de jubilé. Trais réfectoires immenses sont destinés à leurs repas; une grande cuisine de forme circulaire, voûtée et entourée de nombreuses dépendances, est placée au centre de la maison; on voit auprès une grande salle dans laquelle on lave les pieds des pèlerins à leur arrivée.

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