‹ Architecture MonastiqueChapitre 57 sur 81 · C. rialtrio · texte numérisé non relu

C. rialtrio

D. Baint-HierrHe

Vicut.

E. Saint • Picrrr-

aui'lmagaa.

F. Xolra'DaoK'di -

LorKIr.

G. Chapelle de la

Vicloirr.

? Uâbitatiou».

[/architecture romane donna de nombreux cloîtres aux calliédralcs et collégiales; leurs formes variées ont été indiquées dans les Instructions relatives aux monasteria monachorum. Nous ne reproduirons pas non plus ici tout ce qui a été dit précédemmenl à l’égard des cloîtres construits durant les autres périodes de l’architecture chrétienne. Toutefois, ceux des monasteria clericorum pourraient présenter quelques particularités; ainsi, leurs dispositions étaient telles, qu’on en fortifiait direc-

ARCHITECTURE MONASTIQUE, leuient le% murailles extérieures par fies créneaux, comme on le voit à Noyon, parce qu'ils n’étaient pas toujours enveloppés dans tout leur contour par des constructions élevées, ainsi que ceux des monastères des moines. Celte absence de grands bâtiments autour des cloîtres des cathédrales et des collégiales s'explique par la richesse des chanoines, qui, dès le XII* siècle, abandonnèrent la vie commune, se firent construire des maisons parliculiéres plus ou moins éloignées du centre, bien que renfermées dans une enceinte générale; les habitations communes placées autour de leurs cloîtres dispanirent donc; on n’y éleva plus que les salles d’assemblées, et autres dépendances indispensables au service de l’église, ou néce.ssaires pour réunir les provisions que fournis-saient leurs propriétés extérieures,

3' CUXPr.l.l.ES CXSONIAl.BS KT cou.Kcm.E.s.

L'évêque de Metr, Chrodegand, en groupant auprès de la cathédrale les constructions nécessaires au clergé, à l’administration diocésaine et aux études, donna encore aux chanoines des églises .secondaires situées dans l’enceinte du monastère; l’une d’elles, Saint-Picrre-le-Vieux, était la patronale, et conséquemment commune à févêque et an clergé. L’église de Saint-Paul, particulière aux chanoines, formait leur chapelle titulaire et conventuelle; aussi le sceau du chapitre portait-il l’image de saint Paul. Deux nouvelles églises, dédiées à saint Pierre-le-Majeur et à sainte Marie, furent ajoutées, dans la suite, comme simples sanctuaires de dévotion '.

L’exemple donné par Chrodegand fut suivi plus tard; en effet, il y avait peu de monastères de clercs construits à fépoqne de l’architecture romane ou sous finfluence du style

INSTnUCTlONS.

gotlii.que, qui n'olTrissent une et même plusieurs 'chapelles canoniales el collégiales, où les chanoines se retiraient pour faire leurs dévotions à toute heure, et sans être dérangés, comme ils pouvaient l'être dans la cathédrale.

SALLE DE CHAPiTRE.

i..e plan du monastère de Saint-Gall, qui date du commencement du IX' siècle, ne renferme pas de salle capitulaire; les assemblées du chapitre se tenaient dans une des galeries du cloître. Chrodegand, en «instruisant le monastère dos chanoines de Metz, avait donné l’exemple de celte disposition; ce qui confirme ce que nous avons dit précédemment à cet égard. C’était le promenoir méridional de son cloître qui servait à cet usage, et il favait fait établir dans des proportions plus vastes que les trois autres galeries, pour qu’on s’y réunît plus commodément ; les mêmes précautions avaient été prises à Saiuttîall. Plus lard, oette branche du cloître ayant été convertie en église dédiée à Notre-Dame-de-Lorellc, et les chanoines désirant s’assembler dans une salle spéciale, on en disposa une dans la cathédrale même. Au-dessus de la galerie du cloître destinée aux assemblées du chapitre, Chrodegand avait établi l’église titulaire et conventuelle de Saint-Paul, particulière aux chanoines ; disposition curieuse, qui indique surTisammenl et le but qu’il se proposait et l’étendue qu’il avait donnée à la galerie destinée d’abord aux réunions cbapitralcs.

Les salles des chapitres de chanoines devinrent bientôt indispensables, et la plupart des monastères des clercs en présentent; on en voit de remai-quables à Noyon, au Puy, etc. elles ont une grande analogie avec celles des monastères de religieux que nous avons fait précédemment connaître. Celle

ABCHITKCTURE MONASTIQUE. 497

du Puy a cela de particulier qu’une vaste cheminée y a été construite, pour permettre les assemblées en hiver.

.N* 5Û7. Chcinioéo du chapitre du Pu\,

En Angleterre, les salles capitulaires des chanoines prirent les formes variées que nous avons fait connaître précédemment à la page 3a6; on voit dans le Monasticon anglicmnm que celle du chapitre de Saint-Paul de Londres était semblable

INSTHl'CTIONS. III.

INSTRUCTIONS

à celle de Lincoln, gravée sous le n” 48o, et occupait le centre du cloître.

5* CBLU'LES, MBTOtnS. — HABITATIOSS CASOMALES.

Saint Eusèbe et saint Augustin, en réunissant auprès d’eux les membres de leur clergé, firent construire pour les loger de simples cellules, en barinonie avec riiumilité des premiers siècles de l'Eglise. Cbrodegand, en réformateur sévère, qui prenait la règle de saint Benoît pour guide, exigea que les cbanoines fussent réunis la nuit dans des dortoirs. 11 les établit au premier étage de son cloître, au même niveau que l’église titulaire de Saint-Paul. Cette disposition avait pour but, sans doute, de faciliter les prières de nuit, auxquelles ils étaient astreints. Nous avons signalé des chapelles dans les dortoirs mêmes des moines.

Les chapitres s’étant enrichis par les donations, les chanoines s’affranchirent de ce que la règle avait d’incommode pour eux; ils revinrent donc bientôt aux cellules, puis, quittant le cloître, ils se firent construire dans le x'oisinage des demeures personnelles, dans lesquelles ils vivaient isolément ou plusieurs ensemble, à leur gré. Une chapelle particulière leur permettait d’y faire leurs prières sans aller à celle que le fondateur du monastère disposait originairement dans l’enceinte fin cloître.

Les maisons canoniales appartenaient aux chapitres, et même, quelquefois, personnellement à des clianoines, qui les fai.saient construire à leurs frais. On lit dans les Historiens de France (t. IX, p. 5ia, etc.) qu’au x' siècle les chanoines «le l’église de Paris ax’aient le droit de disposer entre eux de leurs habitations claustrales. L’Histoire de la Sainte-Chapelle de Paris, par Morand, indique des transactions faites par des

rhanoines en particulier, avec des habitants du voisinage. Des maisons de chanoines ont été conservées; on en voit quelques restes à Paris et dans les villes anciennes.

6* RÊrECTOIRE.

Le tricliniam joint aux églises de Parenzo et de Théveste, gravées aux n°* 45i cl 553, devait servir de réfectoire au clergé formant le presbylerium de ces collégiales primitives, et il est probable qu’on en construisit d’analogues auprès de tous les collèges de prêtres que saint Eusèbe et .saint Augustin avaient eu l’idée de former. Lorsque saint Chrodogand établit la règle pour les chanoines et rétablit les monasteria clericonim, le réfectoire qu’il y fit construire dut être conçu comme ceux qui ont été précédemment examinés dans les monasteria monachoram; il en fut de même chez les chanoines de saint .Augustin. Plus tard, dans le cours du moyen âge, les chanoines ayant, en général, une habitation complète et particulière, le réfectoire commun disparut de leur cloître; ils préférèrent prendre leurs repas isolément dans leurs maisons : c’était l’une des conséquences de l’abandon de la règle.

7' CREKIEBS ET CEU.IEBS.

On voit encore, auprès des cathédrales et des collégiales, des exemples de greniers et de celliers établis par les chapitres pour conserver les produits de leurs récoltes et des dîmes seigneuriales. Ces grandes constructions sont analogues À celles que fais^ênt construire les abbés et les fondateurs de monastères. Nous donnons sous les cinq numéros des planches qui suivent, un exemple de construction canoniale qui nous semble appartenir à cet ordre de bâtiments secondaires destinés à renfermer les récoltes des chanoines.

INSTRUCTIONS

N* S58. Plan de l’édifice dit le Chapitre, a Meau

N* .169. Façade de l'édifice dit le Chapitra, à Meauv

N* otk). Façade poaU'rteure

ARCHITECTLHE MONASTIQUE. 501

N' ^1. Fâçjide principde du indme édifice.

La cathédrale de Meaux offre, à quelque distauce, derrière üon abside, uu grand bâtiment du moyeu âge, qu’on nomme le Chapitre, et dont le tout ou partie semble avoir été disposé pour contenir les provisions des chanoines : une vaste salle .souterraine, divisée en deux nefs par une rangée de colonnes portant voûtes, rappelle les celliers indiqués à l’article qui con-

INSTRUCTIONS

cerne ces dépendances des monastères. (Voir la coupe n“56î.) Au-dessus de cette salle en est une autre située au rez-dechaussée et qui offre des dispositions identiques. On arrive au premier étage par un escalier extérieur figuré sur la façade 11° 56 1 . Ici se présente une vaste pièce que couvre un plancher soutenu par des poteaux; de nombreuses fenêtres l’éclairent; un escalier conduit de cette salle à un étage qui la surmonte; il est couvert par la charpente apparente du comble. Quatre tourelles établies aux angles de la construction sont accessibles par les planchers supérieurs. (Voir la planche n° 662.)

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