‹ Architecture navale; construction pratique des navires de guerreChapitre 69 sur 290 · BOULONNAGE DES PLAQUES DE PONT · texte numérisé non relu

BOULONNAGE DES PLAQUES DE PONT

la faible longueur en prise dans le platelage, multiplier considérablement le nombre des prisonniers. Pour des blindages de 45 centimètres, tenus sur un platelage de 30 millimètres en deux tôles de 15, on emploie des prisonniers ayant 60 millimètres bors filet; en admettant seulement 85 centimètres de section de boulonnage par tonneau de plaques, on arrive à avoir à peine 23 centimètres de distance entre les prisonniers, ce qui ne laisse, pour ainsi dire, pas la place de mettre les vis de capitonnage. Dans i*espace de un mètre carré, il y a dix-huit gros prisonniers et de nombreuses vis.

En réduisant la section par tonneau de plaques, on diminuerait un peu le nombre de ces trous ; mais le platelage n en serait pas moins beaucoup trop percé, et c'est là, comme nous Tavons indiqué, un des nombreux inconvénients de Temploi d'une semblable tenue pour des plaques épaisses.

S'IT. Boulonnage des plaques de ponl. — On détermine les diamètres de plaques de pont au moyen de la formule

D = 1,125 v15 qui donne les diamètres ci-dessous.

Epaisseur des plaques Diamètre des boulons

I^s plaques de pont étant peu épaisses, on place un nombre de boulons assez considérable, 4 à 5 par mètre carré. La section totale des boulons (|ui maintiennent un tonneau de plaques de pont est donnée par la relation

On les dispose par files longitudinales; leur répartition déi)end naturellement de la largeur des plaques, de Técartement des barrots et de la position des joints du platelage. Tous ces éléments doivent être étudiés simultanément dès le début de la construction du pont.

134 CHAP. XXV. — APPEXDICB

APPENDICE

Résistance des plaques à la perforation

Nous avons indiqué dans le chapitre précédent la voie dans laquelle il semble qu'on puisse chercher pour améliorer les plaques d'acier, elles résultats remarquables dus au harveyage. Il nous paraît utile de mentionner ici les formules expérimentales les plus convenables pour calculer la perforation des plaques de diverses natures. Cela nous permettra de préciser les progrès accomplis en les chiffrant.

Ce sont des documents très intéressants pour le constructeur, quelle que soit son opinion sur Tattaque et la défense. Nous avons tâché de montrer que les iiavires de guerre devaient être attaqués par des obus à grande capacité d'explosifs, et que par suite ils devaient à Vavenir être étudiés en vue de résiste}^ à ces obus. Cela conduit à des navires analogues aux cuirassés italiens et aux grands croiseurs cuirassés anglais, américains, russes, espagnols, ou bien à des bâtiments protégés presque sans cuirasse, c'est-à-dire à des navires sur lesquels remploi de la cuirasse est réduit au strict nécessaire pour protéger les fonds et quelques pièces de canons. Dans la plupart des cas, il y a bénéfice à augmenter Tartillerie ou la vitesse du navire de préférence au poids du blindage. Néanmoins comme, même en limitant la cuirasse au pont, à quelques canons et à quelques passages, on sera toujours forcé d'avoir recours à des blindages d'épaisseur modérée, il est logique de chercher à prendre ceux qui offrent les plus grandes garanties. Or, il est difficile de se rendre compte de leur valeur contre des obus à explosifs de divers types dont le dispositif d'inllammation est plus ou moins bien installé ; il est donc rationnel de classer les cuirasses en partant de la résistance qu'elles offrent aux projectiles de rupture. C'est ce que nous allons faire en empruntant les renseignements qui suivent à la très remarquable étude (*) de M. le chef d'escadron d'Artillerie VaUier dont la haute compétence est bien connue, et en citant presque textuellement.

(») Méthodes et formules de balistique expérimentale. Bévue d'Artille^He^ 1893 et

RÉSISTANXE DES PLAQUES A LA PERFORATION i35

A. Perforation en tir no)*mal

a) Cuirassement en fer forgé, formule de Krupp. — D'après les expériences de la maison Krupp, il conviendrait d'employer pour les cuirassements en fer forgés les formules suivantes :

(I) E = p\' = 50 ^ga' (î\t = [3,1877]a' /| \g

(If E = p\' = T.g^ I 38 I -^ 12 (ly j

E, énergie balistique du projectile étant évaluée en kilogramme très ;

p, poids du projectile, en kilos ;

V', vitesse, en mètres par seconde ;

a, calibre du projectile, en centimètres;

f, épaisseur de la plaque, en centimètres.

S'il y a un matelas de bois derrière la plaque, sa résistance est prise égale au */io ou an V20 de celle d'une plaque en fer forgé de môme épaisseur, suivant que le matelas est ou non armature avec des cornières.

La résistance du platelage, disposé derrière le matelas, s'ajoute aux résistances précédentes et s*é value par la formule ordinaire.

Lorsque plusieurs plaques sont placées les unes contre les autres, on admet que l'énergie nécessaire pour les traverser est la somme des énergies partielles (').

On a ainsi, pour une plaque d'épaisseur e, un matelas e (sans cornières), et un platelage e", l'expression

Formules de Gâvre. — Pour les perforations des plaques en fer, on admet à Gdvre la relation empirique

(*) On voit qu'il y a, comme nous Tavons indiqué p. 115, désavantage à constituer le blindage au moyen de plusieurs plaques adossées.

<5 3 | <j' 3 <^ (e 4. tf-) à

qui peut s'écrire

(3»>'^) E=:r 9,0144 fl^e*'^:a*'^

la perforation du matelas en bois a pour expression

ou

Dans ces formules, l'épaisseur e de la plaque et le calibre a du projectile sont exprimés en prenant le mètre pour unité.

5) Cuirassement en plaques compound, — On peut apprécier Ténergie nécessaire à la traversée d'une plaque compound en ajoutant à celle relative à la plaque de fer, déterminée comme il vient d'être dit, l'énergie calculée pour la plaque en acier par la formule spéciale à ce métal. Cela donne un minimum ; dans tous les cas, l'énergie est plus grande que ne l'indiquerait cette méthode.

On peut aussi employer une formule unique et suffisamment approchée en modifiant d'après les indications de l'expérience, le coefficient numérique de la formule (1) relative à une plaque de fer, ce qui revient à prendre Téquation

c) Cuirassement en plaques d'acier doux. — La formule empirique de Gàtre^ établie par M. le Lieutenant-Colonel d'Artillerie de Marine Jaco6 de If ane dans le cas des aciers doux, est avec les unités indiquées plus haut.

(6) E = 9,2694 a^ (iV^* : a^^

M. le Lieutenant de vaisseau Louël Ta simplifiée en la modifiant légèrement ; il est arrivé h la relation empirique à la fois très simple et très exacte

(7) e = KaVOJ

K étant une constante pour chaque calibre.

Ces formules s'appliquent aux plaques de fabrication française attaquées par des projectiles de môme fabrication en acier chromé Holtzer,

Dans le cas où les projectiles de rupture de différents calibres sont semblables, le facteur K est sensiblement indépendant du calibre.

Page 1