COMPARTIMENTAOE DES CROISEURS AU-DESSOUS DU PONT BLINDÉ
que l'emploi du double fond peut être maintenu tant que le navire n'a pas moins de 2 500 tonneaux. Les navires plus petits n'en reçoivent pas.
En abord, il n'est plus possible de prolonger le vaigre jusqu'au pont blindé. Un tel revêtement serait à la fois très coûteux et peu efficace sur des navires, dont la membrure des flancs est simplement formée d'un acier en U ou en Z de 350 millimèlres au plus de hauteur. On se contente donc d'établir une cloison longitudinale étanche en abord, ce qui est toujours possible, même sur les plus petits croiseurs, en inclinant au besoin la cloison et en la limitant aux compartiments principaux, ceux qui contiennent les machines, les chaudières et les principales soutes à munitions. L'espace compris entre le bordé et la cloison est utilisé comme soute à charbon. Si la protection contre les torpilles est moins efficace, il ne faut pas oublier que ces bâtiments offrent une cible moins étendue aux coups de l'ennemi, et sont plus rapides et plus manœuvrables.
Le bâtiment est d'ailleurs divisé dans le sens de la longueur par un nombre assez grand de cloisons transversales étanches. Ajoutons à cela une cloison diamétrale étanche plus ou moins longue et toutes les petites subdivisions étanches nécessitées par les aménagements spéciaux dans chacun des compartiments.
Enfin, si le pont blindé monte en partie au-dessus de la flottaison, on établit, à une petite distance de ce pont, un pare- éclats dans les compartiments principaux. Ce pare-éclats règne seulement entre les deux cloisons latérales sur lesquelles il s'appuie. On Técarte autant que possible du pont blindé, mais cela est quelquefois difficile parce qu'il faut trouver audessous de lui la place pour loger les machines et les chaudières. Cependant, comme les ponts qui ne sont pas entièrement au-dessous de l'eau ont une forme en dos de tortue ou un bouge très accentué, le pare-éclats qui est horizontal peut, dans beaucoup de cas, rester à une distance suffisante de la partie réellement vulnérable du ï)ont protecteur, tout en venant à peu près à toucher le pont en abord, à sa rencontre avec la cloison latérale.
Si le pont protecteur est placé assez au-dessus delà flottaison pour n'être en aucun cas atteint directement par les projectiles, le pare-éclats devient inutile et est supprimé.
Nous ne retrouvons plus, de bout en bout, le coffre intérieur entouré par un réseau cellulaire. Sur les cuirassés, les cloisons latérales ne vont pas de la cloison de collision à la cloison de l'extrême arrière, mais une des cloisons latérales au moins va jusqu'à une des cloisons transversales les plus voisines de celles-là, et. comme souvent sur les navires récents le vaigre règne jusqu'aux cloisons transversales extrêmes, nous avons pu, à bon droit, représenter tout l'espace compris entre ces deux cloisons comme une grande boîte protégée sur toutes ses faces par un compartimentage très développé. Sur les croiseurs, même sur les plus grands, les compartiments extrêmes, situés sur l'arrière de la cloison de collision ou sur l'avant de la dernière cloison de l'arrière, ne sont garantis ni par un vaigre, ni par
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des cloisons latérales, ni par un pare-éclats. Seule la région comprise entre la dernière cloison qui limite les machines à Tarrière et celle qui limite les chaufferies sur Tavant présente ce caractère de coffre intérieur garanti sur tous les côtés s'il s'agit d'un grand croiseur à pont en dos de tortue montant jusque dans le voisinage de la flottaison. Ce sont, en somme, les appareils les plus importants qui se trouvent placés dans le coffre protégé, et, même sur les petits croiseurs où il n'y a ni double fond ni pare-éclats, les machines et les chaudières au moins sont protégées par des cloisons latérales.
100. Tranche cellulaire au-dessus du pont blindé des croiseurs. — Si nous passons à la partie située au-dessus du pont protecteur, l'espace compris entre ce pont et le pont de batterie est, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, divisé en une multitude de petits compartiments qui lui ont fait donner le nom caractéristique de tranche cellulaire. C'est ce compartimentage qui constitue la véritable défense des navires dits protégés, dans lesquels rentrent les cuirassés italiens et les croiseurs de toutes les nations. Nous n'insisterons pas longuement sur la protection ainsi réalisée; nous avons déjà eu l'occasion de montrer qu'elle était la partie capitale du système défensif des navires de combat moderne. Tout ce que nous avons dit à propos du cloisonnement de l'entrepont situé au-dessus du pont principal des cuirassés s'applique ici ; mais les conséquences de l'invasion de l'eau seraient autrement terribles si le cloisonnement n'était pas infiniment plus développé, et cela pour deux raisons.
D'une part, il n'existe pas sur les flancs, à la hauteur de la flottaison de cuirasse épaisse. Une brèche peut être ouverte à la hauteur de la Hottaison ou même un peu au-dessous, tandis que, sur les cuirassés, il n'y a guère de probabilité pour qu'un obus frappant au-dessous du can supérieur de la cuirasse épaisse, c'est-à-dire au-dessous d'une ligne tracée à environ 50 centimètres de la flottaison, vienne à ouvrir une déchirure sérieuse dans la muraille.
D'autre part, le pont protecteur s'abaissant, en général, en abord, il existe le long de la muraille, un fossé dans lequel tomberait l'eau qui pénétrerait par une brèche voisine de la flottaison; le navire s'inclinerait de plus en plus, à mesure que ce fossé se remplirait ; le navire s'inclinant, le fossé grandirait en même temps que la brèche s'abaisserait et le chavirement pourrait se produire en quelques minutes. On voit toute l'importance que présente le compartimentage spécial qui doit mettre le bâtiment à l'abri d'un semblable désastre.
Nous ne reviendrons pas sur le détail de la constitution de ces tranches cellulaires, qui a déjà fait l'objet d'une étude approfondie. On trouve dans les chap. XI et XII la description des principaux systèmes de construction de tranche cellulaire. Nous nous contenterons d'en résumer ici très sommairement les grandes lignes.
Le plus souvent la tranche cellulaire est limitée à sa partie supérieure