‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 217 sur 290 · POSTES DB COMMANDE DU SERVO-MOTEUR · texte numérisé non relu

POSTES DB COMMANDE DU SERVO-MOTEUR

quand il s'agit d'un navire de guerre. Lés tuyaux peuvent suivre des contours assez compliqués sans qu'il en résulte de grandes pertes de charge , ils sont peu encombrants, faciles à installer ; on peut les faire descendre à mi-hauteur entre le pont protecteur et le vaigre, et les placer ainsi à l'abri des diverses éventualités qu'on a ii redouter au combat.

Dans le cas où l'on a recours à une transmission de ce genre, la transmission depuis le servo-moteur jusqu'à la mèche peut, d'ailleurs, être une quelconque de celles qui ont été précéde.mment décrites : soit funiculaire, soit rigide, soit hydraulique.

Une transmission par eau comprimée n'exige pas l'installation d'une machinerie compliquée comme, par exemple, lorsqu'il s'agit de faire mouvoir hydrauliquement une tourelle ou un cabestan ; il suffit d'une petite pompe à bras servant à comprimer l'eau à 20 kilogrammes environ, ce qui est l'affaire de quelques coups de pompe.

Les applications de ce mode de transmission ont été jusqu'ici assez restreintes dans la marine militaire ; nous les croyons appelées à se développer.

426 CHAP. XXXVI. — GOUVERNAIL. OBGANBS DB TBANSMISSION

Ainsi, il y a en général trois ou quatre postes de commande da aenroiQoteur à l'extérieur du bâtiment. On peut être forcé d'abandoener ces postes pendant le combat. Pour parer à cette éventualité, on. établit souvent un poste au dessous du pont blindé à Taplomb du tube de commandement par lequel descend la transmission qui vient du blockhaos.

Chacun de ces postes consiste en un manipulateur à manettes qui traosmet son mouvement aux tiroirs du servo-moteur, à l'aide de la transmission étudiée plus haut que des embrayages convenables permetteot de mettre en relation avec les chaînes descendant à l'aplomb des divers postes. Les postes de la passerelle situés à Tintérieur et à lextérieur d« blokhaus» le poste placé au-dessous du pont blindé à l'aplomb du tube de commandement sont munis de compas du service hydrographique en France, ou de compas Thomson sur les navires étranger. I^s postes supérieurs des mâts destinés à servira des manoeuvres sur place n'en comportent pas; ils reçoivent seulement un compas renversé.

Enfin, en prévision d'une avarie dans la transmission, une roue à manettes spéciale, atlel«''e directement sur le servo-moteur, permet de commander cet appareil dans le compartiment même qu'il occupe; un portevoix sert à donner des ordres à Thomme de barre de ce compartiment.

475. Prineipaux poules lie commande. — En résumé, on voit qu'on dispose pour la manœuvre du gouvernail par l'intermédiaire du servo-moteur, de manipulateurs à manettes placés aux endroits suivants :

( 1 poste pour le service journalier sur la passerelle.

A l'extérieur < 1 poste pour le combat dans le blockaus.

( 1 poste ou 2 postes pour les manœuvres sur place dans les mâts.

(1 poste sur le pont blindé à l'aplomb du blockhaus à l'aTant.

 1 intérieur J . . . i ■ *

( 1 poste au servo-moteur lui-même.

Il y a, en outre, pour la manœuvre à bras ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant :

1 roue à bras, située auprès du servo-moteur, à l'extrême-arrière, et quelquefois 1 roue à bras extérieure

sans compter les installations spéciales qui peuvent permettre sur les difierents navires d'actionner le gouvernail au moyen de palans placés dans les compartiments de Textrôme arrière.

Parmi ces postes, quelques-uns n'ont qu'une importance secondaire, tels sont ceux des mâts et de la roue à bras quand il en existe une. Ils sont exposés à être démolis au début de Taclion et pourraient être supprima très probablement sans inconvénient et même avec avantage ainsi que la roue à bras extérieure ; car la multiplicité des transmissions est une cause de complications et augmente les chances d'avarie. Tous les autres sont

AXIOMETRES

utiles et leur iostallalion est assez simple, car ils se trouvent sur le trajet d'une transmission unique.

Le plus important d'entre eux est celui du blockhaus d'où le commandant dirige le combat. Ce poste est en communication au moyen de porte-voix avec tous les points du bâtiment où se trouvent des organes importants, et en particulier avec tous les autres postes de commande du servo-moteur, de manière que le commandant puisse diriger le navire» même si la manœuvre se fait sur un autre point. Naturellement les portevoix qui permettent de donner des ordres aux deux posles placés sous le pont blindé sont protégés jusqu'à leur arrivée sous ce pont par le tube blindé, d'une épaisseur proportionnée à celle du blockhaus dont il a déjà été question.

4V6« Axiomètrcs. — On place dans chaque poste de commande un axiomètre. C'est, comme nous avons eu succintement l'occasion de le dire» un disque disposé verticalement ou horizontalement qui est fixé sur une colonne posée devant l'appareil de manœuvre, manipulateur ou roue à bras. Ce disque porte une graduation allant au moins du plus grand au plus petit angle que peut faire le gouvernail avec le diamétral. Une aiguille reliée au mécanisme de commande de gouvernail est placée au centre du cercle et se déplace devant cette graduation, elle indique à chaque instant la position occupée par le safran.

Si on se sert d'une transmission funiculaire, le mou de la drosse influe sur les indications de Taxiomètre ; cet appareil doit être soigneusement contrôlé.

Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'on n'emploie pas toujours des axîomètres commandés par le mécanisme de transmission du gouvernail. En Allemagne, ce genre d'axiomètre est ordinairement réservé pour le cas où la commande se fait par transmission rigide ; lorsqu'au contraire la transmission est constituée par une drosse tant soit peu longue dans laquelle

Fig. 615

on peut craindre qu'il ne se produise du mou, on adopte, pour commander l'aiguille de l'axiomètre, la disposition représentée fig. 615, dans la-

quelle le déplacement de l'aiguille est obtenu au moyen d'une drosse spéciale de faible diamètre ca pelée sur la tête de la mèche.

4*7*7. Nécessité d^enregl^lrcr automatiquemeiit les angles de barre dans les principaux postes de commande. — Lorsque Ton manœuvre du poste même du blockhaus, ud axiomètre qui a été réglé avec soin indique à chaque instant Torientation du gouvernail. Mais si la manœuvre se fait d*un autre poste, la transmission du poste du blockhaus étant débrayée, l'officier qui, placé dans le blockhaus, a indiqué Tangle de barre à réaliser, ne sait pas si son ordre a été ponctuellement exécuté ; il est forcé de s'en rapporter aux indications qui lui sont transmises par le porte-voix. Même en admettant que la voix porte bien au milieu du combat, une inadvertance, une erreur de l'homme de barre peut être la source des plus graves dangers ; on peut se demander ce qui arriverait si une telle faute était commise au moment de donner ou d'éviter un coup d'éperon, ou quand le navire force une passe et doit éviter des lignes de torpilles.

On ne saurait trop recommander l'adoption générale du système suivant, grâce auquel tous les déplacements de la barre sont indiqués automatiquement sur un récepteur placé sous les yeux de Tofficier de manœuvre. Un transmetteur d'ordres électrique, installé dans chaque poste de commande, permet à l'officier d'indiquer au poste du servo-moteur Tangle de barre qu'il désire. Cet ordre est marqué sur un cadran récepteur, placé dans cette chambre, par une aiguille qui indique le sens et le nombre de degrés demandés. Pour que Tofticier et l'homme de barre soient parfaitement sûrs que la manœuvre a été bien exécutée, la réponse est donnée automatiquement par le gouvernail lui-même au moyen d'un dispositif électrique placé en tête de la mèche, et par l'intermédiaire duquel les positions de la barre se trouvent reproduites à chaque instant sur des cadrans indicateurs disposés l'un dans la chambre du servo-moteur, l'autre dans le poste de commande. L'homme de barre vériGe que l'aiguille de son indicateur marque bien l'angle qui est repéré sur le récepteur et l'officier s'assure au moyen de son propre indicateur que l'ordre donné a été exécuté. Si la manœuvre est effectuée d'un poste autre que celui du servo-moteur, les indicateurs des cadrans placés dans ce poste deviennent inutiles; des clefs permettent de se servir seulement de ceux de ces instrumente dont on a besoin.

On rencontre des systèmes de ce genre sur quelques navires français, il nous semble que leur emploi serait à généraliser, comme on le fait et Angleterre et en Allemagne.

p^^^^HPTT-^WVna^r'V'.'- T-i-T- ■ "'h'.w.'r'U,9\'mj I» M A,^ |^ ^|».| .■ JL ^^ W. WO.^ Il ,|i,t JIV

Page 1