‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 45 sur 290 · CROISEURS. — RAPPORT DU POIDS DE BLINDAGE AU DÉPLACEMENT · texte numérisé non relu

CROISEURS. — RAPPORT DU POIDS DE BLINDAGE AU DÉPLACEMENT

dit plus haut que le rapport du poids de cuirasse au déplacement ne fournit qu'une indication assez vague sur la valeur de la protection lorsqu'il s'agit de croiseurs protégés. Déjà, pour les cuirassés, le poids du blindage est une donnée insuffisante, puisque, dans les conditions actuelles, la protection cellulaire est appelée à jouer un rôle prépondérant, même sur les plus gros cuirassés, et puisque c'est d'elle que dépend, en grande partie, la valeur défensive du bâtiment. Cela est encore plus net quand il s'agit de croiseurs cuirassés; enfin, pour les navires protégés, il ne saurait y avoir aucun doute à cet égard.

Même, en supposant la subdivision cellulaire aussi parfaite sur tous les navires d'une même classe, ce qui n'est nullement exact, deux navires peuvent, à égalité de poids de cuirasse, présenter de notables différences, suivant la répartition plus ou moins judicieuse de ce poids.

Laissons de côté les grands cuirassés français ou anglais pour nous occuper seulement des croiseurs cuirassés ou protégés, et faisons abstraction de la cuirasse des tourelles, des passages de munitions et des abris auxquels on peut supposer le même poids sur des bâtiments similaires de tonnage équivalent.

Sur les croiseurs blindés, lorsqu'ils sont cuirassés de bout en bout et que la cuirasse des flancs est limitée, comme épaisseur et comme hauteur, à ce qui est nécessaire pour empêcher un projectile de toucher le pont avant d'avoir éclaté, le poids du blindage peut servir, jusqu'à un certain point, de ferme de comparaison. La forme et la position du pont sont sans doute intéressantes à connaître, mais, puisqu'en aucun cas un obus à explosif ne touchera ce pont, ces données servent surtout à se rendre compte si on aurait pu réaliser une économie de poids en modifiant la forme du pont. Il s'agit d'un gain qu'il ne faut pas négliger, mais qui est relativement modéré.

Sur les croiseurs protégés, au contraire, la protection du pont blindé dépend beaucoup plus de la position assignée à ce pont que de son épaisseur.

A mesure qu'on s'écarte de la protection type, le poids du blindage augmente sans aucun avantage pour la protection. Ce poids dépend évidemment de la hauteur de la ligne milieu du pont au-dessus du livet. Dès que celte hauteur devient uotabic, dès que la partie centrale du pont se trouve, par*exemple, à 40 ou 50 centimètres au-dessus de l'eau, il n'y a pas nécessairement économie de poids à employer un pont en dos de tortue. Si, après avoir calculé les plaques du talus pour assurer à cette portion une résistance à la pénétration égale à celle de la partie centrale, on compare le poids total à celui qu'aurait exigé un blindage de flancs et un pont horizontal, réalisant la même protection, on trouve, sinon qu'il peut y avoir bénéfice à employer ce dernier système, du moins qu'il peut y avoir à peu près équivalence. Tout dépend de l'angle que fait la portion inclinée donnée avec l'horizontal et du rapport des épaisseurs données au talus et à la partie plate du pont.

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