GOUVERNAILS — ORGANES DE TRANSMISSION DE MANOEUVRE MÉCANIQUE
SOMMAIRE Considérations générales. — R61e et emplacement du senro-moteur.
A. Du servo-moteur à la tnéohe. A'. Barre, — Manœuvre au moyen d'une barre. -^ Chariot et tamisaille. — Barre à chariot. — Barre avec mèche intermédiaire (bielles, tiges, tire-veilles et barre renversée). — Transmission par barre sans chariot. — - Tampons de choc. — A". Drosse principale, — Drosse. -^ Tendeur. — Tambour du servo-moteur. — A'". Servo-moteur et transmission hydraulique. — ' Avantages des transmissions hydrauliques. — Commande par deux pistons à simple effet actionnant une barre (Hirondelle). — Commande par un piston unique à double effet actionnant une barre (Ting-Yuen). — Commande par deux pis^ tons à simple effet actionnant une traverse (Olympia). — A". Transmission rigide. — Transmission à vis. -~ Transmission par secteur et vis tangente. — - Système Harfield. — Inconvénients et avantages des transmissions rigides.
.B. Des divers postes de commande du servo-moteur. — Manœuvre du tiroir du servo-moteur. — Transmission funiculaire. — Transmission par chalne-galle et bouts d'arbres. — Servo-moteur auxiliaire. — Transmission hydraulique. — Divers postes de commande du servo-moteur. — Axiomètres. — Nécessité d'enregistrer automatiquement les angles de barre dans les principaux postes de commande.
4S0* Considérations générales. Rôle et emplacement du servo-moteur* — I^ gouvernail doit pouvoir être obliqué sur le plan diamétral d'un angle de 35^ de chaque bord. Cet angle de 35® est k peu près celui qui donne au gouvernail son maximum d'efficacité. Il convient de l'atteindre, mais il n'y a pas grand intérêt à le dépasser. Cest donc l'angle maximum qu'on devra chercher à réaliser.
Autrefois^ pour orienter la mèche, on avait recours à la force musculaire d'un certain nombre d'hommes» force qui était transmise à l'axe du gouvernail d'une manière que nous aurons l'occasion de décrire succinctemest en indiquant plus loin le rôle des drosses*
Sur les navires modernes, l'emploi de la force de l'homme pour manœu-
vrer la mèche du gouvernail est l'exception. Ainsi que nous Tavons déjà vu, il est particulièrement indispensable pour les navires de guerre que le gouvernail puisse être amené rapidement de la position droite à riDclinaison maxima ou de Tangle maximum d*ua bord au même angle du bord opposé. On ne met en général que vingt à trente secondes à effectuer cette dernière opération ou, comme on dit, à renverser la barre,
A moins qu'on ne se serve des hélices latérales, s'arranger pour exécuter rapidement cette manœuvre est la seule façon d'assurer au navire la faculté d'évoluer dans un temps très court. Sans doute, il ne faudrait pas diminuer d'une façon exagérée le nombre de secondes dans lequel on peut renverser complètement la barre ; il eu résulterait, en effet, une abatée (') exagérée, qui pourrait entraver le tir des pièces et exposer d'une façon dangereuse les œuvres-vives aux coups de l'ennemi. Mais, sans aller jusque-là, l'emploi d'un appareil mû par la vapeur, l'eau comprimée ou l'électricité, s'impose d'une façon absolue pour réaliser la manœuvre de la barre en un petit nombre de secondes. On peut accroître notablement la surface du safran et la rapidité de la manœuvre, et par suite améliorer beaucoup les qualités évolutives du bâtiment, parce qu'on n'est plus limité par le nombre et la force musculaire des hommes de barre.
' Il va de soi que cet appareil doit être combiné pour obéir à la main de l'homme : si la machine est à vapeur, le tiroir qui admet la vapeur doit se refermer dès que le gouvernail est arrivé exactement à l'angle que le timonier a eu en vue quand il a agi sur la tige du tiroir. Autrement dit, le gouvernail s'arrête à l'angle que Ton a voulu réaliser et si on veut augmenter ou diminuer l'inclinaison il faut agir de nouveau sur la manette qui commande le tiroir. L'appareil rentre donc dans la catégorie des servomoteurs.
Nous reviendrons sur ces questions en leur lieu ; ce qu'il nous importait de montrer au début de ce chapitre, c'est la nécessité d'un appareil asservi, grâce auquel le conducteur n'a plus à développer que le travail relativement minime nécessaire pour déplacer un tiroir. Cet organe essentiel devant être protégé, on le place sous le pont blindé, et on le met tout naturellement à proximité de la mèche. Quant à son tiroir on le déplacera, soit en fc tenant à côté de l'appareil, soit le plus souvent à distance au moyen d'une transmission convenable, car on manœuvre en général d'un point où la vue est dégagée, au-dessus du gaillard ou du spardeck.
£n conséquence, nous diviserons notre étude des transmissions en deux parties :
A, depuis la mèche jusqu^ au servo-moteur qui développe la force nécessaire pour 7nanœuvrer le gouvernail.
(I) L'abatée est rinclinaison ou la bande que prend le navire sous l'action du Tant ou du gouvernail.
MANfEUVRB AU MOYEN d'uNB BARBE 391
B, eht servo-moteur jusqu'aux postes, oii^ en agissant sur une manette^ un homme développe le peu de force qui reste nécessaire pour dé^ placer le tiroir du servo-moteur.