LE XIV' SIÈCLE
C'est encore une belle période de l'architecture gothique; mais celle-ci perd peu à peu de sa robustesse, les constructeurs en arrivent à se jouer des difficultés, amincissant de plus en plus les supports et ne conservant de pierre que ce qui est indispensable pour soutenir l'édifice. Ils augmentent par mille subterfuges cette impression de légèreté, masquent lespilierssous des faisceaux de colonnettes menues qui semblent être là davantage pour le décor que pour l'utilité, et demandent des effets de lumière à la saillie d'un léger filet plat qu'ils font monter le long des profils.
Les g rcades qui séparent la nef des bas-côtés sont de plus en plus hautes; au-dessus d'elles, la galerie de circulation est dissimulée derrière une rangée de colonnettes que prolongent les meneaux des fenêtres supérieures:
ces meneaux sont toujours plus nombreux et plus minces ; le remplage qu'ils supportent est découpé, non plus en cercles, mais en trèfles enfermés dans des triangles curvilignes.
Fréquemment, les portails, au lieu davoir un tympan plein et sculpté, ont un tympan à jour et orné de vitraux. Audessus s'ouvre toujours une rose, ou vaste fenêtre ronde dont les meneaux sont disposés comme les rayons d'une roue ; quelquefois on en trouve qui dessinent au contraire des croix ou des étoiles.
Cette rose, les larges fenêtres de la façade.
constiiueni un ensemble qui. s'il est imposant par sa masse, offre un aspect des plus délicats. Vu de Tintérieur, dans l'éclat de ses vitraux, il est particulièrement somptueux.
Le plan général des églises est toujours le même, mais de plus en plus on prend l'habitude de loger entre les piliers extérieurs, le long des collatéraux, de petites chapelles consacrées à cJés "saints différents ; celle qui est consacrée à la Vierge est toujours plus belle et plus riche ; elle constitue même, dans certaines cathédrales, une véritable petite église h part.
.A l'extérieur, les arcs-boutants sont aussi amincis que leur rôle utile le permet; ils sont surchargés de clochetons que l'on prend pour de purs ornements et qui servent, en réalité, à neutraliser la poussée des voûtes ; les arcs, creusés sur leur profil supérieur, servent de gouttières, et sont prolongés par des gar-