CHAP. XXIV. — GU1RAS8BMANT
Ce calcul très simple montre bien que les ponts en dos de tortue montant trop haut ne constituent pas une solution rationnelle. Il est inutile d'exposer la muraille à être percée par une multitude de coups de petits calibres quand, par l'emploi d'une cuirasse de flancs, on aurait pu sans accroissement, ou du moins sans accroissement appréciable de poids, rendre la coque impénétrable à ces projectiles, tout en assurant la même protection contre les autres. L'adoption d'un pont protecteur en dos de tortue ne peut se justifier dans ce cas que par une économie de prix; à tous les autres points de vue, c'est une disposition aussi défectueuse que la solution type avec pont blindé à faible bouge est rationnelle. Si on l'accepte cependant, parce qu'il en coûte moins pour faire des plaques planes que pour les gabarier suivant la forme des murailles, on doit s'arranger pour donner au talus une pente telle que la différence de poids, si minime qu'elle puisse être, soit en faveur du navire construit dans le système protégé.
Il va sans dire que, lorsque la comparaison porte sur deux bâtiments^ ayant le même pont protecteur disposé de la même façon, le mieux garanti est, dans certaines limites, celui qui a le pont le plus épais et la cuirasse la plus lourde. Mais, si la forme du pont n'est pas la même, il peut très bien arriver que le navire le mieux défendu soit celui pour lequel le rapport du poids de cuirasse au déplacement est le plus faible.
En effet, le navire protégé type serait un bâtiment dont le pont protecteur resterait en entier au-dessous de l'eau, à la hauteur du livet, sans bouge ni tonture ; un tel pont, servant simplement de pare-éclats, n'aurait besoin que d'une épaisseur faible et procurerait, comme nous nous sommes attachés à le montrer, une protection absolue. On voit donc que la protection absolue correspond au poids de cuirasse minimum. H est difficile d'y atteindre, mais on doit chercher à en approcher. Nous sommes donc autorisé à dire que, dans bien des cas, les bâtiments protégés qui paraîtront les moins cuirassés seront cependant les mieux défendus.
227« Déplacemetit des croiseurs cuirassés. — Si on jette un coup d'œil sur le tonnage des principaux croiseurs cuirassés construits ou en cours de construction dans les différents pays, on trouve le Power fui et le Affl^ni^cen^ (Angleterre) avec 14 500 tonneaux environ, le Rurick (Russie) avec 10 600 tonnes, le New-York et le 5rooA:^î//i (Etats-Unis) avec 9 000 et 10 000 tonnes, YEmperador Carlos V (Espagne) dépassant 9 000 tonnes.
Bref, on remarque que les croiseurs cuirassés étrangers ont, en général, un fort déplacement. Cela tient à ce qu'on a voulu, non seulement leur assurer une protection sérieuse et une grande vitesse, mais encore les doter d'une artillerie d'assez fort calibre. Ce sont de puissants navires de combat, à la fois bien protégés et bien armés, pouvant rendre dans la plupart