‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 51 sur 290 · Partie borixooUle · texte numérisé non relu

Partie borixooUle

Grands cuirassés

Tage

iOO

Cécille

Jean Bart

Davout

Quand un projectile frappe un pont, ou, d'une manière générale, s'il rencontre une cuirasse trop mince sous un angle s'écartant beaucoup de la normale, il semble que le souffle vienne d*abord emboutir en quelque sorte la plaque qui se relève devant la pointe et peut alors être percée si l'empreinte est trop profonde. Si c'est bien ainsi que les choses se passent, on voit que l'épaisseur de la plaque doit être suffisamment forte pour ne pas s'emboutir au point d'empêcher le ricochet. En se déformant de manière à présenter un obstacle au projectile, elle serait presque infailliblement percée. En définitive il faut donner au pont une épaisseur assez forte, à déterminer par des expériences, et bien qu'il soit difficile d'admettre qu'il n*y a aucune proportionnalité à établir entre l'épaisseur de la cuirasse de pont et celle de la cuirasse des flancs, verticale ou inclinée, on conçoit que pour résister à des projectiles de calibres très différents, depuis 10 jusqu'à 34 centimètres par exemple, l'épaisseur du blindage de pont puisse avoir besoin de varier dans de moindres limites que l'épaisseur de la cuirasse de flancs.

Parmi les expériences récentes que nous connaissons, celles qui nous paraissent les plus instructives sont celles qui ont été exécutées en juillet 1891 au polygone (ïlndian Head (').

On disposa deux lots de plaques, l'un fourni par Cramp and SonSy l'autre par Carnegie Phipps and C*.

Les premières, tout en acier, avaient 63™",5 d'épaisseur, et étaient formées par deux plaques superposées ayant chacune 31»", 7.

(') Ces renseignements sont extraits de VEttide sur V organisation de la défense des côtes des Etats-Unis, par M. le U^ Lieutenant M. WeaverR. Q. M. de l'artillerie des Etats-Unis, publiée dans le Journal of the United States Artillery (Avril I8y2) et traduit en français par M. le Lieutenant de Vaisseau Louél {Revue Maritime et Coloniale, Juillet et Août 1893).

Les secondes étaient en nickel-acier de 76"»",2 d'épaisseur, composées comme les précédentes de deux plaques superposées.

Les plaques faisaient un angle de 22° avec Taxe de la pièce, c'est-à-dire que l'incidence était de 68% comptée à partir de la normale.

On attaqua ces plaques avec un canon de 15 centimètres lançant des projectiles en fonte dure, trempés à la glace. La vitesse au choc était de 461 mètres.

Les projectiles pesaient 45^357. Chaque plaque reçut 5 coups. Tous les projectiles ricochèrent après avoir déterminé sur les plaques des empreintes elliptiques allongées, d'une profondeur variant de 76 millimètres pour les plaques Cramp à 48 millimètres pour les plaques Carnegie.

La conclusion à tirer de ces expériences, ainsi que d'un certain nombre d'autres, est que les plaques en acier d une certaine épaisseur dévient le^ projectiles qui les rencontrent sous une incidence supérieure à 60* comptée à partir de la normale à la plaque.

En Tabscnce d'autres données, on peut admettre que des ponts de 5 centimètres ont des chances de faire ricocher les projectiles de canons de moyen calibre, tirés dans ces conditions; on peut supposer également que des cuirasses de 8 à 9 centimètres rencontrées de même par les projectiles des canons des plus fo/^ts calibres provoqueraient également le ricochet.

En un mot, l'épaisseur des ponts blindés des navires de guerre paraît suffisante contre les obus de rupture, mais cependant il est difAcile de dire si .*> centimètres n'est pas un peu fort ou un peu faible, et on doit faire attention que la moindre modification dans l'épaisseur de la cuirasse de pont entraîne une différence de poids considérable.

D'ailleurs la question perd de son intérêt si on admet avec nous qu'il faut absolument soustraire le pont au choc direct des projectiles à cause de la manière dont se comporteraient les obus modernes.

G. Ponts protecteurs contre les projectiles modernes.

La discussion précédente présente un certain intérêt, malheureusement un peu rétrospectif. Il nous parait bon qu'on sache apprécier la valeur relative des cuirasses d'épaisseurs différentes suivant qu'elles sont disposées de telle ou telle façon. Il nous semble utile qu'on se rende compte qu'avec une cuirasse de flancs inclinée, la protection contre les projectiles pleins est probablement moindre qu'avec une cuirasse de flancs verticale de même poids, et que pour de faibles inclinaisons cela peut être vrai, même en tenant compte de la suppression d'une partie de la cuirasse du pont.

Toutefois nous ne saurions trop mettre en garde contre le mode de raisonnement qui consiste à envisager seulement le cas où une cuirasse est ren-

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