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TRANSMISSION FUNICULAIRE

cuiaire, soit en se servant d'une transmission rigide ou encore en combinant ces deux systèmes.

Jusqu'ici on n'a jamais établi sur les navires de combat qu'une seule transmission, protégée, comme nous le dirons plus loin, et courant audessous du pont blindé sur toute la longueur qui s'étend du blockhaus au servo-moleur. 11 a été décidé tout récemment que^ indépendamment de cette première transmission protégée, les grands navires en recevraient une seconde destinée à être utilisée en service courant. Cette transmission de temps de paix devra être très accessible, facile à visiter et sera placée au-dessus du pont blindé. Comme nous le verrons, il y a de nombreux moyens de commande du gouvernail auxquels on peut recourir instantanément si la transmission protégée vient à être avariée. L'adjonction d'une transmission non protégée ne peut avoir d'autre but que d'augmenter le confortable en permettant en service courant de continuer à commander le servo-moteur au moyen d'une transmission pariant du blockhaus, même si une première transmission a besoin de réparation : cette addition deviendrait une cause de danger si on n'installait pas la transmission protégée de manière à être quand même très accessible, et si on ne continuait pas à se servir très fréquemment de cette transmission qui pourra seule être utile au moment du combat. Nous nous bornons donc à mentionner l'existence de la nouvelle transmission, qui d'ailleurs n'offre rien de particulier comme installation, et nous ne nous occuperons à propos des navires de combat que de la transmission protégée.

470. Transmission funiculaire. — Dans le premier cas, la drosse est une sorte de chaîne ou de câble sans fm qui s'enroule sur un barbotin placé sur Taxe du volant de manœuvre, installé dans le blockhaus, elle descend verticalement jusque sous le pare-éclats, en passant à l'intérieur d'un tube fortement blindé appelé le tube de cominandement ; là, les deux brins s'écartent en courant sur des poulies de retour, vont en abord suivre une cloison longitudinale et se rendent aussi directement que possible à un second barbotin placé à proximité du servo-meteur. Sur l'arbre de ce dernier barbotin est monté une roue qui commande, par rintermédiaire d'une chatne-galle» l'axe du pignon qui donne le mou* vement au servo-moteur.

Sur tout le trajet que la drosse parcourt horizontalement sous le pont blindé, il faut placer, non seulement des réas aux retours, mais des guides pour soutenir et diriger la chaîne dans l'intervalle. Ces guides sont formés par des galets, rouleaux en bronze ou en gaïac dont les uns, mobiles autour d'axes horizontaux^ sont simples et les autres, tournant autour d'axes verticaux, sont le plus souvent accouplés par paire.

Au lieu de constituer la transmission funiculaire au moyen d'une drosse en chaîne souple, à maillons courts sans étai, ou bien d'un cÂble en fil d'acier, on emploie quelquefois une chaîne-galle. Dans ce cas les deux brins

n© vont pas l'un d'un bord et l'autre du bord opposé, au-dessous du pont blindé, mais ils cheminenl à Taplomb l'un de l'autre, soit dans Taxe, soit d'un même bord ; des galets les maintiennent parallèles, et on installe des bouts d'arbres avec pignons pour les changements de direction.

Aux points où la drosse traverse des cloisons étanches, on remplace les chaînes par des tiges et on dispose sur la cloison, soit un presse-éloupes, soit simplement un petit manchon en fonte, laissant un jeu d'un millimètre seulement autour de la tige. Dans l'un comme dans l'autre cas, on n'obtient pas une étanchéité absolue ; car, lorsqu'on metdespresse-étoupes, on évite de serrer les garnitures pour no pas créer de frottement dans la transmission. Ces dispositions ont simplement pour effet de limiter, autant que possible, la quantité d'eau qui peut passer par les orifices en question. Lorsque la drosse, au lieu d'être en chaîne, est formée par un câble en fil d'acier, l'emploi des mêmes précautions s'impose, mais la section du câble étant À peu près circulaire, on n'intercale pas de tiges au voisinage des cloisons. Nous avons indiqué déjà les précautions que l'on peut prendre lorsqu'on cherche une étanchéité absolue.

Les transmissions formées par des câbles ou des chaînes s'allongent au bout d'un certain temps. Ce mou est très gênant; en effet, pour savoir à chaque instant quelle inclinaison on a donné à la barre en manœuvrant la manette située dans le poste de commande, l'homme de barre a sous les yeux un axiomètre, sorte de compteur de tours, commandé par un pignon monté sur l'axe du volant de manœuvre. Cet axiomètre est gradué au moment où l'on monte la transmission, la drosse étant parfaitement raidie ; s'il se produit du mou, il y a un certain retard et Taxiomètre n'indique plus exactement l'angle de barre, mais un angle plus grand que l'incliDaison réelle. Il est donc absolument nécessaire de pouvoir tendre la drosse quand elle vient à s'allonger ; on y arrive en employant des ridoirs.

Les ridoirs sont, comme nous l'avons déjà dit, des appareils destinés à opérer le rapprochement de deux bouts de tiges ou de chaînes. Le système le plus simple consiste à terminer l'une des tiges ou des chaînes par une vis ert l'autre par un écrou s'engageant sur cette vis. Quelquefois, lorsqu'il s'agit d'une chaîne ou d'un cAble, on interpose un émerillon entre les bouts des cordages que l'on ride, entre la vis et la chaîne par exemple, de manière à éviter la torsion. Un autre système de ridoir très employé consiste à employer le noyau à double filetage décrit p. 399 et représenté

En résumé, l'installation d'une drosse en chaîne ou en fil d'acier ponr commander le servo-moteur du blockhaus est compliquée ; elle découpe les cloisons étanches et donne lieu à un mou considérable qu'il faut rattraper au moyen de ridoirs placés en des points convenables sur la transmission. En outre, nous verrons un peu plus loin qu'il existe, en général, non pas un seul poste de commande situé dans le blockhaus mais de nombreux postes répartis en divers endroits du navire. Une transmission funiculaire

TRANSMISSION PAR GHAINB-GALLB ET BCHJTS d'arBBES 423

se poréle difficilement à une mise en communication rapide avec des postes muliiples.

47 !• TraBsinlssIoii par eliaiiie^galle et bouts d*arforea.

— On évite une partie des inconvénients précités quand on transmet le mouvement aux tiroirs du servo-moteur à Taide d'une chaîne-galle descendant verticalement et actionnant une transmission rigide par bouts d'arbres, placée au-dessous du pont blindé. La chatne-galle est disposée à l'intérieur du tube blindé; elle sert simplement à communiquer le mou- 'rement à la transn^ission rigide placée au-dessous dn pont protecteur. Cette efaatne passe sur deux roues dentées, dont la première est fixée sur Fun des manipulateurs à manettes, et la seconde sur le bout d'arbre qui constîtiie la partie avant de la portion rigide de la transmission. Au lien de mettre la roue supérieure sur Taxe du manipulateur, on peut commander Tarbre de cette roue par un renvoi de mouvement formé par des pignons et un bout d'arbre.

Dans tous les cas, il faut avoir soin de disposer cette installation de manière que le palier de cette roue puisse subir un certain déplacement en bauteur. On peut ainsi en relevant le palier d'une quantité convenable faire disparaître le mou qui ne tarde pas à se produire ; le jeu vertical du palier n'a d'ailleurs pas besoin d'être supérieur à la longueur d'un maillon ; car, lorsque le mou atteint cette valeur, rien n'est phis simple que de le faire disparaître en supprimant un maillon. Le déplacement qu'on fait subir au palier en introduisant des cales au-dessous de lui sert simplement à compenser les fractions de maillons.

Quant à la partie de la transmission située au-dessous du pont blindé, sa disposition ne présente rien de bien particulier. Si on n'avait pas à craindre la torsion et si on ne rencontrait pas à la hauteur où elle est placée un certain nombre d'obstacles qui empêchent de la faire d'une seule venue, on la formerai l d'un bout d'arbre unique soutenu de distance en distance par des paliers et allant depuis le pignon mû par la chaîne-galle jusqu'à l'aplomb de la roue qui commande le servo-moteur. Une fois arrivé en ce point, un renvoi de mouvement formé comme à l'ordinaire d'un bout d^arbre et de pignons suffit pour compléter la transmission.

Mais le pont sous lequel se trouvent fixés les paliers qui soutiennent l'arbre en question est le plus souvent interrompu dans les chambres des machines et des chaudières ; ailleurs le dessous du pont est encombré par la présence de certains appareils ; d'un autre côté un arbre trop long fatiguerait beaucoup par torsion à moins de lui donner un diamètre inadmissible. Bref, cet arbre est remplacé par une série de bouts d'arbres disposés dans le sens de la longueur, le mouvement se communiquant des uns aux autres par des bouts d'arbres placés transversalement et par des pignons.

Dans le cas où on emploie une transmission de cette nature, fétanchéité est facile à assurer en mettant des presse-étoupes au passage des bouts

d'arbres dans les cloisons. Il ne peut pas se produire de mou sur tout le parcours de la transmission rigide. Il est assez facile de faire passer par un simple débrayage la commande d*un poste à un autre; on voit en particulier combien il est simple de disposer un poste de ce genre au pied du tube blindé.

Ces transmissions rigides dont Tinstallation peut paraître assez simple sont extrêmement difficiles à régler. Une transmission semblable montée au cours de la construction peut donner toute satisfaction jusqu'au jour où les divers services du bord fonctionnent, et cependant causer à ce moment de sérieux ennuis. £n effet, il n'est pas rare que, par suite de l'élévation de la température dans certains locaux, il se produise des déformations dans le pont auquel sont fixés les paliers; les pignons engrènent m^l, eton éprouve souvent de réelles difficultés pour arriver à rétablir le bon fonctionnement.

Si les installations locales obligent à établir la transmission directement au-dessous du pont protecteur avec des points de suspension pris sur le pont même, une transmission rigide est inacceptable à cause des déformations auxquelles ce pont se trouve exposé sous le choc des projectiles. On est alors obligé de se servir d'une transmission funiculaire ou hydraulique.

4*72. Servo-moteur auxiliaire. — A bord des grands navires, la distance entre le poste de la passerelle et le serv^o-moteur est telle que les résistances de la transmission destinée à manœuvrer le tiroir du servomoteur deviennent assez grandes pour exiger un effort relativement élevé, surtout quand les renvois de mouvement sont très multipliés. Sur VAmir rai Baudirif alors qu'un effort de 20 kilogrammes exercé sur la manette du servo-moteur à 0™,32 de Taxe de celui-ci suffit pour déterminer le mouvement, il faut un effort de 35 kilogrammes pour actionner le manipulateur du poste central en dessous du pont cuirassé à l'avant, et un effort de 50 kilogrammes pour manœuvrer la roue de commande de la passerelle avec un même bras de levier. Une pareille manœuvre exige au moins deux hommes au poste de la passerelle, et ceux-ci se gênent et ne peuvent guèiP procéder que par à coups au préjudice de la rapidité de mouvement.

On dispose alors un petit servo-moteur auxiliaire qui a pour objet de fournir le travail nécessaire pour vaincre les résistances passives de la transmission. On peut le mettre dans le blockhaus, ou bien, quand il s'agit d'une transmission par chaîne-galle et bouts d'arbres, le placer à l'aplomb de l'abri au-dessous du pont blindé au point de départ de la transmission rigide, on évite ainsi d encombrer le blockhaus et on peut profiter de l'avantage que procure la prés nce du servo-moteur auxiliaire^ même dans le cas où l'on commande du poste situé à Tavant sous le pont cuirassé.

473. Transmission hydraulique. — Une transmission hydraulique est peut-être celle qui paraît répondre le mieux aux conditions requises,

474, Postes de commande du servo-moteur. — Sur les

Davires de combat, on tend ù multiplier de plus en plus les postes d'où l'on peut commander le servo-moteur de manière qu'aux principaux points où l^ commandant peut avoir à se porter au moment de l'action, il ait à portée de sa voix un poste lui permettant de commander directement le servo-moteur.

Il y a toujours un poste h l'intérieur du blockhaus, à la hauteur de la passerelle. Ce poste n'est guère utilisé que pendant le combat ; les dimensions réduites du blockhaus,le grand nombre de transmetteurs d'ordre, de portevoix, de manipulateurs de signaux, etc., qui s'y trouvent sont une cause considérable de gêne en service courant. Aussi place-t on toujours extérieurement à ce blockhaus un second poste qui sert à peu près exclusivement en temps ordinaire, sauf le cas d'avarie dans les transmissions ou le servo-moteur.

Ce poste est tantôt sur l'avant du blockhaus, tantôt au-dessus. Dans les deux cas, le manipulateur de ce second poste actionne le même arbre que celui du premier, soit que; étant à la môme hauteur, il se trouve placé sur cet arbre, soit que, se trouvant à l'aplomb, il le commande par une chaînegalle.

En plus de ces deux postes placés dans les hauts, on en dispose généralement un autre sur chacun des deux mâts militaires que reçoivent les navires de combat modernes. Ils sont établis sur une plate-forme spéciale, ménagée à l'extérieur du mât, à mi-hauteur de la hune inférieure. Cependant quelques bâtiments, tout en ayant deux mâts militaires, n'ont qu un seul de ces postes, soit qu'on ait supprimé celui de l'avant comme inutile parce qu'il se trouve tout près d'un blockhaus sufûsamment surélevé, soit au contraire que ce soit le poste de l'arrière qui n'existe pas.

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