DISPOSITION DB LA CUIRASSE SUR LBS CROISEURS CUIRASSKS
des extrémités entraîne une diminulion notable de la protection puisque le pont reste sur une partie de la longueur exposé aux projectiles.
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Fig. 359
En France, on préfère prolonger la cuirasse de bout en bout, pour se préserver des coups d'enfilade qui frapperaient au voisinage de la flottaison et pour limiter le nombre des brècbes qui pourraient donner accès à Teau dans la tranche cellulaire, le danger de voir la muraille criblée par des projectiles de petit calibre se trouvant écarté.
Sur les croiseurs cuirassés récents, on admet que la hauteur de cuirasse d*œuvres-mortes peut être bien inférieure à ce qu'elle était sur les premiers croiseurs cuirassés. Sans doute, plus la protection est étendue, plus il y aura de petits projectiles arrêtés ; les dégâts seront moins considérables, ce qui est un bénéfice pour la disponibilité et la navigabilité ultérieure <iu bâtiment. Mais cet avantage est plus apparent que réel quand il s'agit d'une partie qu'on peut décuirasser sans compromettre la sécurité du navire ou la protecb'on de l'artillerie ; en effet la réparation des parties de la coque situées assez haut au-dessus de l'eau n'offrira jamais de grandes difficultés, même si on ne dispose que de moyens rudimentaires, et il suffira de les exécuter d'une façon sommaire et provisoire, pour aller au plus pressé. Pourvu que les trous soient bouchés, le bâtiment vaudra autant que par le passé comme engin de combat.
Il y a donc tout intérêt à limiter la cuirasse des oeuvres-mortes à une hauteur suffisante pour que le pont soit garanti contre lo choc direct des projectiles, et à employer le poids superflu, soit à renforcer la cuirasse dans la partie où elle est indispensable, soit à accroître la vitesse, qui est un des facteurs les plus importants de la puissance défensive comme de la puissance offensive.
Lorsqu'on réduit ainsi la hauteur du blindage des œuvres-mortes à la quantité nécessaire, pour qu'aucun projectile, tiré sous un angle de 6 à 8**, ne puisse rencontrer le bâtiment, il faut bien se rappeler que les projectiles ne viendront pas seulement du travers ; le combat se livrera surtout en
CHAP. XXIV. — CUIRASSEMSNT
pointe, et si on ne prolonge pas le blindage de la muraille jusqu'au gaillard, il est indispensable de dresser à Tavant et à Farrière de hautes traverses cuirassées, montant jusqu'au pont supérieur ou même à la teugue et à la dunette, et si ces traverses ou le blindage appliqué sur la muraille sont insuffisants pour bien proléger toute la longueur du pont, il serait convenable d'en rajouter une ou deux dans la longueur du navire.
224. Disposition de la cuirasse sur les croiseurs protégés. — Pour les croiseurs plus petits, l'emploi d'une cuirasse sur les flancs est trop coûteuse et conduirait d'ailleurs à trop diminuer les autres qualités essentielles du navire, en sacrifiant un poids trop considérable pour le cuirassement. On doit donc se contenter d'un pont blindé, descendant suffisamment au-dessous de l'eau en abord, et surmonté d'une tranche cellulaire.
Les bâtiments de cette catégorie sont dits protégés, le nom de cuirassé s' appliquant plus spécialement aux navires qui ont un blindage fixé contre la muraille.
Ainsi que nous l'avons montré, la protection est d'autant plus efficace que le pont a moins de bouge ; s'il se trouve suffisamment au-dessous de l'eau pour n'être jamais atteint par un projectile arrivant sous une inci-
Bîake 9 140 tonneaux
Fig. 360
dence de 6 à 8° environ, la protection réalisée est excellente. Si une partie notable du pont se trouve au-dessus de la flottaison, on est dans des condi* tiens moins bonnes. Malheureusement, la difficulté de loger l'appareil moteur et évaporatoire au-dessous d'un pont placé à 1 mètre en contre-bas de la flottaison peut conduire à remonter le pont blindé au-dessus de l'eau dans la partie centrale. Aussi conviendrait-il dans ce cas de surélever seulement la partie située immédiatement au-dessus des appareils qu'il est impossible de loger, faute de hauleur, et de blinder fortement le dessus et les flancs du tambour ainsi formé, assez fortement tout au moins pour