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TONNAGE DBS CROISEURS PROTEGES

des cas les mêmes services que les cuirassés et ayant en plus la vitesse (^). Aussi, bien que le système de protection que nous venons d'exposer puisse s'appliquer à des croiseurs de moins de 5 000 tonnes, le type de croiseur cuirassé est, à notre avis, le bâtiment de 9 à 13 mille lonnes, ayant à la fois une puissance offensive et défensive extrêmement sérieuse, une vitesse de 20 à 23 nœuds et une forte distance franchissable.

Ainsi conçu, le croiseur cuirassé paraît être parmi les bâtiments modernes, celui qui répond le mieux aux conditions si variées de la guerre sur mer et qui est le plus capable de rendre des services en rapport avec le prix qu'il coûte. Mais il importe de ne pas oublier que l'augmentation de poids et de prix, qui résulte de l'emploi d'une cuirasse de flancs, n'est justiGée que par l'impossibilité où on se trouve de réaliser des vitesses sufQsantés en logeant les machines et les chaudières sous un pont placé assez bas au-dessous de l'eau.

238« Tonnage des croiseurs protégés. — D'après ce que nous avons dit, le système de protection dans lequel on emploie seulement un pont blindé et une tranche cellulaire s'applique rationnellement à des navires plus petits que les précédents. Cependant le Blake et le Blenheim (Angle(erre) ont plus de 9 000 tonnes.

Au premier abord, il peut sembler qu'il y ait là une exagération contre laquelle on doit se tenir en garde. S'il suffit de donner 9 000 à 1 1 000 tonnes pour filer 20 à 21 nœuds à un croiseur cuirassé bien armé, comme le Brooklyn ou le Rurick, on doit obtenir avec un déplacement moindre des croiseurs protégés, pourvus d'une artillerie suffisante et capables d'atteindre 22 à 23 noeuds. C'est, d'ailleurs, ce que semblent penser les Américains qui ont donné seulement 7 500 tonnes au croiseur protégé la Columbia, H s'agit, dans ce cas, d'un bâtiment qui file entre 22 nœuds ^/j et 23 nœuds, mais dont l'artillerie tout en étant respectable n'est pas extraordinairement nombreuse ni puissante. Telle qu'elle est, la Columbia répond parfaitement au but qu'on s'est proposé en en faisant les plans. Plus rapide que tous les croiseurs, à peine égalée en vitesse par les plus fins paquebots, elle justifie son titre de < Commerce Destroyer », qui la caractérise parfaitement.

Il est certain cependant que les croiseurs qui seraient mis en chantier pour surpasser la Columbia^ soit en Angleterre, soit en France, devraient être munis d'une artillerie un peu plus puissante et doués d'une vitesse plus grande. La Columbia est, en quelque sorte, sinon comme construction

(') Les nouveaux croiseurs cuirassés français à'Entrecasteaux et Jeanne d*ArCj Baront un déplacement assez fort, à peu près 8 400 tonnes. Mais ou a jugé qu'il suf. fisait de leur donner une vitesse modérée, 19 nœuds environ. Si on avait désiré augmenter la vitesse en leur conservant le même armement, on aurait été nécessairement conduit à un déplacement de 9 000 à 10 000 tonneaux environ.

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du moins comme agencement général, le premier navire d'un type, et l'expérience des quarante dernières années montre que ces navires là sont en général les plus petits.

Nous ne sommes nullement opposé en principe aux gros tonnages, mais encore faut-ii que l'augmentation des frais de construction et d'entrelien qui en résulte soit justifiée par une supériorité indiscutable. Nous pensons qu'il convient de ne pas dépasser actuellement 10 000 tonnes pour les navires protégés. Un accroissement de 2 500 tonnes sur le déplacement du navire dont nous venons de parler est amplement sufGsant pour assurer à un croiseur, soit une artillerie très supérieure, soit une vitesse et une distance franchissable plus considérables. Sans dépasser ce chiffre, on peut obtenir un excellent instrument de combat, bien armé et protégé par sa vitesse contre tous les cuirassés et tous les croiseurs cuirassés actuels. Ajoutons qu'un semblable croiseur prolégé, qui pourrait tirer à la minute un grand nombre de coups de pièces de moyen calibre, soit en chasse, soit en retraite, serait capable de se mesurer avec des bâtiments beaucoup plus forts en apparence, parce que le jour du combat une puissante artillerie, bien disposée, sera encore la meilleure des protections.

En résumé, nous croyons qu'actuellement il est inutile de dépasser pour les croiseurs protégés un déplacement de 9 à 10 000 tonnes. Jusqu'au jour, qui ne paratt plus très éloigné, où Ton donnera 24 nœuds au navire protégé, il nous semble qu'avec trois modèles, l'un de 9 à 10000 lonnes, le second de 5 à 6 000 et le dernier de 2 500 à 3 500, ayant tous des vitesses très supérieures, une quantité de charbon considérable, et un armement en rapport avec leur déplacement et leur rôle probables, on aurait une variété sufQsante pour parer à toute éventualilé. Dans notre pensée, le premier de ces types constituerait un véritable bâtiment de combat, le second serait le croiseur au sens propre du mot, le dernier rentrerait dans la catégorie des éclaire urs d^ escadre.

COUPARAISON DES CUIRASSES VERTICALES ET INCLINEES 97

APPENDICE

A. Ponts pr^tecieurs contre les projectiles pie i fis. Epaisseur et poids

du blindage

On attribue généralement aux ponts protecteurs en dos de tortue Tavantagc de l'économie de poids : autrement dit, on pense que, pour obtenir une protection déterminée contre des coups perforants (projectiles pleins), ce système est moins lourd que celui dans lequel on se servirait d'un blindage de ceinture et d'un pont horizontal. Voyons si cela est bien exact.

l**" Cas. Le bâtiment ne roule pas et les projectiles sont tirés à grande distance.

Les vitesses de perforation sont proportionnelles à la puissance 0,7 de répaisseur : c'est-à-dire que, à parité des autres conditions, l'épaisseur du blindage à perforer étant seule variable, on a, d'après la formule employée à Gàvre dans le cas de l'acier doux

(1) V = Ke^'"^

e , désignant l'épaisseur de la plaque ;

V, la vitesse stricte de perforation sous l'incidence normale, c'est- à dire la vitesse que le boulet doit avoir obligatoirement pour traverser la plaque et tomber aussitôt après, en supposant qu'il choque normalement la cuirasse ; K, étant une constante, lorsque le poids et le calibre du boulet sont donnés. Supposons maintenant que le projectile, au lieu de frapper normalement la plaque, fasse avec la normale au point d^impact (ou d'incidence) un angle ? (fiO' 362), il résulte d'un grand nombre d'expériences que la vitesse stricte de perforation est, dans ce cas, non plus V, mais V liée à V par la relation

relation exacte pour des angles' ç allant de 0 à 2:) ou GO*», mais qu'on n'a pas l^ droit de généraliser au delà.

Ceci posé, nous avons toutes les données nécessaires pour chiffrer récono- II 7

mie de poids qu'on peut réaliser en employant une cuirasse oblique dans les conditions où nous nous sommes placé.

Fig. 362

Fig. 363

La vitesse V étant proportionnelle à e^»^, si on donnait aux plaques inclinées une épaisseur e cos «p {fig. 363) un projectile qui frapperait normalement le talus en question aurait besoin, pour traverser, d'avoir une vitesse au choc

V, = Ke^'^ Cos ^^>\

Mais rhypothèse d'un projectile tiré à très grande distance revient à admettre que Tobus vient toujours frapper la cuirasse dans la môme direction ab sensiblement horizontale ; ce projectile fait alors avec la normale à la plaque oblique un angle 'f , et sa vitesse stricte de perforation est

KcO-'^CosoO'^

Cos o

KcO''^Cos<f-0'3.

La vitesse stricte de perforation qui était tout à l'heure égale à V est devenue Vj, et

Cos 9^

Sur la plupart des navires à pont en dos de tortue, la partie horizontale du pont est placée au-dessus de l'eau, aussi haut tout au moins que sur les cuirassés français. Dès lors, que Ton dispose les plaques sur la muraille même, ou qu on les reporte à l'intérieur en les inclinant plus ou moins, cela ne modifie en rien la hauteur verticale qu'il est nécessaire de couvrir par un blindage. La hauteur h du talus est égale à la distance qu'on devrait admettre entre les cans inférieur et supérieur de la cuirasse, si celle-ci était appliquée sur les flancs.

11 résulte de là que, si on donne aux plaques inclinées d'un angle «p une épaisseur e cos o, le poids du talus ne varie pas : en effet, la surface de chacune des sections transversales est constante,

Cos,

X 6 Cos o = he.

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