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I. Baptistère

J. Logements du clergé. Presbylcrium.

Contre le mur de clôture, à l’intérieur de l'encei^lte, s'élèvent quelques tours et constructions secondaires, tant pour la défense que pour des services applicables aux besoins intérieurs du monasUrium clcricoram et du nombreux personnel qui devait y être attache.

INSTRUCTIONS

tiHti

Le vaste édifice dont le plan est gravé ici ue Ibrine plus qu’un immen.se massif de décombres que M. L. Renier dut explorer sur plusieurs points , pour se rendre compte dé sa dis- |>ositiün ancienne et du Lut qui le fit con.struire; les rouiiles qu’il dirigea avec ardeur lui permirent de recueillir les documents les plus importants, mais il eut le regret de ne pouvoir continuer .son exploration d’une manière aussi complète qu’il favait espéré d’abord; il serait désirable, dans l’intérêt de la science, que ce travail pût être poussé plus loin.

La basilique, conforme à toutes celles de la primitive liglise, dont nous avons fait connaître les dispositions dans la première partie, est sur un sol élevé, auquel on arrive par un grand nombre de marches; son pavé est une mosaïque remarquable, dans le style antique; les colonnes, dont un grand nombre sont encore debout, olfrent des marbres précieux enlevés sans doute à des édifices païens; elles séparent la nef principale des collatéraux, cl des barrières qui .servaient à diviser les fidèles se voient entre les colonnes. (Voir page 179 de la I" partie.) Contrairement aux dispositions habituelles, ces colonnes sont doubles et répétées jiar d’autres qui s’appuient contre les murs des bas côtés. Celle basilique cathédrale C est précédée d’une cour sacrée D, d'un baptistère carré 1 et d’un triclinium pour les agapes II, lequel est placé ici d’une façon beaucoup plus commode que celui du dôme de Parenzo. (Voir le plan du dôme de Parenzo, n“ 45i, et le triclinium, page 329.)

Une enceinte défendue par des tours cl fort cteudue envelopjM; la basilique, ain.si que les dépendances dont nous allons parler, et qui constituent le presbyterium ou monnsterinm clencoruinK Cette enceinte n’a que trois issues : deux sont à l’ali-

' Celle rnceinle. Unpvaslf f)Our ^*lrc gravée itur lepinn n*553.a été irttnquêe d«n*t 1*

AKCIIITECTL'RK MONASTIQUv <185

vnciiKMit (le la fai^adn principale de la basilique; ce sont des sortes de portes triomphales construites avec d'énormes pierres de taille, dans le style romain; des colonnes les décorent et elles donnent accès à nn espace GG, orné de portiques et contenant le grand escalier de la cathédrale. Nous ofl'rons, sous le n° 554, la plus importante de ces portes, celle qui est siiuee dans l'enceinte secondaire maïuuée A sur le plan.

.N* 5r»V Porlp d cnlréc de l'enceinl»*.

.\uprès de t*s portes d'entrée, sont deux enceintes secondaires et de forme allongée A et F , contenant des restes d'habitations, |)eut-êtrc destinées à l'évèqne, aux hôtes et aux cathecumènes. Entre ces enceintes en est une beaucoup plus

|Mirhi« dépourvue de conslrurliui» , derrière iâ ba«lir|uc; entre les ligncti ponctuées en \S. to mèlrefi de longueur ont été mipprîinéH sur le pUn.

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INSTRUCTIONS

vaste E, de forme carrée; elle est située devaut la> façade de la basilique et forme un véritable cloître avec d'étroites galeries à colonties dans son circuit; le sol de ces galeries, plus élevé que celui du préau, était accessible par des escaliers situés auprès des portes. (Voir la coupe générale n° 655.)

N* Coupc générale de la besilique de remeinle.

Autour de la basilique, et à un niveau plus élevé que son pavé, règne une terrasse à laquelle ou arrivait par deux escaliers situés aux angles de la façade de l’édilice; ils étaient dans des tours aujourd'hui détruites en partie, et qui semblent être les rudiments des clochers qui s’élevèrent plus tard atix angles de nos façades d'églises. C’est sous cette terrasse , et par conséquent autour du terre-plein qui porte la basilique, qu’ont été construites les cellules J destinées à loger le clergé formant le prcsbyleriuin de l’évéque. Celte disposition offre beaucoup d’analogie avec les logements des prêtres élevés autour des temples anti(|iies de l’Egypte, de la Grèce et de Home, ainsi que du temple de Salomon; elle est aussi assez conforme au plan du presbyleriam de Strasbourg, publié par Specklin. Toutes ces cellules sont fabriquées avec des tombeaux romains enlevés à une grande voie antique, tracée dans le voisinage.

L’âge de ce monument, si complet pour éclairer l’origine des monaslvria clericoram, est bien déterminé par le style antique de ses dispositions générales, comme par celui de sa

mosaïque, des fragments de sculpture chrétienne, découverts par M. L. Henier, de l'appareil des matériaux employés à la construction des portes ainsi qu’à celle des murailles en général, puis des voûtes, aujourd’hui renversées; enfin, par l’emploi de tombeaux romains pour la bâtisse des cellules. Quant à la date approximative de la construction, elle ressort de la position même de l’édifice; son importance, comme église épi.sccpale.dut la faire établir au milieu delà population de Tbéveste: ainsi avaient été placées les basiliques d'Ilippone, de Constantine, de Carthage, etc. .\ l’époque de la guerre des Vandales, Salomon, général de Justinien, défendant cette partie de i'einpirc contre finvasiou, réduisit considérablement la ville de Tbéveste, en élevant les murailles remarquables qui se voient aujourd’hui à Tébessa, et qui portent des inscriptions gravées indiquant l’auteur de ces constructions. Le général byzantin, eu resserrant ainsi la ville dans une enceinte qui n'en faisait plus, en quelque sorte, qu’une citadelle, laissa en dehors l’église épiscopale, trop éloignée du centre jM)ur y être enveloppée, et construisit deux églises plus restreintes, qui existent encore en partie et dont le style est autre que celui de la grande basilique. On doit, donc considérer celle-ci comme antérieure à la guerre des Vandales; les arts qui contribuèrent à sa décoration sont ceux de l'antiquité, peu modifiés encore par les premiers essais de l’art chrétien; la disposition du presbyterium est celle que conçut saint Augustin à la fin du iv' siècle, et qui fut adoptée particulièrement en ■Vfrique. On doit donc voir dans ce monument uii exemple de cathédrale complète, qui serait contemporaine, ou à peu près, de l’évcque d’Hippone.

l'intérêt que présente la basilique de Tbéveste, eu égard a son importance, à son antiquité, à son pn-sbyterinm , se joint

INSTHÜCTIONS.

celui d’avoir cvidenimeut été la cathédrale de la ville. Déjà l'habitalion de l’évéque, au milieu de son clergé, le baptistèiv;, la grande étendue de renceinle générale, avaient pu le faire entrevoir; mais la confirmation ressort de ce que disent de Carthage, Procope et Victor Vitensis: le premier, en racontant la guerre des Vandales, et le .second, leurs persécutions contre l'Église. La cathédrale de Carthage était située sur le foriini maritime (Procop. Bell. Vanrl. Il, i4); elle contenait l’iiabitalion des évéques, et, de plus, un prtshyierinm ; (Gen.sericus) « puiso epi.scopo, cum clero venerabili dicto ccclcsiam noiniue Restitutaui in qua somper episcopi commanebant, suae religioni uiancipavit. • (Victor Vitens. Persec. Vaiul. I, 3.) .Saint Augustin prêcha plusieurs fois dans celte basilique (.Semi. 34. i65, 2 08, 21)4); elle était surnommée la grande, Majorcm, et devait son nom au tombeau de sainte Perpétue, comme nous l'apprcnd Victor Vitensis (Persec. Vand. I, 3 et p. io6).

Cartilage renfermait vingt cl une basiliques; mais, comme celles qui se voient encore en Italie et en Orient, elles n’avaient point de monastères de clercs; celle de Perpétua reslitiita, seule, en possédait un; elle était surnommée la Grande et placée sur le forum; elle olfrail, en outre, l’habitation des évêques; nulle autre ne pouvait être la cathédrale.

.Au milieu du viii' siècle, Gbrodegand, évêque de Metz, lira, en partie, de la règle de saint Benoît celle qu’il imposa aux chanoines. Ils devaient vivre dans un cloîtie interdit aux femmes et aux laïques, se lever [xnir chanter matines, remplir la journée par les offices; ils sortaient à certaines heures, et rentraient le soir; les repas étaient pris en commun dans un réfectoire; l’évêque présidait à la vie commune et la partageait. Il fallut construire des maisons religieuses en rapport avec la règle nouvelle; elles ofl’rirent de l’analogie seulement

ARCHITECTimF, MONASTIQL’E.

avec les lieux réguliers des monastères, car elles ne contenaient qu’une faible partie des nombreuses dépendances renfermées dans l’enceinte des abbayes; resserrées ordinairement entre les rues nombreu^s qui avoisinaient les cathédrales, ces maisons présentaient le plus souvent:

i” Des constructions militaires défendant les abords; a" Un cloître donnant accès, par un de ses promenoirs, à la cathédrale ou à la collégiale;

l ne ou plusieurs chapelles canoniales;

4" Une salle d’assemblée pour le chapitre ;

5“ L’habitation des chanoines distribuée en cellules d’abord, plus tard en dortoirs, puis en petites maisons isolées;

6° Un réfectoire;

7° Des greniers et celliers;

8" Des écoles;

9° Des dépendances pour loger les chantres, musiciens et bas oITiciers de l’église ;

lo' Une bibliothèque et des archives;

1 1° Une salle des comptes et contrôles;

ia° Un tribunal ou olficialité;

i3° Une prison et lieux patibulaires;

14“ Un cimetière;

i5° Des propriétés en dehors de l’enceinte.

Au X' siècle, dans les villes où il n’y avait pas d’évêque, des chapitres se formèrent sous le nom de collégiales. Moins importantes que les premières, ces maisons canoniales contenaient cependant, en grande partie, les divisions qui viennent d’être établies.

l” rORTincATIOKS.

Le choix du local qui devait recevoir les constructions ca-

INSTRUCTIONS. — - III

tNSTRUCTIONS.

nonialcs ne pouvait ^tre arbitraire, comme pour la plupart des autres maisons religieuses; l'-emplaccment était déterminé positivement auprès des cathédrales et églises collégiales. En général, les premières basiliques qui devinrent cathédrales avaient été construites sur les points les plus élevés, ou les plus faciles à défendre, qu’oll'raient les anciennes villes. Ainsi à Paris, l’église mère s’éleva vers l’extrémité orientale de l’île de Lulèce; protégée par le lleuve et par le mur d’enceinte, elle remplaçait les autels du paganisme. A Metz, ce fut sur les ruines d’un édifice romain, et au sommet de la colline de Sainte-Croi.x, que la cathédrale fut construite, au milieu de murailles militaires. A Noyou, le château Corbeau, forteresse antique, fut le lieu choisi pour placer la cathédrale. Alby, au Puy-en-Velay, à Avignon, à Marseille, etc. etc. les cathédrales surmontent de véritables acrojxiles. A Cambrai, l’emplacement choisi .se nommait le Château. Les exemples sont sans nombre ; ceux-ci suffisent pour établir qu’à la pensée de remplacer les temples antiques par les autels du Christ, se joignit toujours, dans l’origine, celle de prendi-e une position militaire, pour se défendre contre les barbares.

Les chapitres, devenant en peu de temps fort puissants par leurs richesses et leur influence morale, se fortifièrent de manière à maîtriser les villes; et, plhs tard, lorsque les communes commencèrent à s’élever contre l’autorité des évêques eé de leurs chapitres, des luttes souvent sanglantes ne contribuèrent pas peu à faire développer, auprès des cathédrales et sur les enceintes qui entouraient les maisons canoniales, tout l’appareil militaire qu’on a vu employer aux monastères des religieux. ,

Les villes d’Alby, du Puy, de Noyon et beaucoup d’autres conservent encore auprès de leurs chapitres des restes de

tours, de portes fortîBées, de cloîtres surmontés de créneau.t. Quelques cathédrales clles-uiêiiies deviurent de véritables forteresses, dans lesquelles on employa toutes les ressources que l’art militaire du moyen âge oll'rait pour défendre les places. I.,a cathédrale d’Alby en est un e.xemple remarquable, dans lequel le grand clocher, qui est d'une hauteur prodigieuse, formait un donjon communiquant avec les diverses parties de l’église, et disposé de manière à s’y défendre après qu’on aurait épuisé toutes les ressources que présentait le reste de i’éflificc pour résister à un siège. En .Angleterre, plus d'une cathédrale fut disposée militairement : celle de Norwich offre des créneaux aux galeries qui surmontent la nef principale, et au-dessus des murs des collatéraux.

t° CLOÎTRE.

La basilique de Théveste présente un premier cloître, indépendant de l’alriam ordinaire des basiliques paroissiales et monastiques élevées dans les premiers siècles chrétiens ; les différences qu’il offre avec cet atrium résident, dans sa grande étendue; a° dans l’emplacement de ses entrées, qui sont pratiquées de manière à donner accès à l’église, sans qu’il soit nécessaire de traverser le préau dans toute sa surface ; 3” dans l’élévation du niveau des promenoirs au-dessus du sol du préau ; 4° dans une orientation convenable à la retraite, sou.» le ciel africain.

Ces diverses considérations réunies doivent faire admettre que l'enceinte qui précède la basilique canoniale de Théveste n’élait pas un atrium ordinaire, mais bien un cloître, particulièrement réservé au clergé formant le presbyterium de Tévêque. Un second cloître était établi autour de la même basilique, entre les cellules des prêtres et l’enceinte générale; l.i

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(levaient se trouver des plantations rappelant le bois sacré des ten)p!es antiques.

Le plan de la première cathédrale de Strasbourg, publié par Specklin, présente derrière le sanctuaire une cour allongée, entourée des habitations des religieux et de-l’évèque, et qu’on peut considérer comme un cloître. Ce plan, trop peu détaillé, n'indique pas s'il y avait des galeries autour du préau, mais la disposition générale offre assez d’analogie avec celle qui fut adoptée plus tard pour que nous la citions ici.

Le cloître que Chrodegand, évèc|ue de Metz, fit construire auprès de la cathédrale de cette ville, est le premier exemple que l’on puisse citer de la disposition adoptée plus tard dans presque tous les chapitres. Un plan qui date du commencement du xviii' siècle, et que M. Degin a publié dans son histoire delà cathédrale de Metz, fait connaître comment l’évèque, que l’on considère à juste titre comme le fondateur des chapitres en France, le fit établir. Détruit en 1764 par le maréchal de Bellc-lsle, il conserva jusqu’à cette époque ses dispositions premières, malgré de nombreux remaniements opérés dans les promenoirs. Peut-être même rcstcfit-il quelques parties du cloître de Chrodegand, car Baltus, historien de Metz, contemporain du maréchal, en décrit ainsi les constructions les plus anciennes alors : • La quatrième cl dernière branche «U corrid<ir du cloître était adossée au grenier du chapitre. Celte branche, et environ moitié de la troisième, du côté de Saint-Pierrc-le-Vieil, n’était fréquentée que lors des processions particulières de la cathédrale Elles étaient cons-

truites dans un goût rustique, telles, sans doute, qu’elles étaient avant la dernière construction de la cathédrale. Ces portions n’étaient pas voûtées, mais fermées par un simple mur et leur couverture, percées de petits jours serrés et en

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carré long dans la partie du côté de Saint-Pierre-le-Vieil, et cintrées dans toute la quatrième branche. • L’église de Saint- Picrre-le-Vienx datait, selon les chroniques, du temps de saint r.lènient; on lisait sur la porte cette inscription du xiv' siècle;

Cy ly premier moiislirr de Mes ko

Saint CIcmeiit lit en l’onour de .saint Pierre l'aposlrc, A temps cpic ly milliaire couruil par lxvii ans, etc.

L'évêque Chrodegand en fit une paroisse, autour de laquelle il groupa les bâtiments du cloître. « Pra-lerea ædificavit (monaslerium) in parochia heali Stephani in pago Masilensi, in honorent heati.ssiini Pétri apostoli , et ditavit illiid opibus inagnis, monachosque ibi instituit atque sub régula sancti patris Benedicti in una cbaritate conjunxit. » (Paul Diac. De ifest. episc. Met.) Le reste de cloître voisin de cette église, et construit d’une manière particulière avec de petits jours serrés et en carré long, semble avoir appartenu à la fondation première de Chrodegand, et donnerait une idée de rarcbitccture des cloîtres de chapitre au vin' siècle. Ce devait être une suite de piliers ou trumeaux étroits, portant des linteaux d’une seule pierre, constructions entièrement dans le système antique, encore en vigueur dans toute la période du stylo latin. Le quatrième corridor, adossé au grenier du chapitre, d’architecture rustique, comme le précédent, mais percé d’arcs cintrés, datait sans doute de la période romane. M. Begin a publié le dessin d'une porte du cloître; nous y renvoyons le lecteur; elle peut faire connaître le style que devait présenter cette quatrième galerie. (Voir le plan n” 556.)

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.N* 556. Plau du cloUre d« Cbrodegand. • Melz.

A. C«üiédnil4‘-

B. r.lottre.

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