PONTS PROTECTEURS CONTRE LES PROJECTILES SJODERNES
contrée par un projectile plein. Si les projectiles à explosifs nous semblent \os plus puissants engins dont on dispose pour avoir raison d'un cuirassé, a fortiori nous sommes d'avis que ce sont les seuls dont on doit se servir contre un croiseur protégé. Mais alors, se placer au point do vue des projectiles pleins, c'est rétrograder de plusieurs années en arrière. Aujourd'hui, sur un navire dépourvu de toute cuirasse de cofTerdam, un pont en forme de lalus devrait avoir de 150 à 200 millimètres, au moins dans la partie horizontale comme dans la partie inclinée, si ce sont là les épaisseurs qu'on juge sufûsantes après expériences pour que le projectile, explosant au contact, ne crée pas de fragments projetés à l'intérieur, nouveaux projectiles encore plus dangereux que les fragments d'ohus. La protection ne peut être efficace tant que de tels débris sont à craindre.
Or, il est pratiquement impossible d'admettre, sur toute la superficie à couvrir, des blindages suffisamment épais dès qu'on ne se contente pas d'un pont blindé horizontal servant simplement de pare-éclats, disposition qui est seule capable d'assurer la protection absolue des fonds. Cette forme était la meilleure même quand on se servait seulement d'obus de perforation, mais on pouvait concevoir qu'en donnant à la partie horizontale et aux plaques inclinées des épaisseurs convenables, il fût encore possible de garantir suffisamment le navire quoique moins bien. Aujourd'hui c'est impossible ; le pont protecteur horizontal assez au-dessous de l'eau est le seul rationnel.
Il est difficile que les exigences des appareils moteurs et évaporaloiresn'obligent pas à admettre la suppression de cette protection efficace sur une partie de la longueur. Mais elles ne forcent pas à la supprimer de bout en bout du navire. On devrait maintenir, au contraire, le pont au-dessous de l'eau sur toute la longueur, sauf à l'aplomb des parties qu'il est indispensable de surélever au-dessus des cylindres et des machines. L'économie de poids très considérable qu'on réalise, en employant un simple pont protecteur pare-éclats, permettrait alors de protéger la petite boîte qui ferait ainsi saillie au-dessus du pont protecteur, en l'entourant d'un blindage épais sur toutes ses faces, et de disposer, en divers points de la longueur, des traversesindispensables pour empêcher les coups d'enfilade de rencontrer directement le pont protecteur. C'est dans ces conditions seulement que la cuirasse qui est destinée à concourir à la défense du navire protégé nous semble devoir être efficace.