COMPARTIMENTAGE DBS CROISEURS AU-DESSUS DU PONT BLINDÉ
par un pont de batterie continu allant jusqu*en abord. Elle se compose d*un cofferdam subdivisé par un plus ou moins grand nombre de cloisons transversales, en dedans duquel se trouve disposée une coursive dans laquelle on peut circuler pour venir, en cas de besoin, bourrer dans le cofferdam de l'étoupe et des matières encombrantes aQn de boucher une brèche. Puis la partie ainsi découpée est à son tour subdivisée par un grand nombre de cloisons transversales, dont quelques-unes, régnant jusqu'en abord, se prolongent pour former les cloisons de la coursive et les cloisons principales du cofferdam, et par un nombre assez grand de cloisons longitudinales ; les dernières cloisons, toujours étanches au pied, peuvent ne pas être étanches à la tète si le pont de batterie est sufQsamment élevé. Dans cette hypothèse, en effet, l'eau ne pourrait atteindre la partie supérieure de ces cloisons qu'au cas où le bâtiment serait déjà en train de chavirer. Seules, la cloison qui limite le cofferdam et quelquefois celle de la coursive doivent être complètement étanches. La grandeur des cellules, soit du cofferdam, soit de l'intérieur est très différente suivant qu'on doit ou non les remplir de matières encombrantes. Elle doit être calculée de telle sorte que l'invasion de l'eau dans plusieurs cellules ne mette pas la stabilité du navire en danger. La subdivision doit être poussée plus loin en abord que dans la partie centrale.
Sur les p)etits croiseurs, pour donner à la protection cellulaire une hauteur suffisante en abord, on trouve avantage à faire monter le cofferdam plus haut que le pont de batterie, qui est alors limité à la cloison longitudinale bordant intérieurement le cofferdam. Les cloisons transversales et longitudinal«^, placées en dedans, sont moins hautes que les cloisons du cofferdam. Elles doivent, par conséquent, être absolument étanches, à la tête comme au pied ^ qu'il s'agisse de cloisons disposées dans le sens de la longueur ou dans le sens de la largeur; en effet, l'eau peut monter jusqu'à rinterseclion de l'une des cloisons longitudinales avec le pont, avant que le bâtiment n'ait pris une inclinaison qui le mette en danger. Il faut donc une étanchéité absolue, d'autant moins coûteuse à réaliser que dans ce cas il est assez naturel de supprimer le barrotage du p)ont de batterie.
Nous ferons remarquer pour terminer que, au-dessus d'un pont blindé, une cloison centrale ou deux cloisons voisines de l'axe offrent seulement des avantages et n'ont aucun inconvénient au point de vue commun de la protection et de la stabilité. Nous nous sommes efforcé de montrer § 179 combien le rôle de l'eau était différent suivant qu'on avait affaire à un compartiment plein ou au contraire à un chargement liquide dont le niveau n'atteignait pas le plafond du compartiment. Ici, nous nous trouvons dans le voisinage immédiat de la flottaison ; même en supposant qu'il soit entré une certaine quantité d'eau à bord par les brèches ouvertes dans la muraille, cette eau n'atteindra vraisemblablement pas le pont qui limite la tranche cellulaire à sa partie supérieure si, comme il est naturel de le supposer, on a eu le soin de donner à cette tranche une hauteur convenable. Nous avons donc affaire à un lest liquide mobile et on sait que, dans ce cas, l'emploi de 11 2
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cloisons longitudinales, à peu près parallèles à Taxe d'inclinaison ou de chavirement (*), a pour effet de conserver une valeur beaucoup plus élevée à Tangle de chavirement, qui pourrait devenir extrêmement faible si ces barrages n existaient pas. 11 n'y a donc aucune raison pour se dispenser d'en mettre, et, si les cloisons longitudinales des trancher cellulaires sont souvent plus espacées au voisinage de l'axe que sur le côté, c'est que celles des flancs seront seules efficaces au moment où Teau commencera à monter en produisant un très petit angle d'inclinaison. Gomme on cherche avant tout à protéger le navire pour qu'il puisse continuer le combat le plus longtemps possible, il y a tout intérêt à rapprocher davantage les cloisons longitudinales d'en abord, puisque, plus la carène liquide intérieure se trouve subdivisée dans le sens de la largeur, moins la diminution de stabilité résultant de l'invasion do Teau est dangereuse. Quant aux cloisons voisines de l'axe, c'est seulement quand le navire aura pris une certaine inclinaison qu'elles entreront en jeu, elles ont plutôt pour but de le sauver du chavirement que de lui permettre de continuer efficacement l'action. Cette fonction est assez importante pour qu'on y prenne garde, et nous croyons avoir établi nettement que cet avantage des cloisons diamétrales placées au-dessus du pont blindé n'est acheté au prix d'aucun inconvénient.
Bien que la réduction de stabilité longitudinale puisse paraître, à première vue, moins dangereuse que la diminution de stabilité transversale, il serait imprudent de n'y pas songer; nous n'en voulons comme preuve que les exemples de certains bateaux qui, il n'y a pas si longtemps, ont chaviré et se sont enfoncés dans la mer l'avant en bas, l'arrière en haut, les hélices tournant dans l'air jusqu'au moment où le navire a disparu sous les ttots.
La conclusion est facile à tirer : on ne saurait pousser trop loin la subdivision d'une tranche cellulaire dans le sens transversal comme dans le sens longitudinal; mieux vaut une tranche cellulaire inutilisable qu'insuffisamment compartimentée, les Italiens sont peut-être ceux qui l'ont le mieux compris.