‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 54 sur 290 · A. MATIÈRES INTERPOSÉES ENTRE LE PLATELAGE ET LES PLAQUES · texte numérisé non relu

A. MATIÈRES INTERPOSÉES ENTRE LE PLATELAGE ET LES PLAQUES

4^99. Matelas. — Entre le double bordé sous cuirasse et les plaques épaisses de la ceinture des grands cuirassés, on interpose un matelas en bois de leak. Le matelas est destiné à amortir les vibrations causées par le choc d'un projectile, vibrations qui pourraient compromettre la solidité des assemblages de la charpente métallique ; il répartit le choc sur unelarge surface et prévient les dégâts locaux. EnQn, il sert généralement avec le double bordé à arrêter les fragments de plaques et de projectiles.

Des expériences faites en France et en Angleterre ont montré que sous des inciiences faibles, le matelas était plus nuisible qu'utile. Nous avons-

indiqué (p. 105) la façon dont les projectiles pleins agissent sur les plaques <{uand ils les rencontrent sous un angle s'écartant beaucoup de la normale. L'emboutissage est d'autant plus prononcé que le pont est plus flexible et h parité des autres conditions, un pont avec matelas a plus de chances d'être percé qu'un pont sans matelas parce que ce dernier est beaucoup plus rigide. En conséquence on ne met plus de matelas sous les plaques de pont.

En France, on a pour la même raison supprimé le matelas des tourelles. Enûn quand il s'est agi de blinder les œuvres-mortes des nouveaux navires, on a décidé d'appliquer directement le blindage sur le double bordé sans interposition du matelas à cause des effets purement locaux des projectiles spéciaux auxquels ces cuirassés sont surtout destinés à résister.

En résumé, le matelas n'est plus employé aujourd'hui que sous la ceinture épaisse des grands cuirassés. Même, dans ce cas, l'utilité du matelas, pour préserver la charpente sous cuirasse en empêchant les chocs de se transmettre directement à celte charpente, paraît discutable ; elle ne ressort nullement des expériences faites à Gàvre. Mais le matelas présente pour le constructeur l'avantage très sérieux de faciliter la mise en place des plaques ; la surface intérieure de celles-ci n'a pas besoin d'être aussi parfaite, et l'épaisseur peut n'être plus strictement la même sur les cans des deux plaques voisines ; on peut racheter de légères irrégularités en faisant subir au matelas des retouches faciles et peu coûteuses. D'autre part, on n'a pas à craindre qu'un défaut de portage amène à donner aux boulons de tenue des plaques, au moment du serrage, une tension initiale trop forte.

Dans cet ordre d'idées, de faibles épaisseurs suffisent. Du moment que l'utilité du matelas au point de vue du combat ne paraît nullement démontrée, il vaut mieux diminuer l'élasticité de la charpente sous blindage, en réduisant la largeur de la tablette, et en consacrant à renforcer la membrure le poids gagné par la diminution du matelas ; une très grande rigidité est indispensable pour obtenir le maximum de résistance du blindage, surtout avec les plaques compound. — L'épaisseur du matelas qui atteignait 40 à 50 centimètres sur les anciens cuirassés, est descendue à 10 centimètres sur les cuirassés construits depuis quelques années en France et en Angleterre, et cette épaisseur est encore légèrement réduite en approchant des extrémités.

La décomposition du matelas en virures doit être étudiée de manière que les virures soient traversées par les boulons de blindage à quelque distance de leurs cans. On doit aussi tenir compte de la dimension des pièces de teak qui ont rarement plus de 0",50 d'épaisseur et plus de 9 mètres de longueur.

!^aO. Tenue du matelas. — Les virures de teak qui constituent le matelas sont tenues au bordé on tôle par des boulons. On se sert de boulorts en acier de 28 millimètres, à tètes circulaires plates, très larges.

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