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SUSPENSION DU GOUVERNAIL PAR ATGUILLOTS ET PEMELOTS

l'avant sur le torpilleur le Lancier et à Tarrière sur le torpilleur identique le Dragon, Les essais comparatifs de ces deux bàliments ont pleinement confirmé ses prévisions et achevé de déraciner un préjugé assez répandu, relativement a la position obligatoire du gouvernail à l'arrière des hélices.

440. Suspension du gouvernail par aiguillots et fémelots. — Lorsque le gouvernail n'est pas compensé, on peut employer un mode de suspension qui présente quelque analogie avec celui d'une porte d'appartement. Le safran est tenu surdes ferrures formant gonds qui, tout en le supportant, permettent de l'orienter d'un bord ou de l'autre. La partie mâle de chacune de ces ferrures ou aigiiillot est fixée au gouvernail ; la partie femelle ou fémeîot est tenue sur Télambot. Un évidement appelé chapelle est pratiqué dans le gouvernail au-dessous de chaque aiguillot, de manière à permettre d'introduire celui-ci dans le fémelot correspondant (voir fig. 56i). L'aiguillot supérieur est placé aussi près que possible du trou de jaumière pour bien tenir le gouvernail à la tête.

On répartit quelquefois le poids du gouvernail sur tous les fémelots. Lorsqu'il y a plus de deux aigui Ilots, il vaut mieux ne le faire pointer que parles deux fémelots extrêmes. Chacun des aiguillots supérieur et inférieur est alors formé par une petite tige d'acier, vissée dans le gouvernail et terminée par un grain hémisphérique qui porte sur un grain semblable vissé dans le fémelot correspondant de l'étambot. Les aiguillots intermédiaires traversent leur fémelot comme à l'ordinaire, et maintiennent le gouvernail dans le sens horizontah Le frottement se trouve ainsi bien diminué et on n'a pas besoin d'une aussi grande précision dans l'aj u stage des diverses pièces.

Lorsqu'on emploie un gouvernail ordinaire tenu sur aiguillots, on réserve quelquefois au-dessus du safran une levée suffisante pour pouvoir dégager le gouvernail de ses fémelots, et on ménage un certain jeu dans le tube de jaumière pour pouvoir mettre le safran un peu obliquement, les aiguillots parant les fémelots. Lorsque la mèche fait corps avec le gouvernail, il est nécessaire de prendre cette précaution aussi bien pour pouvoir monter le gouvernail que pour le démonter au besoin.

Sur les torpilleurs dont la protection, comme on le sait, est simplement basée sur l'extrême mobilité, rien n'empêche de reporter la mèche au dehors, à l'extrême arrière. Dans ce cas {fig. 417 (*) et 370) la tenue se fait au moyen d'un ou de deux aiguillots et d'une douille qui embrasse la mèche à la hauteur du pont. Le fémelot supérieur qui porte le poids du gouvernail est placé à l'intersection de l'allonge de poupe avec la voûte. Le fémelot inférieur est pratiqué à travers un support qui peut être installé de différentes façons suivant que le fémelot lui-même est placé au-dessous du safran

CHAJ». XXXV.

GOUVERNAILS. SAFRAN ET MECHB

comme sur la fig. 417 ou à mi-hauteur comme sur les torpilleurs Ar^th naute et Tourmente {fig, 570).

Les fig. 571 et 572 montrent comment s'attachent sur la coque les deui

Fig. 570

colliers supérieurs, celui qui embrasse la mèche et celui qui constitue ic fémelot supérieur. Le premier est rivé par deux pattes sur le bordé depoat,

TENUB PAR MisCiUB SUSPflNDUB

le second sur les tôles du bordé de carène. La mèche faisant corps avec le cadre du gouvernail, il est bon de faire l'un des deux colliers précédents en

Fig. 571

Figo 572

deux parties a6n de faciliter le dégagement de la mèche. Dans la disposition d'ensemble représentée/?^. 417 et dans les dessins de détail fig. 571 et 572, c'est le collier inférieur qui est en deux parties réunies par des vis. Au contraire sur ^ Argonaute^ dont la fig. 570 montre Tinstallation du gouvernail, c'est la douille supérieure A qui est en deux morceaux, de manière à permettre la mise en place et l'enlèvement de l'ensemble formé par le safran et la mèche ; cette douille se compose de deux demi-colliers €c réunis par des goupilles g^ la douille inférieure B est d'une seule pièce.

Les aiguilloU sont portés par le gouvernaiL L'aiguillot supérieur fait toujours corps avec le cadre comme la mèche elle-même. L'aiguillot inférieur est quelquefois rapporté ; d'ailleurs il l'ésulte de ce que nous avons dit qu'il joue plutôt le rôle d'un tourillon que d'un aiguillot véritable puisque tout le poids est porté par le fémelot supérieur et que l'œil pratiqué dans le support sert simplement de guide. Lorsque ce dernier est en contre-bas du safran, l'aiguillot déborde souvent le dessous du support, et se termine par une portion filetée qui reçoit un écrou ; on prévient ainsi le soulèvement du gouvernail dans un coup de tangage. C'est la disposition représentée fig. 417 et 579.

441. Tenue par mèche suspendue» a) Collets, — Dans le système de tenue à mèche suspendue, le gouvernail est simplement supporté par la mèche; en prolongement de celle-ci, on dispose à la partie Il 24

GHAP, XXXV. GOUYBIINAILS. SAniÀN ET MÈCHE

inférieure du safran une pièce appelée petTO^ ou tourillon qui passe dans na œil pratiqué dans ie talon de ia quille et sert simplementà guider la mèdie.

La mèche repose, en général, par plusieurs collets (fig. 414) (^) dans des évidements ménagés dans la pièce qui prolonge le tube de jaumière en formant la partie inférieure du presse -étoupes. Lorsque le navire est à sec dans un bassin de radoub, les collets ont à supporter tout le poids de la mèche et du safran ; lorsque le bâtiment est à flot, ils supportent la diiïérence entre le poids et la poussée qui est encore assez considérable. Si on n'emploie qu'un collet unique (/?^. 411) (^), il faut lui donner une assez grande largeur pour que le porlage s'effectue sur une surface suffisante. En mettant deux ou trois collets l'effort se répartit plus ou moins également entre eux et on peut diminuer leurs dimensions.

Au lieu déloger le collet supérieur dans une cannelure de la boite à étoupes, on fait souvent reposer ce collet sur le fond de la cavité cylindrique formée par cette pièce, la boite est alors plus simple, moins encombrante en hauteur et moins coûteuse. Dans ce cas c'est la partie supérieure du collet qui constitue le fond du logement des étoupes (voir fij, 411).

Dans certains navires le collet repose sur une pièce spéciale solidement fixée à la coque par un certain nombre de pattes; rien ne s'oppose alors à ce qu'on lui donne de fortes dimensions. On peut d'ailleurs le constituer par un large collier en fer forgé, fixé sur la mèche dans une partie réduite de diamètre de manière à former une mortaise annulaire où le collier s'encastre.

C'est, comme nous l'avons d Jà signalé p. 173, le système adopté sur les navires américains. La fig. 573 montre le gouvernail d'un navire américain et son mode de suspension. Le collier unique repose sur une sorte d3 disque c rapporté au-dessus d'un socle s faisant corps avec l'étambot ; ce socle est percé d'ouvertures o, aQn do permettre de garnir et de serrer ie presse-éioupes.

Sur plusieurs bâtiments où la disposition avec collier unique reporté aadessus du presse-étoupes a été également employée, on a interposé entre la plate-forme ûxe et le collier claveté sur la mè;he une couronne de galets de manière h diminuer le frottement. Ce dispositif n'est plus employé sur les navires de guerre récents.

b) Mèche. — La mèche peut faire corps avec le safran, mais c*estlà une disposition qui, en France, n'est guère en usage que sur de petits navîre>; le plus souvent l'extrémité de cet arbre vient s'emmancher dans un logement ménagé à la partie supérieure du safran et les deux pièces sont fixées l'une à l'autre par un clavetage qui sera décrit plus loin.

c) Tourillon. — Le tourillon est tenu sur le safran de la même manière. Lorsque tout le gouvernail est situé au-dessus dix talon de quille, reoimanchement du tourillon se fait à la partie inférieure du safran. Si au contraire

TENUE PAR mIsGHB SUSPENDUE

le gouvernail est à aileron, Temmancheinent est situé par dessous le talon à la partie supérieure de l'aileron ; on ménage dans le gouvernail, au-dessus

Coup* lon^udlittl*

Fig. 573

4a talœi, à Tangle de celui-ci et de l'étambot, une'cavi té assez grande pont f»oiivoir sortir le tourillon une fois la clavette enlevée (voir fig, 584). Citons enfin le cas du Tréhouarty sur lequel la mèche se prolonge jusqu'à Temmanchement pratiqué dans Taîleron et est clavetée sur le safran, à la t^ d'une part et au pied d'autre part, au-dessus et au-dessous de l'aileron.

On voit qu'avec cette dernière disposition il est impossible de démonter le goQvernail à la mer ; même avec les précédentes, celte opération est rendue difficile parce que le gouvernail se trouve emprisonné entre le talon de <{«ille et le sommier. Sur les premiers navires qui ont reçu des gouvernails h mèche suspendue, on se réservait cependant la faculté de pouvoir démonter le gouvernail à flot ; on ménageait dans ce but entre Taréte supérieure da gouvernail et le sommier une levée suffisante pour faire échapper le ^uvernail de sa crapaudine, et on donnait à la mèche assez de jeu dans Bon conduit pour pouvoir ensuite obliquer le gouvernail et l'amener. Aujourd'hui on ne se préoccupe plus de cette question ; sur de grands

; 372 CHAP. XXXV. -^ gouvernails, safran et mèchb

I . navires, en supposant qu*un accident mette le gouvernail hors d*élai de

fonctionner, la substitution d'un gouvernail de fortune à la place d'un gouvernail avarié peut être considérée comme impossible. D*ailleurs la présence de plusieurs hélices permet aux navires modernes d'évoluer sans avoir recours à de semblables procédés. Excepté sur quelques petits bâti* ments, les gouvernails à mèche suspendue ne sont jamais installés de manière à être démontés ailleurs qu*au bassin en enlevant les clavettes.

Nous devons ajouter à ce propos que ces démontages sont peu fréquents même au bassin. Sur les bâtiments à hélices jumelles le gouvernail ne se trouvant pas derrière une des hélices, on peut, si ou le veut, introduire et retirer Tarbre porte-hélice par l'extérieur, il n'y a qu'à lui donner à Fffvant un manchon d'accouplement mDbile. Mais, même lorsqu'il y a une hélice diamétrale, il est encore possible de s'arranger de manière à effectuer cette opération sans démonter le safran au préalable. C'est ainsi que sur les navires américains la Columbia et le Minneapolis le gouvernail porte un renflement dont la paroi d'un bord est démontable. Lorsqu'on veut sortir l'arbre ou le mettre en place, on incline le gouvernail sur un bord et on démonte la tôle en question ; l'arbre passe à travers le moyeu de l'hélice, puis sort par l'ouverture ainsi dégagée dans le safran. Ceci montre bien quelles précautions on prend aujourd'hui pour éviter d'avoir à démonter le safran.

En France, on ne met en général qu'un seul tourillon. Beaucoup de bâ* timents étrangers en reçoivent deux. 11 est facile de se rendre compte de la disposition adoptée en se reportant à la fig. 573 relative à un navire américain et à la fig. 568 qui montre le gouvernail d'un navire allemand.

d) Application de la tenue à mèche suspendue aux gouvernails ord'h naires, -— La tenue à mèche suspendue est la disposition type des goave^ nails compensés et à aileron qu'il serait impossible de soutenir au moyea d'à igui Ilots. Rien ne s'oppose d'ailleurs à ce qu'on l'emploie dans le cas d'un gouvernail ordinaire, et, dans la marine française, c'est généralenaenl celle à laquelle on donne la préférence; on pratique souvent une goigeâ l'arrière de l'étambot, et on donne au safran une largeur telle que, lorsque le gouvernail est dirigé suivant l'axe^ ses faces se trouvent exactement en prolongement de celles du plan mince de l'arrière, sans autre discontinuité qu'un léger arrondi ménagé sur les arêtes de l'étambot.

On voit que, lorsque le gouvernail est ordinaire ou à aileron. Taie de la mèche est tout près de l'arrière de l'étambot. Lorsqu'il n'y a pas d'hélice diamétrale et que cependant on emploie un gouvernail com« pensé, il pourrait sembler naturel de rejeter la mèche sur l'arrière de l'étambot d'une quantité supérieure de très peu à la longueur de la partie du safran en avant de la mèche. Mais alors l'arête avant du safran venant tout près de l'étambot, si un morceau de bois flottant s'enga^ entre celui-ci et le gouvernail à un moment où on évolue, ce bois pourra être coincé quand on redressera le gouvernail et celui-ci sera probablement faussé et avarié. Pour prévenir ce danger on repou$se la mèche

GOUVERNAILS ÀRBlÈBIB UULTIPLBS 373:

surTamère de manière à laisser près de trente centimètres de jeu entre l'arête avant du gouvernail et Tarrière de la carène*

On remarquera, à ce sujet, qu'on pourrait faire la même objection aux gouvernails à aileron ; Tarète supérieure de Taileron vient presque à toucher le talon de quille et un morceau de bois flottant pourrait s'engager entre l'aileron et la quille. Cet inconvénient est le seul que présente le dispositif à aileron, si avantageux à tous les autres points de vue. On y obvie en installant des gardes un peu en avant de l'aileron. Ces gardes sont des bouts de tôle fixés à la coque au-dessous de la quille de manière à arrêter ou à dévier les corps flottants.

Lorsque l'aileron rentre dans une cavité ménagée à Tintérieur du plan mince, il semble que l'on doive être conduit à écarter l'arête avant du safran du bord du cadre qui entoure ce logement ; sur le Descartes, qui est un des rares navires français où on ait adopté cette disposition, l'arête antérieure du safran est en effet assez éloignée du côté vertical qui ferme le cadre à l'avant. Sur ceux des navires allemands où l'aileron est installé de cette façon, il n'y a pour ainsi dire aucun jour, on réserve simplement le jeu nécessaire. D'ailleurs la forme n'est pas absolument la même, le profil de l'aileron du Descartes est rectangulaire, tandis que le profil de l'aileron représenté fig. 568 est une demi-circonférence.

442. Gouvernails arrière multiples. — Certains navires, le Tonnerre, les canonnières type Fusée, ont reçu deux gouvernails placés par côté sur l'arrière de chacune des hélices jumelles. La surface de chacun des safrans est plus petite que celle d'un safran unique. Ces gouvernails qui sont compensés sont installés sur mèche suspendue ; le talon de quille se bifurque pour recevoir les deux pivots de chaque bord. Cette disposition a pour but d'augmenter la puissance d évolution, tout en permettant de protéger suffisamment le safran qui pourrait déborder l'arrière dans le cas où on voudrait employer un gouvernail unique de même force. Ces bâtiments ont été construits avant qu'on ait employé la disposition à aileron qui donne une solution plus simple du même problème.

Un très bon dispositif au point de vue des facultés évolutives consiste à placer deux gouvernails GiG, dans l'axe, l'un à l'arrière, l'autre à l'avant des hélices (fig, 574). Ciette installation se retrouve sur beaucoup de petits navires et de torpilleurs auxquels leur faculté de tourner pour ainsi dire sur place a fait donner le nom caractéristique de turnabout. Comme le montre la Ggure, le plan mince est supprimé ; les deux gouvernails sont, bien entendu, manœuvres par la même barre. Celte disposition a dooné d'excellents résultats : la capacité d'évolution est augmentée non seulement dans le cas de la marche avant, mais aussi dans le cas de la marche arrière. Ce système est applicable indifféremment aux navires k une et à deux hélices.

M. Thomycroft a obtenu une amélioration peut-être encore plus sen-

'^- '-j .r ^iJM*'

CHAP. XXXV. — GOUVBRNÀILS. SAFRAN ST MKCHK

sible, grâce à l'emploi de deux gouvérDaîis latéraux, placés non plus sar Tarrière, mais par le travers des hélices, au quart environ de la largeur da

Fig. 575

GOUVERNAILS ARBIERE UDLTIPLES

navire ; il a donné aux safrans une forme courbe de manière k leur faire continuer les formes de la voûte. C'est une disposition très originale et trèiB heureuse qui est regardée comme ayant contribué au succès de ces torpilleurs en augmentant TefQcacité des propulseurs. Lorsque la barre est dans Taxe^ les hélices travaillent dans une sorte de tunnel, elles se eomporteiit jusqu'à un certain point comme des turbines. Le safran est suspendu sur la mèche; il n'y a pas de tourillon au pied. La fiff. 575 représente l'application de ce système k un navire à hélice

unique ; la fig, 576 montre son adaptation au torpilleur à deux hélices, lé Coureur,

CHAP. XXXV. — GOUVERNAILS. SAFRAN ET MÈCOE

4'^3« Gouvernails avant. — Dans ce qui précède nous nous sommes borné à mentionner en passant l'existence de gouvernails avant sur certains navires et nous nous sommes occupé exclusivement des gouvernails arrière. L'emploi d'un gouvernail placé dans Taxe, tout à fait àTavant ou à peu de dislance de l'avant, peut avoir deux motifs. Tantôt on demande simplement à ce gouvernail supplémentaire un accroissement de la faculté d'évolution, tantôt on se propose de pouvoir marcher dans deux directions opposées, d*im point A à un point B ou d'un point B à un point A, sans qu'il soit nécessaire pour cela de retourner le navire bout pour bout.

a) Bateaux amphidromes, — Les bateaux qui jouissent de cette dernière propriété sont dits amphidromes ; ils n'ont à proprement parler ni avant ni arrière, les formes étant symétriques par rapport au couple milieu, lis sont mus par des roues. La fig. 577 montre la coupe longitudinale d'un bâtiment amphidrome. Ce mode de construction est réservé soit à de petites

Fii^. 577

canonnières faites pour naviguer dans des rivières étroites, soit à de petits navires qui effectuent le transport des passagers d'une rive à Tautre d'un fleuve ou d'une rade ; on en a construit au moment de la guerre de Sécession pour effectuer des entreprises sur des fleuves où les bateaux à roues ou à hélices, à gouvernail unique, s'étaient montrés impuissants.

Il résulte de ce que rious venons de dire que la disposition du gouvernail avant d'un semblable bateau est identiquement la reproduction de son gouvernail arrière, ou plus exactement qu'il y a aux deux extrémités, à» quelque nom qu'on les appelle, deux gouvernails GG, de tout point semblables. Ils peuvent être, soit de forme ordinaire, soit compensés. En général, lorsqu'on marche dans un sens, on immobilise le gouvernail qui se trouve sur l'avant à ce moment et on se sert uniquement de l'autre.

b) Torpilleurs. — Au contraire, sur les torpilleurs qui possèdent un gouvernail supplémentaire à l'avant, on s'arrange de manière à pouvoir utiliser ce gouvernail en môme temps que celui de l'arrière, exactement comme il a été dit à propos des iurnabouts. Une disposition spéciale qui sera étudiée plus loin permet, soit de faire mouvoir les deux gouvernaib h la fois, en les faisant tourner d'un même angle, soit d'utiliser le gouvernail arrière seul. Le gouvernail avant est compensé; il est ordinairement installé à remonter comme les dérives de certains cotres. Nous avons décrit p. 175 le puits dans lequel se loge le gouvernail lorsqu'il devient inutile. Nous reviendrons (p. 439 et suivantes) sur les manœuvres à effectuer, soit

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POBMB DU SAFRAN 377

pour rendre le gouvernail avant solidaire de la transmission du gouvernail arrière, soit pour le dételer et le remonter.

Sur les grands navires on ne met jamais de gouvernails h l'avant. Ils sont inutiles puisque l'on peut obtenir une grande puissance d'évolution grâce à l'emploi de gouvernails compensés. Ils seraient difficiles à protéger aussi efficacement que les gouvernails arrière; enfin un gouvernail avant, même de dimension modérée, offre une résistance considérable à la marche, dès qu'il est amené en dehors du plan diamétral. On conçoit, au contraire, que, pour de très petits navires ayant peu de pied dans l'eau, on ne puisse obtenir la très grande facililé d'évolution requise, à moins de donner au gouvernail arrière une largeur démesurée, c'est ce qui justifie l'emploi de semblables gouvernails sur certains torpilleurs.

444. Forme du safran.. --* Avant de dire comment on construit le safran, il convient de savoir quelle épaisseur on lui donnera et quelle sera sa section dans le sens de la largeur et de la hauteur. H y a ici encore à distinguer trois cas suivant que le gouvernail est ordinaire, compensé ou à aileron.

a) Gouvernail ordinaire. — Lorsque le gouvernail, du système ordinaire, doit être placé immédiatement derrière l'étambot d'un navire à hélices jutnelles^ il est avantageux de lui donner la même épaisseur qu'au plan mince de l'arrière afin de mieux guider les filets liquides ; la section hori-' zontale est celle d'un rectangle terminé à l'avant par un demi-cercle, à l'arrière par une ogive dont la hauteur est, en général, deux fois et demie l'épaisseur de la base. Il est bon également d'affiner le safran dans le sens vertical du côté de l'arête inférieure ; on diminue ainsi les ébranlements dus aux chocs dans les mouvements de tangage. Pour Tarête supérieure directement masquée par le sommier, cela a moins d*importance, mais on l'a f G ne souvent de la même façon.

S'il y a une hélice diamétrale contenue dans une cage, il n'y a pas besoin de donner autant d'épaisseur au gouvernail, qui ne prolonge plus immé^ diatement le plan mince.

b) Gouvernails compensés, — Les gouvernails compensés étant rejetés, assez loin de Tétambot, constituent une carène indépendante de celle du navire et doivent être traités comme tels. On leur donne une épaisseur bien inférieure à celle du plan mince de l'arrière et on les termine à l'avant par une ogive ayant une hauteur égale à deux fois et demie l'épaisseur, de manière que l'angle d'attaque de Teau du côté de l'avant soit aussi faible que possible et ne dépasse pas 10^.

M. le Directeur des Constructions Navales Godron a fait un certain nombre d'expériences pour déterminer la meilleure forme à donner à l'arrière au point de vue de la compensation. Il résulte de ses essais que les formes les plus favorables, celles qui permettent d'obtenir avec sécurité la plus forte compensation sont les formes à arrière carré et à faces parallèles

378 CHAP. XXXV. GOUVERNJULS. SAFRAN RT MÈCHE

{iyfig- 578), et celles à arrière carré et à lignes d'eau creuses (2, fig, 518), <i'esUà-dire celles dans lesquelles les filets liquides quittent le gouvernail

Fig. 578

parallèlement à son plan diamétral. Les formes ogivales (3, fig. 578) soot,

au contraire, défavorables à la compensation et le sont d'autant plus que

Togive est plus allongée.

. 11 est évident qu'avec des faces parallèles et un arrière carré le gouver«

«ail oppose une grande résistance à la marche^ ce qui rend cette solutioQ

inadmissible.

Les gouvernails à lignes d'eau creuses se terminant parallèiemeat au plan diamétral, permettent de réduire à peu près autant qu'on leveot l'épaisseur de la trancbe arrière et par suite la résistance à la marche» toot -en présentant au point de vue de la compensation les mêmes avantages que les gouvernails a arrière carré. Celte forme a été adoptée dans le tracé des gouvernails de la plupart des cuirassés construits en France depuis le Redoutable jusqu'k ceux qui viennent d'entrer en service.

Sur les croiseurs à grande vitesse, dans lesquels on a cherché snitout 4 diminuer le plus possible la résistance à la marche, on a adopté poar l'arrière des safrans des formes très fines et dessinées en ogives très allongées, de telle sorte que, au moment où ils quittent le gouvernail, les filets liquides font avec le plan diamétral du safran un angle très faible; su point de vue de la compensation les conditions sont à peu près les mêmes que si les lignes d'eau étaient creuses, et la résistance est diminuée. D'ailleurs l'intérêt de la compensation étant beaucoup moindre aujourd'hui, parce qu'on n'aura probablement jamais à manœuvrer à bras -en service courant, c'est à la forme ogivale qu'il convient de donner la préférence, comme la meilleure au point de vue de la vitesse qui est le point capital.

Dans le sens vertical, on affine les arêtes supérieure et inférieure pour les mêmes motifs que lorsqu'il s'agit d'un gouvernail ordinaire.

c) Gouvernail à aileron. — Toute la partie des gouvernails à aileron qui se trouve au-dessus du talon de quille et qui est masquée par rétambot ne diffère en rien de la partie similaire d'un gouvernail ordinaire. Les conclusions auxquelles nous avons été conduit relativement à l'épaisseur à donner au safran et ci la forme de la section horizontale, dans le cas de ces gouvernails, s'appliquent donc sans restriction. Quant à la portion située >en dessous du talon de quille, elle constitue en quelque sorte une petite carène et on la traite comme telle en donnant aux sections verticales et aux sections horizontales des formes extrêmement fines {voir fig, 581).

Sur le gouvernail allemand représenté fig. 568 l'aileron ne descend

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