A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
507. Importance de Tétude des efforts supportés par la coque. — La charpente des navires doit être suffisamment robuste pour que le bâtiment puisse naviguer en toute sécurité par tous les temps
512 CHA.P. XXXIX. -^ EFFORTS AUXQUELS SONT SOUMISES LES COQUES DBS NAVIRES
et pour que sa coque ne subisse aucune déformation à la mer. La question de solidité est primordiale : il est de toute évidence que le navire doit être construit de manière à ne pas pouvoir se casser, de même qu'il doit être étudié pour ne pas chavirer par défaut de stabilité.
Mais il ne suffit pas au constructeur de navires de faire la coque solide, il doit arriver à ce résultat avec le minimum de poids. Tout bénéfice réalisé sur le poids permet de donner au navire, à déplacement égal, une vitesse plus grande et un armement plus puissant ; si, au contraire, ces derniers éléments sont nettement déterminés, une réduction de poids de coque permet d'exécuter un programme imposé avec un déplacement d'autant moindre qu'il résulte du fait même de ce premier allégement une diminution de la force en chevaux nécessaire et, par conséquent, du poids de la machine ainsi que de l'approvisionnement de charbon.
Les progrès dans l'art de construire léger ont été réellement très rapides dans le cours des vingt dernières années. L'emploi du fer et de Tacier a mis en goût en montrant l'importance de l'économie de poids et les constructeurs de coques et de machines marines ont rivalisé daos cette recherche de la légèreté.
Pour que la légèreté ne nuisit pas à la sécurité, on a dû étudier avec plus de soin que par le passé toutes les causes qui peuvent agir sur la solidité primitive du navire de manière à la compromettre, et on a dû chercher à en tenir compte pour le calcul des épaisseurs, des modes de liaison et du rivetage, ainsi que pour la répartition judicieuse des matériaux.
Nous croyons utile de terminer ce traité de construction navale en disant quelques mots de ces questions (*) qui ont déjà été effleurées en maints passages, quand nous avons expliqué pourquoi nous préconisions tel ou tel système de construction de préférence à d'autres. Certaines personnes estimeront peut-être que la place d'une semblable étude serait au début et non à la fin d'un ouvrage comme le nôtre. Il vaudrait mieux, semble-t-il, commencer par décrire minutieusement les fatigues auxquelles le navire sera soumis; ensuite l'étude de la charpente serait celle des moyens à employer pour assurer une résistance convenable contre ces efforts. Cette manière de faire serait tout à fait logique si on connaissait réellement les efforts que les coques ont à supporter, et si on avait des procédés permettant de calculer les diverses pièces d'un navire. Mais il n'en est rien, on n'a sur ces sujets que des notions assez vagues ; le peu de données exactes qu'on possède touchant les fatigues des matériaux entrant dans la coque est qualitatif et non quantitatif. On connaît les forces, on ne sait pas bien apprécier leur grandeur.
(>) Ces questions ont été exposées d'une manière remarquable et complète dans l'ouvrage bien connu de l'éminent constructeur anglais M. W^ H. White^ Assistant controller and Direclor of naval Construction (A. ManucU of NavcU Architecture)^ auquel nous aurons souvent l'occasion de nous référer au cours de ces deux dernier? chapitres.