‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 188 sur 290 · NAVIRES ALLEMANDS — GRAND DRAIN CENTRAL · texte numérisé non relu

NAVIRES ALLEMANDS — GRAND DRAIN CENTRAL

Aussitôt après avoir quitté la pompe, la conduite de refoulement se sub divise en deux branches. L'une sert pour le lavage et Tincendie, l'autre rejette Teau directement à la mer.

432. Pompes à vapeur. Emploi de pompes centrifuges, — Les pompes à vapeur sont placées à la partie basse de la chambre des machines. Elles comprennent d'abord une ou plusieurs pompes de cale attelées sur la machine, puis les pompes de circulation actionnées par un moteur indépendant.

Sur les navires récents il y a, en outre, des pompes centrifuges spéciales, qui sont placées en d'autres points du navire, souvent au-dessus du pont blindé. Contrairement à ce qui a lieu en France, les pompes à piston ne sont pas en faveur en Allemagne et on n*en emploie plus.

Il y a des éjecteurs sur les petits bateaux.

433. IVoinenclature des drains. — Les navires allemands ont rarement un seul drain, à moins qu'il ne s'agisse de bâtiments d'un tonnage relativement modéré. Les cuirassés ou plus généralement les navires qui ont une cloison médiane étanche, ou simplement une carlingue centrale étanche, reçoivent deux drains. Les navires à pont courbe comme les croiseurs protégés ou certains avisos en ont trois, un dans le fond du navire, deux sur les côtés au-dessus du fond du talus.

434. Grand drain central. — Dans tous les cas, la disposition des principaux tuyaux est la même. Le grand drain règne dans toute la région du double fond ; il se prolonge au delà par des branchements qui permettent d'épuiser les compartiments des extrémités. On greffe^également sur le drain des tuyaux plus ou moins longs : il y en a de très courts qui vont puiser dans le double fond, contrairement à ce qui se fait sur les navires français et anglais; il y en a de longs qui permettent d'épuiser les cellules latérales. Les compartiments éloignés du drain, les localités trop petites pour recevoir des tuyaux évacuent leur eau dans les chambres voisines par ^intermédiaire de vannes.

Quant au grand drain lui-môme, comme on peut s'en rendre compte en regardant la coupe longitudinale (/î^. 561), il est incliné des extrémités vers le milieu. Au point le plus bas, il aboutit à une cilerne dans laquelle puisent la plupart des pompes à vapeur. On a vu précédemment que toutes les

358 CHAP. XXXIV. — SERVICE d'kàU SLR LES NAVIRES ANGLAIS ET ALLEUAKDS

pompes à bras avaient des aspirations au drain ; leurs tuyaux descendent directement dans ce collecteur.

On profite de ce que la citerne se trouve établie à lendroit le plus bas pour nettoyer les tuyaux en les lavant à grande eau et en les vidant ensuite. Les tuyaux qui mettent les pompes de Tavant et de l'arrière en relation avec le drain sont installés de telle façon que par une manoeuvre coDveoable on puisse établir une communication d*une des pompes avec Tautre à travers le drain ; en actionnant alors les pompes, on envoie dans ce tuyau un courant d'eau qui entre à un bout du navire et sort à Tautre.

De semblables dispositions doivent exiger pour éviter toute fausse manœuvre un personnel exercé et absolument sûr.

435. Drains latéraux. — Nous avons vu que le système d épuisement des navires protégés comportaient trois drains, 11 y en a un grand au milieu et deux plus petits sur les côtés. Les drains de càté sont placés non plus dans les fonds mais au-dessus du pont blindé. Ils sont destinés a Tépuisement de la tranche cellulaire.

On les installe en abord dans la partie la plus basse du talus, lis courent tout le long du colTerdam et vont aussi loin que possible sur l'avant et sur Tarrière. La simple ouverture d*une soupape placée dans chacune des cellules du coiTerdam permet d'épuiser les cellules d'en abord. Quant aux cellules de côté, situées en dedans du coflerdam, et aux cellules du milieu, elles peuvent être mises en communication soit entre elles, soit avec les précédentes au moyen de vannes étancbes disposées au nombre d'une par cellule sur les cloisons longitudinales.

Ajoutons que Ton prend des dispositions spéciales pour apprécier la hauteur d'eau dans les différents compartiments étancbes au-dessus du pont blindé. Des bouts de tuyaux descendant d'un pont supérieur, du pont des gaillards par exemple, vont presque jusqu'au fond d'un de ces compartiments; si on croit qu'il y a de l'eau à l'intérieur d'une cellule, on dévis?e sur le pont en question le bouchon qui ferme ce canal et on y plonge une règle, graduée en centimètres, que l'on a suspendue au bout d'une ficelle. La longueur de la règle qui se trouve mouillée permet d'apprécier la hauteur de Teau dans le compartiment.

436. Inscriptions relatives au service d*eaiu Table d'épuisement. — Indépendamment des inscriptions plact'^s aux endroits où se manœuvrent les robinets, les soupapes, les vannes, etc., inscriptions qui ne diffèrent pas de celles usitées dans les autres marines, on prend des précautions minutieuses, quoique assez simples, pour permettre de se reconnaître facilement dans le service d'épuisement. Dans ce but, on fait à la hauteur du pont supérieur, sur les parois et dans les diverse schambres, des marques qui indiquent la position des cloisons étancbes transversales et permettent à l'aide d'une table de savoir reconnaître où se trouvent les sou-

NAVIRES ALLEMANDS INSCRIPTIONS RELATIVES AU SERVICE d'eAU 359

papes et les robinets qu'il y a lieu d'ouvrir ou de fermer pour remplir ou vider un compartiment donné.

La table dont il s'agit {fig. 562), tout en offrant moins de complexité

3S0 CHAP. XXXIV. — SERVICE d'eAU SUR LES NAVIRES ANGLAI.S ÏCT ALLEyàSK

qu'un plan, permet de se rendre compte de la valeur du système d épuise* ment; elle fournil en même temps des renseignements très intéressant sur Je compartimentage et par conséquent donne une idée a&*iez convenable de la valeur du Mtiment surtout lorsqu'il s'agit d'un navire protégé.

Malgré rinlérét que présente une table d'épuisement d'un navire h ponl courbe, nous avons choisi de préférence un tableau relatif à un cuiro-^sé afin qu'on puisse juger de la simplicité du mode de représ^^ntatlon suruD exemple se rapprochant de nos installations. Les inscriptions portées sur cette table se comprennent d'elles-mêmes : les indications Gall^ Bat, Mach, mises à côté d'une soupape ou d'une vanne indique que la manœuvre se fait du pont des gaillards, du pont de batterie, ou de la chambre des machines. Les indices dont sont affectées les lettres A, B, C, *^lc qui désignent les pompes, ne sont autres que les numéros inscrits sur les p!ar[ue<( d'aspiration à l'aboutissement des tuyaux correspondant aux divers eompartiments.

Il existe à bord de chaque navire des exemplaires de petits volumes ctintenant: i**les pla?is du drai7iage; 2' Vexplicaixon de leurs couîeun; 3® les tables d'épuisemefit dont nous venons de parler; 4* leur desrripthn\ 5° la repart itio7i des pompes et des dispositifs de drainage et tPutcmdifi 6° les instructio7is pour la manœuvre des divers appareils. Un certain nombre de ces exemplaires, dont la moitié sont sur toile, sont déposés entr*^ les mains des officiers et dans le poste de l'équipage. Parmi les renseiijnéments très complets qui sont ainsi mis à la portée de tous, les Lableaui d'épuisement ne doivent pas être les moins appréciés.

Page 1