CHAPITRE XXX
OUVERTURES PRATIQUÉES DANS LE VAIGRE LES PONTS INFÉRIEURS & LES CLOISONS
SOMMAIRE
Emplacement et dimensions à donner aux différentes ouTertures pratiquées audesscus du pont blindé.
Â. Panneaux^ portes et vannes é tanches. — Panneaux étanches. — - Trous d'homme. — Portes étanches. ~- Portes de soutes à charbon. — Vannes.
B. Passade étanche des transmissions de mouvement. ~- Passage des arbres, des tiges, des bielles, des drosses et des fils électriques.
C Passage des tuyaux à travers les cloisons étanches. — Conduite d'eau. — Conduite de vapeur.
316. Emplacement et dimensions a donner aux ouvertures pratiquées au-dessous du pont blindé. — Toutes les ouvertures pratiquées dans les faux-ponts, les plates-formes de cale, le vaigre ou les cloisons, pour permettre d'accéder dans les cellules ou les compartiments étanches, doivent être munies de fermetures étanches.
Quelle que soit la sécurité que présente le système d'obturation, il est évident qu'une paroi sans aucune ouverture présente plus de garanties qu'une autre paroi identique, dans laquelle on a découpé un passage plus ou moins grand. En effet, la porte peut se trouver ouverte, soit pour les besoins du service, soit par inadvertance, au moment où il serait indispensable qu'elle fût fermée. Les passages doivent donc dans toute la région des fonds être étudiés avec le plus grand soin, car il importe non seulement de limiter le nombre de ces ouvertures au strict minimum, mais de choisir les emplacements de manière à supprimer, autant que possible, tout danger d'irruption de l'eau d'un compartiment à l'autre.
230 cnAr. xxx. — ouvertures dans les ponts inférieurs et les cloisons
Oiï remarquera d'abord que ce danger est à peu près nul pour certaines Olive rlurt^s, notamment celles qui permettent d'accéder dans des comparliruenU destinés à rester vides, comme les cellules du double fond, les cellules latérales externes des grands cuirassés et le compartiment de rextrême avant. Le^ bouchons de trous d'iiomme ou les portes éldnches qui ferment ces compartiments sont toujours en place quand le navire quitte le port; on s'ftLs lient scrupuleusement de les ouvrir pendant tout le temps qu'il reste â la laer.
11 n est jamais établi de communication entre deux cellules du double fond ; on accède directement dans chacune d'elles au moyen d'un trou Lriiomme débouchant dans le compartiment situé immédiatement audessus.
11 on est de même, en général, des cellules situées en abord des grands cuirassés et du compartiment de l'avant. Sur les cuirassés actuellement en €Oiïislruction, on descend dans chacune d'elles par des trous d'horauie établis dans le plancher étanche des compartiments en abord du faux-poot. On arrive dans ces locaux eux-mômes par des portes pratiquées dans les eloisons à cette hauteur. De cette façon le nombre des trous percés dans le pont blindé est moindre que sur les anciens navires, où les orifices d'accès étaient pratiqués dans ce pont. D'ailleurs ces ouvertures devant rester toujours hermétiquement closes, leur emplacement n'a qu'une importance secondaire.
Tous les autres compartiments étant utilisés pour le service du bord, on y aeetJe par des portes ou des panneaux qui doivent être ouverts plus ou moins fréquemment. Ce sont ces ouvertures qui peuvent être une cause de danger.
Si on avait à se préoccuper uniquement de l'efficacité du compartimeuiage^le meilleur procédé à employer serait de ne jamais percer d'ouvertures dans les grandes cloisons transversales ou longitudinales qui subdivisent la capacité intérieure du navire. Au-dessus de chaque compartiment élémeninm limité par quatre de ces cloisons, on établirait un panneau débouctiunt^ au moyen d'un tambour étanche, sur un pont situé assez au- dessus de IVau, le pont de batterie par exemple, et, à Tintérieur de chaque compartiment, on accéderait dans les diverses chambres qui y sont renfermées par des panneaux et des portes élanches pratiquées dans les faux-ponts, les plates- formes de cale et les petites cloisons de ces chambres. De cette faron rintégrité des compartiments élémentaires serait absolument respeelée.
Mais., en dehors de la gône qui en résulterait pour le service, cette maïiirre d'opérer aurait le grave défaut de conduire à ouvrir de nombreux pujineaux dans le pont blindé qui doit être aussi peu découpé que possible.
Dans ces conditions, voici la solution qu'il convient d'adopter :
1*' On perce dans le poîit blindé un nombre restreint de panneaux qui
PANNEAUX ETANCHES 231
correspondent simplement aux compartiments principaux ou quelquefois même à des groupes de ces compartiments; ainsi un seul panneau, à cheval sur deux ou quatre compartiments, permettra d'accéder à peu près directement dans plusieurs chaufferies ou dans plusieurs chambres de machines.
2^ Au-dessus du faux pont, on établit des portes de communication permettant de circuler d'un bout à Vautre du navire. Il est utile, au moment du combat, de pouvoir aller, en cas de besoin, d'un bout h. l'autre du navire sans être forcé de remonter dans une parlie non protégée pour passer d'un compartiment à Tautre.
3** Au-dessous du faux pont^ il nest établi de communication entre deiùx compartiments de la cale qu'en cas de nécessité absolue. On peut être certain que les portes de la cale ne seront jamais fermées en temps utile et, toutes les fois que deux compartiments communiquent par le bas, ils peuvent être considérés comme n'en formant qu'un au point de vue de l'invasion de l'eau.
A cette hauteur les seuls passages qui puissent présenter quelque avan* lage pour le service sont les portes de communication établies enire deux compartiments de machines ou de chaufferies. D'ailleurs ces ouvertures qui permettent simplement de donner passage à un homme doivent être de dimensions très petites, de manière que la porte ne soit pas lourde et puisse se fermer facilement. On les place, autant que possible, au-dessus de la plate-forme de cale, et en tout cas assez haut au-dessus du parquet inférieur. Si l'établissement de semblables portes est une dérogation au principe d* après lequel on doit respecter l'intégrité des cloisons de la cale, il ne faut pas oublier que les hommes appelés à s'en servir et à les fermer, au moment du besoin, sont toujours à proximité, et qu'ils appartiennent au personnel mécanicien. Qu'il s'agisse de ces portes de communication, de portes de soutes à charbon oa de simples vannes, la manœuvre de toutes les portes de la cale doit pourvoir se faire d'mi entrepont supérieur. Cette règle n'est pas toujours appliquée quand il s'agit des portes de communication.
Sur les petits navires, il n'est, en général, percé aucune porte dans les cloisons transversales, qui sont, comme on le sait, les seules cloisons élanches de ces bâtiments.