‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 255 sur 290 · CLASSIFICATION DES EFFORTS AUXQUELS LA COQUE EST SOUMISE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES EFFORTS AUXQUELS LA COQUE EST SOUMISE

Nous reconnaissons la 1res grande ulililé de ces études et de ces calculs ; ils permettent de prédire, en comparant le navire à un autre qui s'est bien comporté, que la coque sera suffisamment solide, et d'avoir des idées assez saines sur la meilleure façon de répartir la matière entre le haut, le fond et le milieu du navire, ainsi qu'entre les liaisons longitudinales et transversales. Cependant, avant d'aller plus loin, nous avons tenu à bien spécifier que ce que nous savons est en somme peu de chose et à mettre le lecteur en garde contre les déductions trop absolues qu'on peut être tenté de tirer des calculs, même quand un sait leur point de départ douteux. Les calculs, appliqués à la pratique, ne rendent jamais compte que d'une partie seulement des phénomènes, et en général, d'une partie très faible. Ce sont des ébauches plus ou moins médiocres ; les premières fois qu'on a à s'en servir on a leur imperfection présente à l'esprit, puis on finit par s'imaginer qu'elles sont exactes et par envisager les phénomènes de la façon qu'elles semblent montrer ; ce qui aurait dû servir de point de départ pour des progrès ultérieurs peut alors devenir le principal obstacle à ce qu'on les admette.

508. ClassiflcaUoii des efforts auxquels la coque est soumise* — L'importance des diiïérents efforts auxquels la charpente des navires est soumise serait assez difficile à classer, si on n'avait pour cela que les bâtiments en fer et en acier. A part quelques rares exceptions, les déformations constatées sur ces navires sont très faibles; au contraire, sur les anciens bateaux en bois, il y avait de nombreuses marques extérieures de la fatigue des diverses parties de la charpente. Ces signes de fatigue tout à fait caractéristiques consistaient principalement dans des phénomènes d'arc et de contre-arc, et dans une altération des formes transversales qui se manifestait par des détériorations, au tournant de la cale d'une part, et à la jonction des barrots supérieurs avec la muraille d'autre part. Les efforts dus aux propulseurs, à la voilure d'abord, puis aux roues et aux hélices ont été également de tout temps une cause de fatigue sérieuse pour les navires en bois; depuis que les vitesses des navires et de leurs machines ont augmenté, une nouvelle cause de fatigue s'est révélée principalement sur les bâtiments en fer et en acier, le bâtiment vibrant d'une façon désagréable à certaines allures. Enfin, il ne suffit pas de considérer le navire comme un tout, certaines parties sont appelées à supporter des poids ou des efforts anormaux, elles doivent être établies assez solidement pour ne subir aucune déformation.

Conformément à ce que nous venons de dire, nous diviserons notre étude en quatre parties (^).

(<) Nous suivons ici la classification dont s'est servi M. W, H^ White dans son Manuel o' ^aval Architecture.

514 CHAP. XXXIX. — EFFORTS AUXQUELS SONT SOUMISES LES COQUES DES NAVIRES

1® Efforts tendant à donner au navire de Varc et du contredire,

2^ Efforts tendant à modifier la fbrme des sections transversales du navire.

3^ Efforts dits à la propulsion.

4* Efforts locaux.

Celte nomenclature n'est pas complète, mais elle comprend les causes principales de fatigue, celles sur lesquelles il convient d'avoir l'attention appelée, et suffit pour le but que nous nous proposons.

Page 1