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Importance qu*il y a à peindre par un temps see

— Avant d'étudier les compositions elles-mêmes, il est indispensable desavoir que leur valeur peut dépendre des conditions dans lesquelles elles sont appliquées sur la carène.

Or, la surface de la tôle sur laquelle on applique le revêtement en question est très fréquemment couverte d'humidité. Lorsque la coque se trouve grattée à nu, elle constitue une surface de métal énorme dont la température varie beaucoup plus rapidement que l'air ambiant et que les murailles en pierres du bassin de radoub (*). Si la température vient à baisser, c'est la coque qui refroidit la première, et par contact elle refroidit la couche d'air qui est dans son voisinage immédiat. Si Tairesl saturé d'humidité, la vapeur d'eau en excès se dépose sur le fer ou l'acier. C'est un phénomène bien connu : on dit que le fer sue. D'ailleurs, si l'on songe que, dans certains climats, il y a pendant plusieurs périodes de l'année des pluies continuelles, on se rend aisément compte que la surface du navire, exposée aux intempéries dans le bassin, ne saurait étresi'che. Ainsi donc, c'est sur une surface humide que, dans la majorité des cas, on aura à appliquer la composition protectrice.

Si on pose sur cette surface humide une peinture modérément siccative, du minium délayé dans de l'huile de lin par exemple, l'adhérence est compromise et lorsque la peinture est sèche, le moindre frottement l'enlève par bandes plus ou moins étendues. Si on se sert d'un vernis doué de propriétés siccatives très énergiques, Tévaporation rapide des dissolvants volatils est accompagnée d'une chute de température qui occasionne un nouveau dépôt de vapeur d'eau sur le revêtement. Celui-ci se trouve ainsi emprisonné entre deux couches d'humidité ; au manque d'adhérence causée par la première de ces couches s'ajoute probablement une action nuisible au point de vue du revêtement lui-même.

L'état de la carène au moment où on applique les premières couches de peinture a une très grosse importance ; cela sufQt à expliquer la manière très dilTérente dont se comportent des compositions semblables mises avec le même soin. Il n'est pas rare qu'une peinture, dont l'adhérence a laissée désirer sur certains bateaux, ait au contraire fort bien résisté sur d'autres navires et maintenu l'acier en parfait état de conservation.

Il est donc absolument essentiel, soit d'avoir un bâtiment bien sec, soit d'employer, s'il est possible, wvia composition qui ne soit pas attaquable par l'eau.

(«) Voir la note dëjà citée de M. Leices.

REVÀTBMEMTS NON METALLIQUES 495

406. Revêtements non métalliques. — Le nombre des revêtements non métalliques dont on s*est servi pour combattre la corrosion est excessivement considérable. A Tépoque actuelle, il n'y en a pas moins d'une trentaine en usage. En laissant de côté les ciments qui sont réservés exclusivement au revêtement intérieur, nous les diviserons avec M. Lewes en quatre classes :

1® Peintures à l'huile ;

2* Poix, asphalte, goudron et coaltar ;

3° Vernis contenant des résines et des gommes dissoutes dans des dissolvants liquides ;

4^ Vernis à base de matières minérales.

a) Peintures à V huile. — L'une des plus anciennes peintures en usage est l'huile de lin bouillie mélangée avec du minium ou de la céruse. La peinture au minium surtout est encore très employée, elle adhère très bien au fer quand elle est appliquée dans de bonnes conditions.

Toutefois on peut faire à cette peinture le reproche de ne pas être absolument inoITensive quand on emploie du minium qui n'est pas parfaitement pur. Dès 1861 M. Jouvin, pharmacien de la Marine française, a montré que les composés de plomb peuvent être convertis en chlorure de plomb qui, en présence du fer, donne du chlorure de fer avec dépôt de plomb métallique; le plomb déposé augmente la corrosion du fer en produisant une action galvanique. M. Lewes cite en particulier < le Nile » sur lequel, en examinant des spécimens de rouille, on a trouvé des cristaux de plomb métallique parfaitement reconnaissables.

Il est incontestable que si, à coup sûr, le minium pur n'est pas absolument inoffensif (^), il ne parait du moins provoquer d'attaques qu'au bout d'un temps très long. Mais, ce corps étant très cher, on se sert de produits plus ou moins purs mélangés de litharge ; en appliquant sur des morceaux de tôle des miniums de mauvaise qualité, simplement délayés dans l'eau, M. Tlngénieur des constructions navales A. Le Chatelier a constaté qu'au bout d'un certain nombre de jours on obtenait des érosions au contact du minium. Sans doute les conditions de l'expérience sont très différentes des conditions ordinaires dans lesquelles le minium est appliqué après avoir été mélangé à de l'huile bouillie, l'intensité de l'attaque est beaucoup plus énergique et s'explique en grande partie par l'impureté du minium, mais aussi par ce fait que la peinture a été délayée dans Teau au lieu d'être incorporée dans l'huile bouillie.

Quoi qu'il en soit, tout en sachant que le minium attaque le fer, on ne peut contester que, pendant de longues années, il a, somme toute, donné des résultats moyens aussi satisfaisants qu'aucune autre composition alors en usage. Cela tient probablement à deux causes : d'abord la peinture au

(<) Nous avons déjà émis cette opinion en relatant une expérience personnelle, Construction du navire, Encyclopédie des Aide-mémoire.

minium est une des compositions qui adhèrent le mieux au fer, et tant qu'elle n'est pas détériorée aucune action chimique ne peut se produire. En second lieu, les actions galvaniques déterminées par les écailles de laminage étaient beaucoup moins intenses avec les carènes en fer qu'avec celles en acier, il y avait donc moins de chances qu'il survînt une action galvanique pouvant, en délériorant la peinture, donner naissance par contre-coup à une décomposition du minium et à un dépôt de particules de plomb.

La conclusion de ce qui précède, c'est que, si pour profiter de la bonne adhérence du minium, on le choisit comme couches de fond, il faudra d'abord ne l'appliquer que par un temps sec et le laisser sécher complètement pendant une semaine environ ; on devra ensuite, par mesure de sécurité, le recouvrir de couches contre la salissure qui protègent à leur tour le premier revêtement. Celle seconde condition est au moins en partie remplie puisqu'on recouvre la peinture au minium d'une ou deux couches contre la salissure, mais celte protection peut devenir insuffisante avec le temps, les couches contre la salissure n'ayant fort souvent qu'une durée limitée.

Dans une peinture destinée h élro mise au cont.ict immédiat de la coque, il y a à coup sur avantage à subslituerau minium un corps électro-posilif par rapport à ce métal et par conséquent n'attaquant pas le fer. C'est dans ce but que M. Jouvin a précouisri autrefois l'emploi d'une peinture contre la corrosion à base de zinc métallique en poudre, h* Héroïne (^) et difféwols autres navires ont été revêtus de cetle composition. Malgré des résultais contradictoires, l'impression qui se dégage de ces essais est plutôt bonne, surtout quand on sait que l'absence de décapage et la présence du minium empoisonné comme couche contre la salissure suffisent amplement à expliquer que des piqûres aient pu se produire.

Des résultais tout aussi bons ont élé obtenus par M. Plngénénieur de la Marine Dupont au port de Toulon. Frappé du parfait état de la conservation de la cuirasse en fer des batteries flottantes Lave^ Tonnante, elc, qui étaient doublées en zinc, M. Dupont imagina de revêtir les coques des bâtiments de servitude en for d'une peinture à base de zinc métallique mêlé à une certaine quantité d'oxyde de zinc. Cette mixture servait à la fois contre la corrosion et contre la salissure; elle se comporta très biendansun port où les phénomènes de corrosion paraissent parliculièrement intenses.

Il a élé jusqu'ici asr^ez difficile de rendre adhérentes les peintures à l'huile qui conliennent seulement du zinc métallique; c'est ce qui oblige à ajouter une 1res forte proportion d'oxyde de zinz(2) pour obtenir un corps qui se comporte bien avec l'huile.

(') Revue Maritime et coloniale. Mai 1^05.

[}) Dans unp p 'inture actuelle au pris de zinc il y a, par exemple, cinq à six lois autant d'oxyde qu'il y a de zinc mélallique en poudre .• il faut autant que possible proscrire le plomb qui s'y trouve parfois en petite quantité.

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