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ARCS DE TRIOMPHE

Les Romains fortifiaient leurs villes.

,,.„..„ „„ „P„. Sur chaque route qui traversait leurs

La villa, ou maison de campagne, remparts ils jetaient une porte; peu à offre, pour peu qu'elle appartienne à peu ils en vinrent à traiter ces portes quelque riche patricien, toutes les com- comme de véritables monuments qu'ils modités d'un palais ; elle renferme des décorèrent à profusion; puis ils en portiques, des terrasses, des thermes, élevèrent au milieu de leurs places pudes jardins et groupe autour d'elle une bliques pour célébrer quelqiie personpopulation de serviteurs et d'agriculteurs nage éminent ou quelque victoire; ce qui équivaut à celle d'un de nos villages. sont des « arcs de triomphe » dont l'usage

s'est conservé jusque dans l'architecture publique de nos jours.

ÉPOQUES

L'architecture romaine ofï're le spectacle d'un effort colossal dont les résultats sont étonnants quand on les compare à son peu de durée relative. En effet, jusqu'au commencement de la République, c'est-à-dire depuis les rois 1754 avant notre ère) jusqu'au v^ siècle, cette architecture ne comporte guère que des ouvrages grossiers d'aspect, comme le Phot.vitry. grand égout [cloaca maxima), remar-

PoMPÉi. —La maison Liamoridi Boradi. quable surtout par l'emploi de la voûte.

On voit comment, tout autour de l'atrium, étaient T'cSt la COUquête de la Grande Grèce

disposés les portiques. "

LES STYLES

(iii^ siècle avant notre ère qui détermine lespremiersiravauxvraimentartistiques:

ainsi les temples de la Pitié, de THonneur et de la Vertu, la voie Flaminienne, les

tecture romaine se compose, avec tous les emprunts faits aux arts voisins, un génie original. Elle se montredans toutson éclat au début de Tère impériale, sous Auguste

PoMPÉi. — La maison du faune.

En avant, rairium;au fond, la maison, dont la première pièce est \t tablinum ou bureau du rnaitre.

premières basiliques, etc. Après la prise de Corintbe (146 avant notre ère) l'imitation grecque suscite des recherches de luxe inouïes dans l'édification des temples, des édifices d'utilité publique et même des maisons particulières. L'archi-

Phot. Vitry.

PoMPÉl La maison de .Marco Lucrezio.

Vue du jardin, parsemé de petites statues.

(27 avant à 14 après Jésus-Christ), On construit à Rome le théâtrede Marcellus, le temple de Jupiter Tonnant, la pyramide de Sextius. La décadencecommence avec le règnedeSeptime-Sévère( 193-198 :

Rome désormaisne vitque surson passé.

Pérousk. — L'arc d'Auguste, porte de ville, Les arcs romains sont toujours en plein cintre.

CoNSTANTiNOPLE. — Intérieur de l'église Sainte-Sophie.

Au-dessus des trois grands arcs supérieurs on distingue

l'amorce de la coupole dans la Ijase de laquelle

est percée une série de petite fenêtres.

ET

Constantinople. — Voûtes en coupole. — Arcades sur colonnes. — Ornementation polychrome. — Architecture arabe : Arcs en fer à cheval ; Revêtements de marbre, de plâtre, de faïence.

ROME avait soumis à son empire une immense étendue de pays ; aussi ses principes de construction et de décoration se répandirent-ils aussi bien dans le nord de l'Afrique qu'en Espagne, en Gaule, au delà du Rhin, et dans des régions comme la Macédoine et la Thrace, encore soumises aux influences architecturales de la Grèce. Mais dans ces dernières contrées ils ne furent pas admis sans modifications et lorsque le siège de l'empire eut été transporté à Constantinople — ou Byzance — il résulta de cette combinaison d'influences un style nouveau : le style byzantin.

Ses trois nouveautés essentielles sont les suivantes :

1° Emploi de la voûte en coupole ( i), d'où modification dans le plan des édifices, plan qui doit pouvoir se diviser en carrés; c'est ainsi qu'après avoir utilisé les basiliques romaines, les architectes byzantins adoptèrent un plan d'église spécial, figurant une croix à branches égales dont chacune des quatre branches et la surface déterminée par leur croisement sont recouvertes de coupoles.

2° Emploi de la colonne pour sup-

(i) Voûte en coupole : voûte de forme demi-sphérique et reposant sur des murs de plan circulaire, carré ou polygonal.

porter les arcades : en Grèce, les colonnes ne supportaient que des plates-bandes horizontales; à Rome, elles ne servirent que de décors, toute la charge des arcades étant supportée par les piliers auxquels elles étaient simplement adossées : à Byzance, elles remplissent le rôle uiile que remplissaient les piliers romains et leur chapiteau, généralement en forme de cube ou de pyramide renversée, est surmonté d'un large tailloir sur lequel retombent les arcades; celles-ci ne sont plus en plein cintre, mais surhaussées( i ).

3^" Emploi de la décoration polychrome : le sol et les parois sont généralement recouverts de plaques de marbre de couleur, les voûtes et les plafonds recouverts de mosaïque; à défaut de ces deux procédés on emploie des enduits peints.

Les monuments principaux sont les églises, dont l'aspect intérieur est d'un luxe éblouissant, la profusion des dorures venant s'ajouter à l'éclat des mosaïques et des marbres de couleur. Sur les palais, il ne nous reste que des témoignages écrits: nous savons qu'ils étaient peu élevés et renfermaient de longues galeries, aboutissant à des pavillons re-

Kairolan. — La giantie Mosq lOc.

Galerie intérieure.

.\rcs en (orme de lancette, aitjus au sommet, reposant

sur des colonnes engagées dans des piliers.

(i) Arc surhaussé : qui décrit un arc plus grand que la demi-circonférence ; «n l'appelle aussi : arc en fera cheval.

0)NSTANTiNopi.i;. — Eglise Sainte-Sophie.

\ ue extérieure.

Les minarets, ou petites tours aiguës, ont été rajoutés

postérieurement par les Mahomélans.

couverts de coupoles, le tout richement orné aussi de marbres et de mosaïques.

Les habitations ordinaires ressemblaient a toutes les maisons à portiques et à terrasses du bassin de la Méditerranée; les plus riches comportaient des baies à arcs surhaussés, des balustrades en bordure des terrasses et pour soutenir les portiques, des colonnes de marbre.

L'architecture byzantine étendit son influence en Arménie et en Syrie, régions i)ù l'on se servait de briques, et où l'arc en fer à cheval et même l'arc en fer de lance furent préférés à l'arc simplement surhaussé; elle l'étendit même sur des pays oLi avait triomphé l'architecture romaine, par exemple dans le nord de l'Italie, en Gaule; mais c'est la Russie qui est demeurée jusqu'à nos jours dépositaire de ses principes de construction et de décor.

ARCHITECTIRE ARABE

Lorsque les musulmans envahirent l'empire byzantin vii"= siècle . ils lui empruntèrent son architecture; mais l'utilisant Selon leurs besoins et leurs goûts particuliers, ils la modifièrent au point qu'on a donné aux ditférenies formes de ces manifestations nouvelles la dénomination générale de style arabe. Ses centres principaux de produciion sont l'Egypte

i:architi:cturi'.

CoRDOUK. — La Mosquée Arcs en <er à cheval reposant :

Vil'' ei Vlll^ siècles), l'Espagne (ix'' siècle et la Perse.

Les e'glises musulmanes, ou mosquées, sont peu élevées et plus larges que profondes. Leur salle principale est couverted'une terrasse supportée par des tiles de colonnes, que relient des arcades en forme de fer à cheval, et dont les tympans de brique sont souvent à claire - voie . Sur

l'un des côtés du rectangle s'élève la chapelle, généralement recouverte d'un dôme, qui indique la direction de la Mecque vers laquelle les fidèles se tournent pour prier. Au milieu s'étend une cour, avec une vasque et des bassinspour les ablutions. Aux angles, se dressent les minarets, minces tours surmontées d'une légère coupole, où le « muezzin » monte pour appeler les fidèles à la prière.

Les habitations privées rappellent celles des Romains: elles sont basses et profondes, divisées en deux parties, la première destinée aux visiteurs, la seconde réservée aux intimes, avec unquartierséparé — ■ le harem — pour les femmes; on n'entre

dans la maison que par une seule porte ; il n'yade fenêtres qu'à l'étage, encore sont- elles petites etgrillées; le jour est pris sur les cours intérieures qu'entourent des portiques.

On ne bâtit pas en pierre, rarement en briques : on jette entredeux parois de planches parallèles un aggloméré de mortier et

, fondée au via* siècle.

?ur des colonnes à chapiteau

de cailloux; on enlève ces planches lorsqu'il est sec et on le recouvre de stuc. Pour décorer la surface des parois on emploie soit une marqueterie de marbre, ainsi en Egypte; soit des minces plaques de plâtre gaufré et colorié, ainsi en Espagne ; soit enhn des plaques de faïence, ainsi en Perse. La représentation des êtres animés étant prohibée, cette décoration consiste uniquement en entrelacs géométriques — d'où son nom d'arabesques.

L'architecture arabe est demeurée florissante dans tout le bassin oriental de la Méditerranée ; elle élève encore de nos jours en Turquie, en Egypte, en Perse, des monuments d'un caractère traditionnel particulier.

Kairoi AN. — La grande Mosquée.

Cour intérieure.

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