B", VIBRATIONS
«>26. Description du phénomène. — Cependant il y a une cause de fatigue très importante qui se rattache à la propulsion. Nous voulons parler des vibrations que, sur les navires à hélices, les pulsations des machines motrices impriment à la coque à certaines allures, c'est-àdire à un certain nombre de tours. Supposons un navire dont on pousse progressivement les machines : jusqu'à 100 tours par exemple, il ne se produira que des mouvements d'ensemble de la coque dus au roulis et au tangage; puis, à partir de 100 tours» le bâtiment commencera à vibrer un peu, et les vibrations iront en croissant au fur et à mesure que l'allure augmentera, jusqu'à ce que, par exemple, on soit arrivé à 110 tours où ce mouvement vibratoire atteindra son maximum d'amplitude; mais ensuite si on pousse la machine au delà de 110 tours, l'intensité des vibrations ira en diminuant progressivement pour redevenir sensiblement nulle quand on aura atteint 120 tours environ. Si les machines peuvent marcher à un beaucoup plus grand nombre de tours, 400 par exemple, on remarquera que les vibrations qui avaient lieu au voisinage de 1 10 tours se reproduiront périodiquement avec peut-ôlre encore plus d'intensiié quand le nombre de tours sera un multiple du précédent, c'est-à-dire sera voisin de 220 ou 330 tours.
Le navire constitue un corps vibrant ; c'est une verge de section transversale variable. Sa période naturelle de vibrations dépend de l'arrangement de la charpenle et de la répartition des poids; avec ses pulsations régulières dont l'origine sera rappelée plus loin, la machine excite la vibration quand elle tourne à un nombre de tours dont la période est un multiple ou un sous-multiple de la période naturelle de la poutre formée par la coque. En un mot, c'est le synchronisme du mouvement du moteur avec cette période naturelle de vibrations de la coque qui détermine le maximum d'amplitude. Lorsque le nombre de tours est voisin du synchronisme la coque vibre fortement; lorsqu'il s'en écarte elle reste en repos.
De même que tous les corps qui vibrent la coque présente des ventres et des nœuds y c'est-à-dire des points où l'amplitude du mouvement est maximum et d'autres qui ne bougent pas. Tout le monde sait que quand on fait vibrer une corde, suivant l'endroit où on la pince, il se produit plus ou moins de nœuds ou de ventres. Nous verrons tout à l'heure qu'il y a quelque chose d'analogue pour les navires.
Ces phénomènes de vibration sont très fréquents aujourd'hui. On les rencontre surtout sur les navires légers dont les hélices marchent à un très grand nombre de tours : mais il s'en produit aussi sur certains navires de