CHAPITRE V
Caractère pratique de l'Architecture romaine. — Les Etrusques. - Les Ordres. — Temples et Basiliques. — Thermes. — Théâtres et Cirques. — Maisons. — Ponts et Aqueducs. — Arcs de triomphe. — Epoques.
Noi's avons vu que les Phéniciens avaient transporté dans l'Italie du Nord l'architecture usitée sur les rives de la mer Egée avant l'invasion dorienne. Elle y aboutit à des réalisations d'un aspect plus robuste et plus lourd que les réalisations de l'art grec. Du nom des habitants de cette région — l'Etrurie — on l'appelle architecture étrusque.
Les Romains, habitants de Tltalie centrale, ayant, en 283avant J.-C, vaincu les Etrusques, reçurent d'eux ces procédés de construction. Ils y apportèrent peu de modifications, jusqu'au jour où
leurs armées ayant pénétré sur les territoires soumis précédemment à l'influence grecque, ils connurent dans tout son éclat un art dont ils n'avaient connu encore qu'une dérivation, une bouture lointaine et grossière.
Aux Grecs, ils empruntèrent surtout des formes extérieures, l'emploi des ordres, quelques données générales de plans et d'agencements ; mais ils conservèrent les modes précieux de construction qu'ils tenaient des Etrusques et qu'ils avaient perfectionnés avec un grand sens pratique: s'ils ne furent en effet jamais des architectes de génie, ils
LES STYLES
furent des ingénieurs de premier ordre.
De ces modes de construction, le plus important était la voûte. Toutes les civilisations orientales l'avaient connue ; les Romains furent les premiers à l'utiliser d'une manièreconstante. Ils ne se servaient pas seulement
de la voûte Romb. — Le Colisée. amphithéâtre.
en ber- La ponion du mur exiérieur qu'on voit à gauche, montre comment les Romains
, , employaient la superposition des ordres.
ceau ( i),
pour couvrir les longues et étroites galeries qui constituaient leurs égouts, pour jeter les arches superposées de leurs viaducs, pour ouvrir les portes épaisses de leurs arcs de triomphe. Ils élevaient encore des voûtes en cul-de-four (2) au-dessus des absides de leurs basiliques, et même des coupoles gigan- a tesques au-dessus de leurs temples. De là, dans leurs monuments, une variété de formes et de plans que n'avaient pas connue les monuments des Grecs.