Compartimentage des garde-côtes cuirassés
Le cloisonnement d'un garde-côtes cuirassé doit être établi d*après le^ mômes principes que celui d'un grand cuirassé; la protection due au cuirassement étant la môme, la protection à demander au compartimentage sera analogue. Seulement les dimensions étant plus petites, il devient, en général, impossible de mettre deux cloisons longitudinales en abord dans la région des machines et des chaudières ; en conséquence on devra toujours maintenir le vaigrage. D'un autre côté, le tirant d'eau étant plus faible, on ne pourra pas écarter autant le pare-éclats du pont blindé principal. On devra, autant que possible, les mettre à une distance d'au moins 80 centimètres à 1 mètre, et faire le pare-éclats suffisamment épais.
Malgré tout, à moins de devenir un simple monitor, c'est-à-dire un cuirassé sans superstructure, le garde-côtes cuirassé présente forcément au point de vue de la protection une infériorité marquée sur les grands cuirassés. Pour des navires de cette classe, il y a intérêt à supprimer franchement les ceuvres légères : la stabilité est alors mieux garantie que par une tranche cellulaire au-dessus du pont principal et, si la navigabilité est un peu sacrifiée, il ne faut pas oublier qu'il ne s'agit nullement de bâtiments de haute mer, mais de bâtiments fortement défendus, capables de tenir tète à des cuirassés d'escadre, qui s'aventurerait par beau temps, le long des côtes. C'est peut-être sur un monilor ainsi compris, que l'emploi d'une cuirasse épaisse est le plus justifié.
G. COMPARTIMENTAGE DES CROISEURS (*)
180. Compartimentage des croiseurs au-dessous du pont blindé. — Sur les croiseurs, le compartimentage est un peu différent de celui des cuirassés, parce que, d'une part, la protection n est pas établie d'après la môme base et que, d'autre part, la charpente transversale est beaucoup moins développée.
Si nous considérons d'abord la partie du navire qui se trouve au-dessous du pont blindé, nous trouvons qu'en général, il y a à la partie inférieure un double fond, régnant sur la plus grande partie de la longueur du navire, au moins sous les machines et les chaudières. Nous savons déjà
(^) Voir les coupes longitudinales des croiseurs, représentées PI. II et II], et les coupes au milieu divers croiseurs, chap. XI.