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REVÊTEMENTS NON MÉTALLIQUE

A ce sujet, il est égalemeat à remarquer que, pour presque toutes les peintures dans la composition desquelles entre de Thuile de lin bouillie, les propriétés siccatives sont dues à ce fait qu*on additionne l'huile d'une certaine quantité d'un composé organique de plomb ; en général on la fait bouillir avec de la litbarge. Donc, même quand ces compositions n'ont pas en apparence pour base du minium ou de la céruse, elles renferment souvent une certaine quantité de composés de plomb et la même action doit se produire bien qu'à un degré moindre. M. Lewes fait, en outre, aux peintures à l'huile de lin, le reproche de se convertir en se desséchant en une sorte de résine dont les propriétés acides .ont également un mauvais effet sur le fer ; d'ailleurs, en même temps que le plomb se transforme en chlorure de plomb au dépens du chlorure de sodium contenu dans l'eau de mer» il se produit de la soude qui dissout Thuile de lin et détruit la peinture.

h) Produits goudronneux, — * La iseconde classe de peintures prolectrices comprend la poix et les dérivés du goudron, entre autres le coaltar et les cires minérales. Ce sont, d'après M. Lewes, des matières capables de former un bon revêtement pour les tôles, principalement les cires. Les goudrons et leurs dérivés exigent certaines précautions parce qu'ils peuvent contenir de faibles quantité d'acides ou de sels ammoniacaux. Mais, si on a eu soin d'éliminer ces produits et si on prend la précaution d'appliquer les peintures de cette classe sur des tôles très chaudes, le fer se trouve recouvert d'une sorte à'émail impe'nnêahle à Veau de mer. Parmi les applications qui en ont été faites jusqu'ici en France, nous citerons le coaltai^ qui est très employé pour les bâtiments de servitude en tôle zinguée.

c) Vernis contenant des gommes et des résines en dissolution, - — Un certain nombre de compositions brevetées sont constituées par des vernis ob«' tenus en faisant dissoudre du caoutchouc, des gommes et des résines dans des dissolvants volatils, esprits» térébenthine, naphte, huile de pommes de terre, etc,.. Ces peintures sont toutes plus ou moins exposées à se' détériorer sous l'action de l'humidité au moment de leur mise en place,' elles rentrent dans la catégorie des peintures très siccatives dont nous avons précédemment indiqué les défauts ; il se produit sous l'effet de la vapeur d'eau un dépôt de gommes et de résines qui empêche l'adhérence et ôte la ténacité au vernis. De plus, ces compositions ne sont probablement pas imperméables à l'eau et aux gaz. 11 faut les appliquer par un temps bien sec, en mettre plusieurs couches superposées pour prévenir les effets de la porosité, et les laisser durcir complètement avant de faire arriver l'eau de mer dans le bassin. De semblables vernis doivent évidemment mieux se comporter quand ils sont appliqués dans les ports du midi que dans ceux du nord»

d) Vernis à hase de matières minérales, — La dernière classe de pein-' tures comprend les vernis dans la constitution desquels entrent des oxyde* minéraux. Ces compositions peuvent donner de bons résultats à con-

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ditioQ de choisir des dissolvants qui ne s'évaporent pas trop facilement et

(des substances bien pures qui n'attaquent ni le fer, ni les gommes ou les résines qui entrent dans leur composition. L'un des oxydes les plus employés est l'oxyde rouge de fer; on doit prendre soin qu'il ne contienne ni acide sulfurique libre, ni sulfate soluble. |f L'oxyde de fer s'obtient en chauffant du vitriol vert ; pour neutraliser

p Tacidc sulfurique en excès, on le lave avec une dissolution de soude et

souvent on laisse dans le produit final une forte proportion de sulfate de soude. M. LeweSy à qui nous empruntons ces renseignements, indique que ^ le meilleur procédé de fabrication d'oxyde de fer, destiné à entrer dans une

^ semblable composition, consiste à calciner à haute température un bon

\h minerai d'hématite de fer. L'oxyde, ainsi préparé, ne contient pas de sal-

ù fate, mais de 8 à 40 ^g d'argile ; si la proportion ne dépasse pas 12 à 18 7»

> cette substance est absolument inoffensive.

Tous les oxydes métalliques étant électro-négatifs par rapport aux mé- ** taux avec lesquels on les obtient, on peut craindre que, si le vernis vient à

{ se détériorer, l'oxyde de fer restant en contact avec les tôles du bordé ne

soit une cause de corrosion. Dans cet ordre d'idées M. Lewes a proposé de , le remplacer par du zinc métallique finement divisé en poudre impalpa-

ble. Si les couches contre la salissure et le vernis venaient alors à s'abtmer, c'est le zinc déposé sur la surface de la tôle qui s'oxyderait et le bordé ne subirait de ce fait aucun dommage. Les résultats seraient eacore meilleurs que ceux obtenus avec les peintures à l'huile à base de zinc, car le revêtement serait à la fois inoffensif et facile à rendre plus adhérent.

40T. Revêtements métalliques. — Le zinc constitue le seul revêtement métallique qui puisse être employé pour protéger les tôles cootre l'action de l'eau de mer ou des eaux acides de la cale. £n France, on se sert depuis longtemps de tôles zinguées pour les coques des torpîlleuis et pour celles de la plupart des bâtiments de servitude : chalands, pooloDsmâtures, etc. On croit qu'il en résulte une augmentation de. durée; c'est du moins ce qui paraît ressortir des constatations faites sur les bâtiments de servitude, en négligeant toutefois l'action également bonne du coaltar comme revêtement extérieur appliqué par-dessus la tôle zioguée.

Pourtant, si le zingage constitue une parfaite protection dans l'eau douce, il n'en est pas de même lorsque les tôles galvanisées sont exposées à l'action de l'eau de mer. Au bout d'un cerlain nombre de mois la totalité da zinc serait convertie en chlorure et en oxyde si on n'avait soin de proléger le revêtement de zinc par une peinture convenable. Dans l'eau de m^, le zinc joue en quelque sorte le rôle que nous avons attribué au zioc en poudre impalpable qui entre dans la composition des peintures à l'huile ou des vernis à base de matières minérales. Il augmente la durée de la protection parce que, si le revêtement dont il est couvert vient à s'user et la

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peinture ou le vernis à s'altérer, c'est lui qui s'oxyde et pendant ce temps la tôle reste intacte.

Un fait très curieux et qui montre bien la capacité protectrice du zinc est que, dans Peau de mer, ce métal se transporte des parties zinguées sur celles qui ne le sont pas. Ainsi par exemple on zingue avant de river ; si on laisse pendant quelque temps un bâtiment zingué dans Feau de mer sans le peindre, on trouve les rivets zingués. Les batteries flottantes Lave, Tonnante, etc., construites pendant la guerre de Crimée^ avaient, comme nous Tavons déjà dit, une cuirasse en fer et étaient doublées en zinc ; leur blindage se conserva merveilleusement, il s'était zingué avec le temps.

Evidemment, sur une coque formée de tôles zinguées à la façon ordinaire, on n'a pas à sa disposition une source capable de renouveler ainsi presque indéfiniment le zinc une fois qu'il a disparu. Aussi, tout en comptant sur le zingage, est-il bon de préserver néanmoins la coque par un revêtement. On conçoit que le choix de la peinture qui devra être appliquée sur de semblables carènes est de la plus haute importance. Il faut proscrire soigneusement toute matière susceptible d'attaquer le zinc et le fer, et les peintures minérales peuvent être particulièrement dangereuses, car, s'il vient à se former sur la tôle un dépôt de matière électro-négative par rapport au fer^ celui-ci sera rapidement attaqué dès que le zinc aura disparu.

Les peintures dont on s'est servi en France sont de plusieurs sortes, soit du coaltar, soit des vernis brevetés, soit du minium ou de l'oxyde de zÎDc recouvert d'une couche contre la salissure.

Le coaltar a été employé à peu près exclusivement pour les bâtiments de servitude et il a donné les meilleurs résultats.

Pour les torpilleurs on s'est servi, soit de peinture à base d'oxyde de zinc, soit de minium. Ce dernier a donné lieu récemment à des recherches très intéressantes à la suite de phénomènes de corrosion constatés sur quelques torpilleurs livrés au port de Toulon. M. l'Ingénieur des constructions navales A. Le Chatelier a recouvert un morceau de tôle zinguée d'une couche de minium délayé dans de l'eau, et a ensuite immergé cette tôle dans l'eau de mer. Il a trouvé qu'au bout de cinq minutes, on voit apparaître à la surface du minium des flocons blanchâtres qui recouvrent rapidement toute cette surface en même temps que le minium disparaît. Après nettoyage, la plaque est revêtue d'une substance noirâtre,, se détachant en poussière au grattage, et analogue à celle que l'on avait aperçue sur la carène de plusieurs torpilleurs.

L'expérience suivante montre cette action du minium d'une façon encore plus saisissante. M. Le Chatelier déposa au milieu d'une plaque de tôle zinguée un petit tas de minium délayé dans l'eau. Au bout de dix à quinze minutes, ce tas fut entouré d'une couronne blanchâtre qui se dé* veloppa rapidement et atteignit au bout de vingt-quatre heures des pro-

SOÔ CHÀP. XXXVflI. — CORROSION ET SALISSURE

portions considérables. Il est probable que cette substance blancbàlre est de l'oxychlorure de zinc ; elle est certainement due à Tattaque du zinc, car elle ne se produit pas sut les tôles non zinguées. D'ailleurs en nettoyant la plaque M. Le Chatelier constata que sous le minium le zinc avait complètement disparu.

La rapidité de l'attaque varie beaucoup avec les échantillons dont on se sert. Si on emploie du minium pur, par exemple du minium produit par calcination du carbonate de plomb, on n'observe aucune attaque au bout de cinq jours. M. Xô Chatelier attribue l'action néfaste des miniums du commerce à la présence d'un excès de litharge ; il y en avait 30 **/o environ dans le premier échantillon qu'il a essayé. — Or, la litharge est décomposée par l'eau de mer, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, en donnant de la soude et du chlorure de plomb qui tous deux attaquent le zinc ; le chlorure de plomb se décompose lui-même en présence du fer en donnant du chlorure de fer et des particules de plomb métallique qui provoquent une action galvanique très énergique. La soude, produite par l'action de l'eau de mer sur la litharge, présente en outre le grave inconvénient de dissoudre l'huile de lin qui entre dans la composition de la peinture. Celle-ci perd toute ténacité et se ramollit au bout de quinze jours d'immersion, on peut alors l'enlever en frottant légèrement avec le doigt.

Il ne faudrait pas croire que de semblables détériorations doivent se produire fatalement^ au cas où on recouvre des carènes en acier zingué avec des peintures dans la constitution desquelles entre du minium du commerce. Le minium ne forme que le premier revêtement, et on met pardessus une ou deux couches contre la salissure. Si celles-ci préservent le minium du contact de l'eau de mer, aucun phénomène ne peut se produire tant qu'elles ne sont pas érai liées, et, lorsque l'attaque a lieu, elle est beaucoup moins violente avec du minium incorporé dans l'huile qu'avec du minium simplement délayé dans l'eau comme dans les expériences précédentes.

On conçoit donc que, sur de petits bâtiments qui, une fois livrés à la Marine, sont l'objet de soins minutieux, on ait pu, pendant un certain temps, se servir de semblables compositions sans qu'elles aient donné de sujets de plaintes. Ce n'est évidemment pas une raison pour les conser^'er, une fois qu'on a constaté leur effet nuisible, mais il faut bien se rendre compte que les notions un peu nettes qu'on commence à posséder sur ces matières ne datent que de quelques années.

Il est probable que l'on revêtira à l'avenir tous les torpilleurs d'une peinture au blanc ou au gris de zinc. Il serait bon de proscrire la litharge comme substance siccative.

Les revêtements qui paraîtraient les plus aptes à donner toute satisfaction sont ceux que M. Lewes préconise dans le cas des tôles ordinaires, des peintures à base de goudron ou de cire, ou encore mieux des vernis con-

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tenant du zinc en poudre impalpable. Cette dernière composition nous paraît être particulièrement recommandable.

408. Revêtements Intérieurs, — Nous avons vu que les fonds des navires étaient sujets à se détériorer de la même façon que l'extérieur du bordé de carène, à cause de la présence des eaux acides de la cale. Par le mot fonds, nous entendons sur les bâtiments pourvus d'un double-fond les parties situées au-dessus du vaigrage qui sont exposées à être baignées par leau de la cale. Il est évident que les doubles-fonds, qui restent toujours hermétiquement clos et qui sont faits parfaitement étanches, ne sont exposés à aucune action corrosive, à moins qu'on y fasse pas^^er des tuyaux plus ou moins étanches, ce qui n'est pas le cas ordinaire en France. Pour ces compartiments le mieux est d'employer la peinture au minium dont l'adhérence est très bonne et qui ne saurait présenter d'inconvénients. — Les water-ballasts cependant méritent une attention spéciale parce qu'ils peuvent contenir de l'eau de mer en mouvement si on n'a pas soin de les maintenir toujours soit vides, soit parfaitement pleins. Pour ces compartiments, il serait bon de substituer à la peinture au minium du coaltar appliqué à chaud ou toute autre composition de la même classe.

Pour les parties exposées à être baignées par Peau de la cale, on emploie trois sortes de peintures protectrices : à) Ciments.

h) Revêtements bitiimineitx.

c) Peintures.

a) Ciments, — En France, l'usage du ciment est très réduit sur les bâtiments de guerre. Ce revêtement est beaucoup plus employé sur les navires marchands où l'action corrosive de Teau de la cale est plus à redouter par suite de la présence d'acides provenant de la décomposition du charbon, des pyrites, du grain, etc., qui constituent le chargement. On met alors une couche épaisse de ciment dans la partie centrale au-dessous des angui llers percés dans les membres pour l'écoulement de l'eau. L'épaisseur va en décroissant jusqu'au tournant de la cale; toutes les cornières, les tôles, les tètes de rivets sont noyées dans le ciment.

Le ciment doit être dur, adhérent et non poreux ; grâce à la présence des silicates qui entrent dans sa composition, il est d'ordinaire extrêmement dur. Il adhère très bien au fer quand on l'applique sur la tôle nue, mais ce procédé présente un inconvénient, car il reste au point où le ciment cesse d'exister un petit cordon de tôle qui n'est protégé par aucun revêtement ; aussi préfère-t-on, avant d'appliquer le ciment, recouvrir totalement ou partiellement la tôle d'un enduit. Le minium s'oppose à ce que le ciment adhère bien au fer, au contraire on obtient de bons résultats en se servant de coaltar bouillant et en mettant le ciment quand le coaltar est encore chaud. Reste la question de porosité : M. Lewes pense que le ciment de

Porlland est poreux et peut êlre traversé par les liquides et les gaz. Si da cuivre se trouve dissous par les eaux acides de la cale et filtre à travers les pores du ciment jusqu'à la tôle, la préservation peut alors être inefficace. C'est une raison de plus pour interposer du coaltar. Un autre inconvénient a pour cause la dureté môme du ciment. Si le navire vient à jouer sous un eiïort quelconque, le ciment se sépare du mêlai, et, dans les parties où il est ainsi détaché, l'infiltration d'eau acide peut provoquer une corrosion d'autant plus dangereuse qu'étant cachée à la vue par le revêtement elle se développe rapidement. Si le ciment lui-même est fendu, cet effet se produira presque infailliblement. A diverses reprises des voies d'eau provoquées par le mauvais état du ciment ont mis en danger des navires où on n'avait pas apporté un soin suffisant h la visite et à Tentretien des fonds. On doit s'assurer fréquemment du bon état du ciment et le renouveler dès qu'il est détérioré.

h et c) Revêtements hittnnineux et peintures. — En conséquence, nous estimons que les vernis à base de bitume ou d'asphalte appliqués à chaud et les peintures doivent être employés de préférence au ciment. D'abord, ces compositions ne sont pas poreuses, et ensuite si la corrosion vient à se produire, soit parce que la peinture aura manqué d'adhérence et se sera détachée en quelque point, soit parce que les eaux de la cale auront abtmé la couche protectrice, il sera toujours facile de découvrir la corrosion et de l'arrêter avant qu'elle n'ait eu le temps de se développer.

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