‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 10 sur 290 · COMPARTIMENTAGE DES TRANSPORTS ET PAQUEBOTS · texte numérisé non relu

COMPARTIMENTAGE DES TRANSPORTS ET PAQUEBOTS

qu'on n a pas affaire à une simple embarcation, il existe des cloisons transversales élanches, dont le nombre est à peu près égal au quotient de la longueur du navire par sa largeur.

Sur les avisos et les avisos-torpilleurs, il exisle en outre de chaque bord dans la région des nmchines et des chaufferies au-dessus et au-dessous dii faux-pont, une cloison limitant une soute à charbon latérale; cette cloison est élanche. De plus, quand il y a deux machines, elles son lie pi us sou vent séparées par une cloison diamétrale étanche. Si on ajoute que le faux-pont est étanche, on aura une idée assez exacte du cloisonnement de ces petits bâtiments.

Sur les torpilleurs, à part la suppression de toute cloison diamétrale même s'il existe deux machines, le compartimentage peut paraître analogue, à première vue. En effet, en dehors des cloisons transversales étanches, il existe, au moins par le travers des chaudières, des cloisons longitudinales qui limitent des soutes à charbon latérales. Mais il y a cependant une différence capitale; d'ordinaire ces cloisons latérales ne sont pas élanches. Il n'y a de réellement éfanches que les cloisons traosversales. Cepen^ dant comine celles-ci sont en assez grand nombre, le cloisonnement n'en a pas moins une grande importance, même sur ces petits navires qui sont mieux protégés, d'ailleurs, par leur vitesse et leurs dimensions que par tout procédé de construction.

I»«. Compartimentase des transpoHs et des paquebots. — Le compartimentage des nouveaux transports d'escadre est analogue à celui des croiseurs; le compartimentage des anciens transports (transports-hôpitaux, avisos-transports), rappelle plutôt celui des avisos

Quant aux paquebots, bien qu'ils puissent être appelés à jouer, en cas de guerre, le rôle de croiseurs auxiliaires, ils ont à ce point de vue' le grand défaut de n'avoir aucune espèce de tranche cellulaire ; ils ont de ce fait une infériorité marquée sur les bâtiments de combat. D'ailleurs sur les paque^ bots le cloisonnement, quoique aussi indispensable à la sécurité, offre un assez grand obstacle à l'établissement de vastes calps de chargement. 11 est également difficile de faire monter les cloisons dans les entreponts habités par les passagers sans les percer de grandes ouvertures ou sans apporter une gène considérable à la circulation. Aussi arrive-t-il le plus souvent, môme sur les bâtiments de commerce récents,qu'ellcs son t en nombre trop faible et arrôtées à des ponts situés trop bas pour être d'un grand secours en cas d'accident

Il est à remarquer qu'une cloison trop basse ou insuffisamment étanche est plus nuisible qu'utile. Sans faire obstacle à ce que le navire se remplisse peu à peu, elle le met, par la charge d'eau qu'elle ne laisse pas se répandre dans les fonds, dans une position de bande ou de différence de tirant d eau exa«^érée qui facilite l'introduction de nouvelles quantités d'eau. Elle empêche d'ailleurs l'eau d'arriver au pied des appareils principaux d'épuisement quand un tuyautage spécial, compliqué et coûteux ,n'a pas été établi dans ce but

APPENDICE

Nécessité dune protection contre les projectiles éclatant soies Veau.

Nous avons indiqué à diverses reprises, notamment p. 154, tome I et p. 8 et 9, tome II, quel intérêt présenterait l'emploi de dispositions efficaces pour garantir le navire contre les effets destructeurs des engins sous-marins, torpilles et obus-torpilles. Cette protection serait d'autant plus utile que les flancs du navire, au-dessous de Peau, ne sont pas moins menacés par les nouveaux obus à grande capacité d'explosif.

Les énormes projectiles, que peuvent lancer aujourd'hui les canons des batteries de côtes, sont susceptibles de contenir jusqu'à 100 kilos de mélinite. Dans des expériences faites à Toulon, on a constaté que de semblables obus, lorsqu'ils arrivent, non plus sur le navire lui-même, mais dans un rayon de 6, 7 ou 8 mètres autour de lui, produisent en éclatant sous Teau Teffet de véritables torpilles qui éventrent le bâtiment au-dessous de la partie blindée, s'il y en a une.

On sait que deux obus, chargés de 70 livres seulement de nitrogélatine, tirés à 1 900 mètres contre un vieux navire, à Kiel, amenèrent sa destruction complète. Le premier, éclatant sous l'eau à peu de distance, abattit le grand mât, le beaupré, défonça le pavois de tribord, et démolit le roufle. Au second coup le navire se brisa par le milieu.

Ces résultats d'expérience montrent quelles difûcultés rencontre le constructeur pour défendre aujourd'hui les bâtiments non seulement à la hauteur de la flottaison, mais aussi sur les flancs, à une assez grande profondeur au-dessous de l'eau.

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