‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 62 sur 290 · C. MODE D'ATTACHE · texte numérisé non relu

C. MODE D'ATTACHE

S38. Boulons prisonniers. — Les plaques sont tenues sur le double bordé sous cuirasse au moyen de boulons prisonniers ne pénétrant dans la plaque que d'une faible quantité. Si on employait des boulons ira-

(') Voir fg. 288, t. I, p. 356

versant^ le logement de la tête de chaque boulon créerait à l'extérieur un point faible qui pourrait donner naissance à des fentes rayonnantes. Cet inconvénient serait très sérieux avec les plaques en acier ou compound; Tacier, formant tout ou partie de la plaque, se fend franchement dans toute son épaisseur et les fragments tombent s'ils n'ont pas de points d'attache très nombreux. On est donc conduit à multiplier les boulons et sj rattache constituait un point faible, on voit qu'il y aurait là un danger; on l'évite en se servant de boulons prisonniers. Le logement du boulon dans la plaque est peu profond, qu'il s'agisse de blindages en acier ou compound : dans ce dernier cas, il doit être entièrement compris dans le fer. Les houloyis du Creusoty à peu près uniquement employés en France, ne pénètrent dans la plaque que d'une faible quantité, 70 millimètres pour les cuirasses les plus épaisses.

Les boulons se font en acier. Ils sont, comme l'indique la fig. 373, vissés

Fig. 373

<ians un trou borgne pratiqué dans la plaque. La tenue sur le double bordé «st obtenue au moyen d'un écrou serré par l'intérieur. Entre lecrou et la tôle du bordé, une rondelle de caoutchouc, comprimée entre une contrerondelle en tôle et une coupelle d'acier emboutie amortit les chocs et -empêche la rupture du boulon. La coupelle et la rondelle en tôle ont la forme hexagonale, la rondelle en caoutchouc est circulaire. Le caoutchouc fait rétanche au passage du boulon dans le bordé, mais ce n'est pas son principal rôle : l'interposition d'une matière élastique a surtout pour objet •d'empêcher l'écrou d'être arraché par le choc et projeté à Tin lérieur. Dans le même but, on tourne le corps du boulon à un diamètre un peu moindre que le fond du filet de la vis ; si on ne prenait pas cette précaution, le fond du filet constituerait le point le plus faible et la rupture se produirait presque infailliblement en cet endroit. L'élégissement du corps du boulon •est étudié de manière à amener cette partie à peu près à l'égalité de résistance avec la section de cisaillement des filets engagés dans la plaque, cela permet au boulon de résister convenablement à des etTorts de force vive.

Dans ces conditions, lorsqu'un projectile vient frapper la plaque et la refouler vers l'intérieur, les boulons suivent le blindage dans son mouvement en coulissant à travers les trous du platelage, ils ne subissent alors

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