Ventilation des chaulTerles et des machines. - Si
on jette d'abord un coup d'œil sur la partie située au-dessous du pont
Fitf. 534
Fig. 534W.
VENTILATION DE LA PARTIE AVANT d'uN CUIRASSÉ ANGLAIS 30S
blindé, on voit que Tair neuf est amené dans les chaufferies et les machines par de larges tambours d'appel T qui prennent Tair au-dessus du pont des gaillards. Les cheminées P et leurs enveloppes, disposées au centre des compartiments, servent à Tévacuation de Tair vicié des chaufferies. Un puits spécial, établi au-dessus de la chambre des machines, remplit le même office. Lorsqu'on marche au tirage forcé les ventilateurs à vapeur V, disposés au pied des tambours T desservant ces chaufferies, aspirent Tair dans ces conduits et le refoulent dans les chambres de chauffe, où il passe par les foyers.
384. Ventilation de la partie située & Tavant des chaufTeries. — De la cloison avant des chaufferies à la cloison de collision, tout le système de ventilation se fait sana passer par Vintermédiaire d*aucun panneau ou d^aucune ouverture percée dans le pont protecteur. Il y a, il est vrai, une manche 0 qui concourt à la ventilation des soutes à munitions; mais, comme on le verra, il s'agit de l'utilisation très rationnelle d'un conduit existant et non de Tinstallation d'une manche spéciale. Il va sans dire, en effet, que, sur les navires anglais comme sur les navires français, tous les conduits qui, établis pour d'autres usages, peuvent concourir à la ventiialion sont utilisés dans ce but.
Ceci posé, l'air neuf qui doit servir à ventiler la partie avant du navire au-dessous du pont blindé est pris dans le tambour T, placé à l'avant de la première chaufferie. Cet air est aspiré dans un long canal t par un ventilateur à vapeur Vi placé sur la plate-forme de cale. De là, il est refoulé dans le canal a sur lequel sont greffés un certain nombre de petits tuyaux qui vont aérer les soutes à munitions et les autres locaux placés dans cette partie du navire. Le canal et ses branchements sont munis de ventouses dont on peut régler l'ouverture au moyen de petits volets à coulisse : l'air neuf refoulé par le ventilateur Vi s'échappe par ces orifices et pénètre dans [es différentes chambres. Pour prévoir le cas où le ventilateur Vi serait hors de service, on s'arrange de manière à pouvoir réunir le canal t au ventilateur V, situé à l'angle tribord avant de la chaufferie de l'avant.
A l'air neuf, ainsi envoyé dans les chambres de l'avant, vient s'ajouter celui qui arrive par la manche à air 0 ; cette manche qui débouche dans le plafond d'une soute à munitions n'est autre que le conduit installé pour le transport des munitions, depuis la soute jusqu'au pont des gaillards. On a muni d'un pavillon l'extrémité supérieure de ce conduit, et on s'en sert comme d'une manche à air.
Voyons maintenant comment se fait l'évacuation de l'air vicié. Nous retrouvons naturellement l'application des mêmes principes : l'air vicié des compartiments situés au-dessus de la plaie-forme est évacué, soit à travers les écoutilles E, soit à travers les petits tuyaux e. Les compartiments situés au-dessus de la plate-forme de cale évacuent ensuite leur air de l'un dans l'autre à travers des orifices h pratiqués à la partie supérieure des cloisons
et munis du système de fermeture automatique à boule représenté fig. 529'*"; l'air vicié arrive ainsi de proche en proche à la chambre de lancement des torpilles au-dessous de Teau, et de là il est aspiré dans les foyers des chaudières à travers les oriQces b. £n un mot, l'évacuation se fait comme l'appel en forçant lair à cheminer d'une chambre à l'autre sous le pont blindé. Seulement pour lexpulsion de Tair vicié, il n'y a besoin ni de conduits spéciaux, ni de ventilateurs, le tirage des chaudières étant suffisant pour provoquer un appel d'air énergique.
Les oriQces pratiqués dans les cloisons et les ponts sont munis des divers systèmes de fermetures à boule représentés fig, 529, 529**'' et 530. Toutefois, comme on peut le voir sur la fig, 534, les conduits e qui servent à l'évacuation de l'air vicié des soutes à munitions ne comportent pasdesys^ tème à boule. Ces conduits se composent simplement d'un petit tuyau recourbé en coi de cygne et dont le bout libre est perforé, tandis que l'autre extrémité peut être hermétiquement fermée au moyen d'une petite vanne en bronze épais coulissant horizontalement. Cette disposition a pour but de supprimer tout aiïaiblissement local, en prévision du cas où il se produirait une explosion de peu d'importance.
38o. Soutes à charbon. — Le renouvellement de Tair des soutes à charbon situées au-dessus du pont protecteur est obtenu par le procédé que nous avons déjà décrit. Des tuyaux d'évacuation e partent du haut de la soute et vont aboutir dans l'enveloppe d'une des grandes cheminées P. Aûn d'obtenir une circulation constante, on a soin de disposer également une arrivée d'air frais dans chaque soute au moyen de tuyaux d qui partent des tambours d'aération T. Grâce à cette précaution, le renouvellement se fait d'une façon continue au lieu d'être intermittent, comme il arriverait si on se contentait, pour l'introduction de l'air, des portes des soutes à charbon.
De plus, les gaz combustibles qui s^accumulent à la partie supérieure sont bien mieux balayés, la circulation se faisant continuellement sous le plafond dans le sens de la longueur, en même temps qu'elle se fait de haut en bas d'une façon intermittente. Les aboutissements des tuyaux cet d sur la cloison des soutes reçoivent des valves à flotteur; à l'intérieur de la soute, la valve est protégée par une solide enveloppe qui l'empêche d'être écrasée par le charbon. De l'autre côté, chacun de ces tuyaux est muni d'une vanne se manœuvrant à la main ; cette vanne sert à interrompre la communication au cas où l'incendie se déclarerait dans une soute ou encore à empêcher l'air de s'échapper à travers les soutes alimentaires quand on marche au tirage forcé.