PAVOIS ET GARDE-CORPS
Lorsque le bâtiment n'a pas de tourelles ni d'encorbellements en aborda la bauleur des gaillards, les pavois sont souvent disposés dans le prolongement do la muraille des œuvres-mortes dont ils continuent les formes. Dans ce cas, il peut y avoir au-dessus des pavois un entrepont formant spardeck. La construction de cet entrepont n'offre rien de particulier; s'il doit supporter des canons de moyen calibre placés au-dessus de lui, sa construction doit être robuste et la membrure du spardeck continue celle des œuvres-mortes ; si ce pont doit simplement recevoir des mitrailleuses ou de petits canons à tir rapide, on peut le faire léger et alors sa charpente est indépendante de celle des œuvres-mortes.
250. Pavois ordinaires. — Sur beaucoup de navires, les pavois servent seulement à défendre les hommes contre la mer. Ils n'ont pas alors besoin de s'élever aussi haut que dans le cas précédent : ils montent jusqu'à une large pièce de bois appelée plat-bord ou lisse d'appui, vissée sur des cornières reliées aux pavois (/?//. 385 et 386). Autrefois le plat-bord et
Fig. 385
Fig. 386
Fig. 387
la hssc d'appui formaient deux pièces distinctes, dont la première était placee vers le bas des pavois à peu de distance du pont, tandis que la seconde termmait les pavois à leur partie supérieure. Aujourd'hui les deux pièces n'en font plus qu'une et on donne indifféremment l'un ou l'autre nom à la lisse d'appui qui est placée à i™,20 environ au-dessus du pont des gaillards. Lorsqu'il n'y a pas de pavois, la pièce de bois qui termine le bordé de pont en abord ix)rle toujours le nom de plat-bord.
Sur une certaine portion de la longueur, les pavois peuvent être surmontés par une caisse de bastingages, la lisse d'appui est alors supprimée (fiff, 387) ; cependant, une moulure extérieure vissée sur le haut du pavois continue quelquefois cette pièce, simplement pour satisfaire la vue.
Les couples s'arrêtent aux gaillards, et le bordé, prolongé par des téles minces, est soutenu par des jambeltes en fer forgé (fy. 385), en tùlos embouties (/7^. 380) ou en cornières (fi^. 387). Il est mauvais de tenir ce
PAVOIS RABATTABLES
prolongement du bordé sur la membrure des œuvres-mortes en faisant traverser le gaillard par les couples. D'abord, la construction est plus coîliteuse parce qu'il faut se préoccuper de faire Tétanche au passage des membrures à travers le bordé de pont. Ensuite, lorsqu'il y a des canons dans Taxe, cette disposition a le grave inconvénient de donner prise au souffle des pièces qui peut ainsi détruire ou au moins ébranler la jonction du bordé des pavois avec le pont.
251. Pavois rabattables. — Sur certains navires, l'installation de canons dans Taxe exige, pour que le tir négatif soit assuré, la suppression de toute saillie presque jusqu'au ras du pont des gaillards. Aussi, quand il s'agit des pièces extrêmes, on ne met pas toujours de pavois dans la région que leur souffle peut balayer et le plat-bord est au ras du pont ; il est surmonté par de simples chandeliers de garde-corps amovibles ou rabattables au combat et d'une manœuvre très facile, dans le premier cas surtout. Cette disposition est fréquemment employée sur les grands cuirassés dont le pont des gaillards est assez élevé au-dessus du niveau de la flottaison.
Très souvent, sur ces navires, il existe simplement un spardeck entre les
deux tourelles extrêmes placées dans l'axe ; il n'y a ni teugue, ni dunette,
ni pavois aux extrémités.
Lorsqu'il s'agit de bâtiments plus petits, le pont des gaillards se trouve
beaucoup plus rapproché de la flottaison. Sur ces navires ainsi que sur les
grands bâtiments à franc-bord bas, il est nécessaire de maintenir les pavois
pour se préserver contre la mer, mais il faut
pouvoir les abaisser momentanément pour le
combat. On installe alors au-dessus du platbord des pavois rabattables. Ceux-ci sont
formés de panneaux en tôle, raidis par un
cadre en cornières et installés de manière à
pouvoir pivoter autour d'un axe horizontal. Les panneaux doivent rester maniables et
par conséquent n'être ni trop lourds, ni trop
grands. De plus, dans les parties courbes de
l'arrière, ils doivent être de dimensions telles
que les charnières forcément reportées à l'extérieur n'aient pas une saillie exagérée. On
ne leur donne jamais plus de un à deux
mètres de long.
Quand le pavois est relevé, chacun des
cadres est fixé aux voisins ou aux pavois fixes, suivant le cas, au moyen d'écrous à charnières et d'agrafes placées sur la cornière qui forme le côté vertical du cadre. La tenue du pavois est assurée par un tirant amovible t, disposé comme l'indique la'/î/;. 388. Pour pouvoir remonter le pavois lorsqu'il est rabattu, on le munit d'un levier à
Fi^. 388