‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 121 sur 290 · TROUS D HOMME · texte numérisé non relu

TROUS D HOMME

Coupe AB

Fig. 477 ou elliptique et le bouchon est amovible au lieu d'être tenu à charnières»

Fig. 478

On peut sans inconvénient remplacer la cornière d'entourage du trou d'homme par un fer demi-rond {fig. 478).

On a fait quelquefois les bouchons de trous d*homme en acier moulé. En admettant qu'il n*en résulte pas d'augmentation de poids, ce qui est peu probable, il est certain que l'augmentation de prix qui résulte de l'emploi de l'acier moulé n'est nullement justifiée. Nous préférons donc les boulons en tôle.

310. Portes élanches ordinaires. — Le dispositif employé pour les panneaux peut évidemment s'appliquer sans modification aux portes étanches, la porte tournant autour de gonds verticaux, tout comme le panneau tournait autour de charnières horizontales.

Mais ce système présente un grave défaut qui limite beaucoup son emploi ; il n'est possible d'ouvrir ou de fermer la porte que d'un seul des deux compartiments qu'elle fait communiquer. Si le compartiment où se trouvent les boulons de fermeture est envahi, la porte devient inutile. Lorsqu'il s'agit d'un local où les hommes du bord peuvent être appelés pour les besoins du service, il ne leur est pas possible de s'échapper si ud est venu à fermer la porte par l'extérieur. Cela peut avoir les plus graves conséquences : dans le cas où une explosion viendrait à se produire dan> une chambre de machines ou de chaufferies dans laquelle des hommes se trouveraient ainsi renfermés, ils pouraient être horriblement brûlés, bieu avant qu'on n'ait pu les faire sortir.

Aussi, il est de règle que toutes les portes étanches puissent être ouverles et fermées des deux côtés de la cloison. Seules, les portes de très petite dimension qui permettent d'accéder dans certains compartiments vides, et quelquefois celles qui font communiquer des soutes à charbon entre elles

Fig. 479

sont munies d'un système de fermeture semblable à celui des panneaux étanches [fig. 479).

Dans les faux-ponts, la communication se fait au moyen de portes de dimensions restreintes, n'ayant jamais plus de 70 centimètres de large el souvent même 65 centimètres seulement. Aux différents étages de la cale, on emploie des portes semblables ; par mesure d'économie, il faut, autant que possible, prendre le même modèle et la môme dimension pour toutes les portes d'un même navire.

PORTES ETANCHfiS ORDINAIRES

La porte {fig, 480) est en tôle, elle tourne sur de forts gonds g placés sur un des côtés verticaux. L'étanchéité est obtenue en faisant appuyer

contre une bande de caoutchouc fixée à la cloison une pièce en saillie sur

le pourtour de la porte. Quelquefois c'est Finverse qui a lieu, c'est la bande

de caoutchouc qui est fixée sur la porte, et la

pièce qui la comprime sur la cloison. La pièce

en saillie est, soit une cornière, soit un petit fer triangulaire ou demi-rond. Le caoutchouc est fixé entre deux bandes de fer plat rivées sur la porte ou cloison (a, fig, 481), ou entre rame d'un fer en U et deux cornières rivées à l'intérieur des pannes (è, fig, 481). Il est ainsi emprisonné dans une sorte de feuillure. Il ne faut pas se contenter de le loger simplement dans des queues d'aronde, car, sous l'action de la pression qui s'exerce au milieu de sa largeur, le caoutchouc tend à se recourber et, lorsqu'elle est simplement tenue par des queues d'aronde, la bande peut sortir de son logement (c, fig. 481). Une bonne précaution à prendre-

wauiùiitxt^yasism

Fig. 481

dans le même but est de coller la bande sur le fond de la rainure au moven de la colle, dite de linoléum, qui donne une 1res bonne adhérence du

caoutchouc sur le fer ou lacier.

On a quelquefois installé deux portes, une de chaque côlé de la cloison, pour une seule ouverture. On voit sur la fig, 482 la coupe d'une semblable porte double. Celle disposition ne nous parait d'ailleurs pas à imiter; elle est lourde et sans ioli^ rêt au point de vue de la sécurité qui est assurée de la façon la plus complète avec une porte unique disposée comme il a été dit plus haut.

La fig. 483 représente la disposisilion du cadre d'une porte étanche percée dans la cloison d'un tor|)illeur. Le cadre qui renferme le caoutchouc est très léger, il est fait en laiton; la coupe faite dans la f.g, 483 représente la section du cadre à plus grande échelle.

Le serrage d'une porte étanche ordinaire est obtenu au moyen de verrous qui, en tournant, montent sur un plan incliné p(/?^. 480). Ces tourniquets sont fixés soit sur la porte, soit sur la cloison ; des poignées doubles II permettent de les manœuvrer d'un côté ou de Tautre de la porte. Sur certains bâtiments, on a muni ces poignées de contrepoids assez gros qui les forcent à retomber lorsque la porte est ouverte. Il y a là un surcroît de poids que Ton doit éviter. Il faut avoir soin d'équilibrer le système de manière que, à la position d'ouverture, les poignées, abandonnées à elles-mêmes, retombent verticalement et ne soient pas une gène pour la circulation. Quand il n'en est pas ainsi, on maintient la poignée au moyen d'un petit ressort formé d'une simple lame d'acier.

Pour permettre de bien appliquer contre le caoutchouc le côté de la porte auquel sont fixés les charnières, il est bon d'ovaliser le trou dans lequel passe le boulon de ces charnières ; sans cette précaution, le tourniquet placé entre les deux charnières ne donnerait pas le serrage voulu {voir fig, 484-).

3!20. Porte Conord. — Dans le système des portes que nous venons de décrire, il est nécessaire de manœuvrer un assez grand nombre de tourniquets, six ou huit environ, pour passer de la position d'ouverture a celle de fermeture ou inversemement. La porte Connrd (fig, 484), très employée depuis quelques années sur les navires de guerre, peut être ou-

caoulchouc

Cadre en lallûn

Fig. 483

PORTE GONORD

verte ou fermée en agissant sur un levier unique. C'est une porte élanche ordinaire sur le dos de laquelle on est venu rapporter une plaque mobile G portant autant de verrous qu'il y a de taquets T, T' sur la cloison. Un mouvement d'excentrique E permet d'engager les verrous dans les taquets en abaissant la plaque, ou bien de les dégager en la levant. Lorsqu'on abaisse le levier, les verrous montent sur le plan incliné des taquets,

coupe A. tscj-Uc^l T

poussent la plaque mobile contre la porte, et compriment le caoutchouc, fixé derrière l'autre face de la porte, contre la bordure en saillie sur la cloison.

Naturellement le poids de la plaque additionnelle est réduit au minimum, cette plaque d'une seule pièce est en quelque sorte formée de deux tiges verticales tt réunies à mi-hauteur de la porte par un cadre C dans lequel est ménagé le logement de l'excentrique E : des évidements rectangulaires sont pratiqués dans la partie pleine du cadre. — Chacune des liges // présente à son extrémité un œil o dans lequel passe le boulon d'un guide ^

ûxé contre la porte; le cadre vertical, ainsi guidé à ses quatre extrémités, est forcé de coulisser verticalemeiit.

Pour permettre d'agir sur l'exceulrique au bout d'un grand bras de levier, on donne 50 centimètres de long aux poignées qui servent à lui communiquer le mouvement de rotation. Celle qui se trouve sur la face de la porte opposée au cadre est rejetée suffisamment en dedans de la cloison de manière à ce que la manœuvre soit aisée : dans ce but on donne une longueur suffisante au manchon M qui porte l'arbre de l'excentrique. On rémarquera enfin que la porte est ouverte quand le levier est en lair, fermée lorsqu'il est en bas. En effet, le passage de la position d'ouverture à celle de fermeture est l'opération qui doit être la plus rapide ; or on agit mieux et plus vite quand il s'agit d'abaisser un levier que lorsqu'il faut le soulever. D'ailleurs sur la porte Conord le poids du cadre mobile intervient dans le même sens pour activer la fermeture. Il est indispensable que la manœuvre se fasse toujours dans le même sens, sur les différentes portes, de manière à éviter toute confusion et toute hésitation.

Un peu plus lourde qu^ les portes étanches ordinaires, la porte Conord rachète cette infériorité assez minime par les nombreux avantages qui résultent de la rapidité de sa manœuvre. Elle doit être employée, de préférence à toute autre, aux endroits où l'invasion subite de l'eau est le plus à craindre. Son emploi est également à recommander pour les portes des locaux contenant des chaudières ou des appareils auxiliaires, surtout pour les sass Q) des chaufferies. Il faut, en effet, prévoir qu'au moment où une explosion viendrait à se produire en un de ces points, une fausse manoeuvre peut plonger le compartiment dans Tobscurité; des hommes brûlés et à demi affolés, s* écrasant devant une porte étanche, n'auraient vraisemblablement pas le sang-froid nécessaire pour manœuvrer six ou sept verrous isolés, ils auraient certainement la présence d'esprit de soulever un levier unique.

Nous citons pour mémoire les portes plus ou moins étanches dans lesquelles on se contente d'installer, du côté opposé aux charnières, deux tourniquets réunis par une tringle. En manœuvrant un levier on fait descendre ou monter la tringle et on ferme la porte, les tourniquets montant sur leur plan incliné. Ces portes sont plus légères que les portes Conord, mais le nombre des tourniquets est trop faible pour qu'on puisse espérer <ivoir autre chose qu'une étanchéité approximative avec un système de ce genre. Si on veut manœuvrer au moyen d'un levier unique une porte réellement étanclie, il faut recourir à la porte Conord.

32 1. Portes à fermer au combat* — Les seules portes étanches dont nous nous sommes occupé jusqu'ici sont, comme nous

(1) IjCS sass sont de petites chambres très étroites servant d'écluses pour pénétrer dans les chaufferies des navires où Ton marche à tirage forcé, aux grandes allures.

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