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U.VI

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inventés au milieu du vu* siècle, les monastères en firent construire. On en voit un figurer au xvi' siècle dans la vue de l’abbaye de Saint-Germain-iles-Prés que dom Bouillart a fait graver, dans .son Histoire de ce monastère, d’après le dessin original tiré des archives. 11 était situé au delà de l’enceinte, sur la butte de la Charité, où se trouve aujourd’hui la rue .Saint-Guillaiiine. M. de Cauniont a publié un moulin dans le Bulletin monumental, l. X, p. 6o, avec des détails d’architecture du XV* siècle; il est situé près d’Auray en Bretagne. On voit encore auprès de Paris, à peu de distance des restes de l’abbaye de Longchamp, à l’extrémité du bois de Boulogne, un moulin qui appartenait aux religieuses. Il parait dater du xiii' siècle.

Ce moulin est une tour ronde en pierre de quatre mètres quatre-vingts centimètres dans oeuvre; les murs ont un mètre vingt centimètres d’épaisseur par le bas; un vaste soubassement circulaire élève le moulin au-dessus du niveau de la plaine. La porte est surmontée d'un linteau d'une seule pierre, au-de.ssus de laquelle on a construit un arc en décharge; la clôture en bois est du xv* siècle. La machine n’existe plus, le comble conique parait avoir été refait au .xvi' siècle, les ailes sont brisées. Une date apocryphe, i aa i , est gravée sur le linteau de la porte.

Les chartreux de Paris avaient fait construire, à l’extrémité méridionale de leur enclos, un moulin à vent d’une disposition toute particulière; il s'élevait sur une base tellement importante qu’elle contenait une salle entourée de galeries et dans laquelle les religieux pouvaient se réunir en grand nombre pour faire la conversation. (Voir le plan au n” 5 19.)

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N* 519. Plan du moulin des Chartreux à Pari»

L’abhaye de l'.Alnc, au diocèse de Cambrai, possédait uu moulin curieux par la combinaison du service. Dom Martenne le décrit ain.si : • Selon la règle de saint Benoît, on trouve dans J’enclos toutes les commodités jusqu’à un moulin, et tout y est si bien di.sposé, que du grenier le grain tombe dans le moulin, et du moulin la farine tombe dans la boulangerie, où il y a un four de dix-neuf pieds de long et de dix-huit de large, dans lequel on cuit à la fois cinq cents pains chacun de cinq livres; ce qui est admirable et ne se voit point ailleurs •

IIRASSEBIES, l>UE.S.SOins, PRESSOniA, BBACINÀ, TORCVLAHIA.

On introduisit de bonne heure dans les monastères les moyens de fabriquer la cervoise, boisson ordinaire des moines, pour l’obtenir à peu de frais et utiliser les grains et les fruits cultivés sur leurs terres; les instruments employés pour écraser ces fruits se nommaient pUoe , torcular, C12. C’était le pressoir,

’ Voy. Uu. 1. 1, 11* pari. p. 309.

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plus ou moins avancé en mécanique; il donna son nom aux bâtiments construits pour le contenir.

Le plan de Saint-Gall comprend, auprès du lieu destiné à la fabrication de la cervoise, une salle carrée au centre de laquelle sont figurés deux cercles avec rigolos pour diriger la liqueur; auprès i»t écrit le mot pilæ ; c’est évidemment le pre.ssoir. Plusieurs brasseries sont figurées sur ce ^an; on y voit d'abord celle des religieux, puis on en a joint une à la maison des hôtes et à celle des pèlerins et des pauvres. La première, contiguë à la boulangerie, est une grande pièce carrée au centre de laquelle est un foyer; des bassins circulaires et des tables sont rangés symétriquement autour; on y lit. Hic fralrlbus conftclaiur cervisa; dans une pièce voisine on la faisait refroidir. Un grenier placé â proximité de la brasserie servait à conson'er et à préparer les grains nécessaires à la fabrication; le travail se faisait sur une aire disposée en forme de croix et sur laquelle on lit ces mots : Granarium ubi mundaUim fmmentum lervetur et quod ad cervisam pmparalar. Dans quatre pièces adjacentes on conservait des provisions, repusitoria. F.es brasseries des hôtes et des pèlerins reproduisent , sur de petites proportions, celle du monastère; elles n'ont point de grenier particulier, celui des moines devait être commun à toute la maison.

Le moine Eadwin a figuré aussi le bâtiment où se fabriquaient les boissons dans le prieuré de Cantorbéry; il se distingue des autres constructions par le mot bracinam; une cheminée s’élevait dans un angle, et des rigoles y conduisaient l’eau des fontaines du couvent ; ainsi que dans le plan de Saint- Gall, ce bâtiment s’élevait auprès de la boulangerie.

Le pressoir de l’abbaye de Saint-Médard, auprès de Soissons, était une construction du xiii' siècle; il était éclairé par deux rangs de fenêtres en arcs aigus; de grands contre-forts

s'élevaient jusqu’à la corniche supérieure. Dans les vues de Saint-Germain-dcs-Prés et de quelques autres monastères, il en est qui semblent d’une construction postérieure au xiii' siècle; nous reproduisons celui de Saint-Médard.

V oso. Pre»»oir «te TthiMyc de Saint-Médard de Soisaons.

‘ÉCHAtDOIR, BRI LOIR, LABDARiUM.

On faisait dans les monastères de grandes provisions de viandes sèches pour varier la nourriture des moines, et parer aux disettes, qui n'étaient que trop fréquentes au moyen Age.

Ce genre de nourriture exigeait des dispositions particulières pour la préparation. On voit dans le plan de Saint-Gall un bâtiment séparé, situé entre le pressoir et les étables, et sur lequel on lit: Locas ad torrendas annonas. On doit penser que c'était un échaudoir ou brûloir pour préparer les viandes de porc, car au centre de la pièce principale est figuré un gril d'uue dimension considérable; une échancrure est pratiquée au milieu d'une des faces pour pouvoir approcher du centre sans se brûler. Lorsque les viandes étaient préparées et séchées, on les portait dans un magasin très-étendu placé sur la face occidentale du grand cloître, au-dessus4lu cellier. Ce magasin était nommé lardarium, comme on le voit par la légende ins-

iAAT(tor.Tir)\5.— III.

410 INSTHLCTIONS.

crite dans le cellier, Infra cellariim. Supra lurdarium et aliontin necesiariorum reposiUo.

Le camerarlus veillait aux approvLsionnenaenls de lx)ucbe (Ducaii"e); mais cette fonction n'existait pas dans tous les monaslcres.

(iHKNIEB, GIUNCE, GHANARWM , HORRF.VM.

Les récoltes de fruits et de céréales recueillies par les moines, les dîmes apportées par les cultivateurs dans l’enceinte des monastères, obligèrent les fondateurs à élever de vastes greniers pour renfermer ces provisions. Le dessin de l’abbaye de Saint- Gall présente un document précieux sur les dispositions adoptées au ix' siècle; on y lit sur un lopg bâtiment établi au midi : Ilorreum, repositio Jractaum annallum. L’édilice se divise en deux parties égales; au centre est une aire en forme de croix sur laquelle sont tracés ces mots : Area in <foa trilurantur gmna et palcm ; c’était le lieu ménagé pour battre les grains.

La représentation du prieuré de Cantorbéry fournil un grenier du xii' siècle; celui qui y figure est voisin de la boulangerie; il paraît avoir comporté deux étages. Le xin' siècle nous a laissé de beaux exemples de greniers d’abbayes : les ruines de .Maubuisson, auprès de Pontoise, offrent une grange remarquable par son étendue et sa Iselle construction; neuf grandes colonnes en décorent la façade principale; elles portent des arcs aigus qui .s’élèvent jusqu’à la corniche supérieun*, des contre-forts à redans multipliés soutiennent les pignons. I^a grange est divisée à l’intérieur en deux nefs. Celle de Longcbamp, plus voisine de Paris, est moins importante que celle de Maubuisson, moiA décorée au dehors; la charpente intérieure est néanmoins fort remarquable.

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AKCIIITKCTURF. MONASTIQUE,

\ Vauclair, de l'ordre de Cîteaux, au diocèse de Laon, se voit une très-belle grange du vin' siècle dont les planche.s suivantes reproduisent le plan, les façades et la coupe. Onze colonnes la divisent en deux nefs; deux murs transversaux laissent un passage libre vers le milieu. Cette immense construction comporte deux étages voûtés et un grenier. '

5)3. Plitn (le grange de Vauclair.

N* 5a3. Façade de U grange de Veodatr,

^12 INSTRUCTLONS.

N* &3/^. Pignon de la grange de Vauclair.

N* 53&. Coupe de la grange de VaurUir.

Le monastère de Saiiil-Jean-Baplisic, situé dans la ville de Laon, oITrait de remarquables granges ou greniers, dont nous reproduisons les dessins d’après le Monasticon Gallicanum; ils donnertt une idée de ces vastes constructions.

V 5sG. Grenier du inoiiaslcic de SaMit-Jcan-Ba)ilitiU‘.

Le cénier, cœnarias, veillait à la rentrée des dîmes; il était ainsi désigné parce qu'originairement il fournissait le souper aux religieux. On nommait greneliers, granetarii, les moines qui avaient soin des greniers; ils commandaient aux boulangers, aux foulons et aux bûcherons.

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'il. A

aqueducs, réservoirs, citernes, puits D’ARROSEMENT, CA.NAUX.

L'n grand nombre de monastères, fondés loin des rivières et des fleuves, exigeaient que des constructions hydrauliques pussent fournir continuellement la provision d’eau nécessaire à tous les services de ces maisons renfermant de nombreux habitants. Nous avons précédemment indiqué comment feau était distribuée dans les cloîtres; mais pour laver le linge, poulies bains, pour l'arrosage des jardins et d'autres besoins journaliers, on avait senti la nécessité de réunir dans des réservoirs et des citernes une quantité d'eau suffisante pour qu’en temps de séchei-esse la maison ne s’en trouvât pas dépourvue, l'n maître des fontaines avait soin de les faire curer et tenir en état de service. {Offices de Saint-C^an.) Des aqueducs souterrains amenaient les eaux de source.

N* 5^7. A4|iiL'duc à l'abbaye de Moiitmarlre.

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Des réservoirs placés loin du centre et à une hauteur sulfisante permettaient de faire la distribution des eaux; on en voit fréquemment dans les dessins qui reproduisent les vues de monastères; indépendamment de tuyaux de plomb ou de terre cuite, à l’instar de ceux des Romains, on en faisait aussi en bois; ou les nommait corps de bois, « portant eau esdites fontaines. » (Offices claustraux de Salnt-Oyan.j Des citernes, à l’instar de celles qui se fabriquent dans les contrées Tnéridionales, y étaient aussi établies. .Ailleurs, des puits étaient creusés à grands frais et on les surmontait de machines pour faire monter l’eau. L’abbaye de Sainte-Geneviève en avait une qui était célèbre par ses dimensions. On voit encore dans la grande pépinière du jardin du Luxembourg, à Paris, à l'ouest de l’allée de l’Observatoire, un petit bâtiment renfermant un puits à manège et un réservoir destiné à alimenter les cellules des chartreux et les divers services du monastère ; il était situé au milieu du cloître. On a détruit, il y a peu d’années, les citernes de l’abbaye de Montmartre; elles sont publiées dans la Statistique de Paris; nous en reprotluisous ici le plan général et une coupe transversale prise sur la pièce carrée. Ces citernes avaient une grande hauteur sous voiUcs.

N* &38. Citerne de l'abbeTe de Muntmartn-

\* 639. Coupe de la cilerno de l'abbaye de Montmartre.

Des canaax d'irrigation étaient établis aussi par les moines pour arroser les récoltes; enfin, ils faisaient de grands travaux hydrauliques, soit dans le but de se préserver des eaux qui pouvaient leur nuire, soit pour les détourner à leur profit lorsqu'ils voulaient établir des moulins à eau ou quelque autre usine à leur usage. Des réservoirs étaient établis aussi pour contenir des provisions d’huile et d'autres liquides.

Pour éviter le séjour des eaux salies par le service, on établi.ssail aussi des égouts d'assainissement, qui se dirigeaient soit vers les fossés de l’abbaye, soit à des distances plus grandes si des pentes de dessèchement le permettaient. Un beau ré- •servoir se voyait dans les jardins de l’abbaye de Sâint-Michel, à Tonnerre ; il y avaif un regard au milieu du cimetière; il se divisait en deux parties, l’une destinée au service de l’abbaye, l'autre à l’usage des habitants voisins.

éeuniF.s et étables.

Les travaux de défrichement auxquels se livrèrent les moines, en commençant à établir les monastères, les conduisii-ent à

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