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A. SAFRAN ET MECHE

437« Rôle du gouvernail. — Le gouveimail est l'appareil qui permet de maintenir le navire dans une route donnée ou de lui faire prendre des directions variables.

L'organe de propulsion, voilure, roue, hélice, peut également être mis à contribution pour faire évoluer le navire. Jja manœuvre est particulièrement commode lorsqu'il y a deux hélices latérales dont on peut faire tourner Tune dans le sens de la marche avant et l'autre dans celui de la marche arrière. Nous nous bornons à rappeler ces faits, n'ayant à nous occuper ici que du gouvernail, qui est l'organe essentiel de manœuvre et qu'on installe sur tous les navires.

Le gouvernail consiste en un plan mince, appelé sap^an, ordinairement placé à Tarrière, mobile autour d'un axe appelé mèche, de manière à pouvoir être orienté obliquement par rapport au plan longitudinal.

Soit (fig. 563) AB le navire, ab son gouvernail mobile autour de la mèche m. Supposons d'abord qu'on maintienne le gouvernail dans le plan diamétral (i.fig. 563) : lorsque le navire se meut dans le sens de la flèche, la résistance R à la marche de Tensemble formé par le navire et le gouvernail s'exerce suivant Taxe par raison de symétrie. Portons au contraire le plan du safran ab sur tribord (2, fig, 563) ; à la résistance précédente R

CHAP. XXXV. — GOUVERNAILS. SAFRAN ET UÈCHE

vient alors s'ajouter une nouvelle résistance P produite par Faction des filets liquides sur ce plan, qui maintenant n'est plus masqué par les formes du navire. Si nous appliquons au centre de gravité G de la carène deux forces égales et de signe contraire, parallèles a la direction de la résultante P de faction des filets liquides sur le gouvernail, on voit qu'en définitive le navire peut être considéré comme sollicité par les forces suivantes :

Uf / W^* II, résistance en marche directe ;

P, force égale à la résistance du gouvernail, appliquée au centre dp gravité G ;

P appliquée en un point de ab^ et — P en G, dont Tensenible constitue un couple.

C'est ce couple qui détermine la rotation de l'avant dans le sens indiqué par la flèche f, et produit l'évolution. En même temps que le navire se déplace sous l'action de son propulseur, il tourne autour de son centre de gravité par lefTet de son gouvernail, et la trajectoire résnltant de ce double mouvement de translation et de rotation cesse d'être une droite pour devenir une ligne courbe.

438. DifTércnt» types de $çoiivernalls. (Ordinaires, compensés, à aileron). — L'axe de rotation peut être placé tout à fait sur l'avant du safran, ou, au contraire, tomber en un point intermédiaire entre l'avant et l'arrière du safran. Dans le premier cas (fig. 564), le gouvernail est dil ordinaire, dans le second [fig, 565) compensé.

Avec la première disposition, lorsqu'on manœuvre le gouvernail ee marche, la résultante des pressions de l'eau sur le safran agit au bout d'an grand bras de levier, et il est nécessaire de développer une force considérable pour maintenir le gouvernail aux grands angles.

Il en est tout autrement lorsqu'on emploie un gouvernail du second genre ou gouvernail compensé, dans lequel on place ordinairement les Irob huitièmes environ du safran en avant de la mèche. En effet, la partie avint du safran étant de beaucoup la plus efficace, le point d'application de la résultante des pressions exercé(»s par les filets liquides est alors très voisin de Taxe de rotation, il suffit d'un effort modéré pour maintenir le gouvernail aux angles extrêmes, on peut agrandir la surface du safran de manière à accroître les qualités giratoires du bâtiment sans avoir besoin cependant d'une force considérable pour maintenir le gouvernail en position.

D'ailleurs, avec le degré de compensation que nous avons indiqué pins haut, le point d'application de la résultante des pressions exercées parles filets liquides sur le safran se trouve encore un peu sur l'arrière de Taxe de rotation ; cela est indispensable pour que le safran conserve la propriété

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