PÉRIODE DE TRANSITION
C'est peu à peu que le style gothique se dégageduroman.Souventles voûtes nouvelles sont simplementédifiéessur des paroiset des piliers dont tous les caractères sont romans, ainsi en Normandie, où l'on a simplement remplacé le toit de charpente par une voûte d'ogive, en faisant reposer certains arcs sur des culsde-lampe encastrés après coup dans la muraille. De même encore dans Tlle-de- France, où beaucoup d'églises ne reçoivent leur \oûte qu'au xii'= siècle : on a couvert d'abord le pourtour du chœur, où apparaissent les premières tentatives de voûtes d'arête et en berceau brisé, puis le transept, enfin, vers 1 1 3o, 1140, la nef : mais (ainsi à Vignory, Mori^nval, Saint-Germer, à Saint-Etienne de Beauvaisj les fenêtres demeurent en plein cintre; c'est seulement à partir de la fin du XII' siècle, lorsque la croisée d'ogive sera franchement employée (ainsi dans les cathédrales de Laon, Sens, Paris.
Senlisj que l'arc des baies sera franchement brisé.
Le plan général nest pas modifié ; le chœurest cependant un peu plus allongé ;
P/10/ VUry.
Pari.s. — Eglise Saint-Merry (xvr .sièclei. Les arcs-doubleaux rejoignent un pilier de droite
et un pilier de gauche à la même hauteur : les arcs.
d'ogive rejoignent diitgonalemeni chaque pilier à un pilier opposé et siti.é une travée plus loin.
le long des bas-côics — ou collatéraux — des chapelles viennent se loger entre les piliers des arcs -boutants. Aux piliers carrés, séparant la nef des bascôtés, on substitue de plus en plus les piliers ronds ; ils sonteniourés d'un faisceau de colonnettes qui vont en haut de la paroi supporter la retombée des arcs ; mais comme lacroiséed'ogive enjambe en réalité deux travées, il y a une colonne sur deux qui
compte davantage de colonnettes ; cette alternance disparaîtra dans les monuments postérieurs. Des bagues de pierre coupent, de distance en distance, la hauteur des colonnettes etlesfixentà la paroi.
L'élévation des voûtes est déjà considérable; de vastes tribunes s'ouvrent sur la nef, au-dessus des bas-côtés, et audessus de ces tribunes se succèdent souvent, d'abord une petite galerie de circulation, étroite comme un couloir, puis une rangée de fenêtres. Toutes ces baies
sont ornées de moulures retombant sur triangle équilatéral, ceux-ci sont très de fines colonnettes à chapiteaux. surhaussés. Les baies, de plus en plus
larges, se développent sur toute la surface LE XIII'^ SIECLE disponible des murs; les tribunes, au-
La période de transition de l'architec- dessus des collatéraux, ""disparaissent, ture romaine à Tarchitecture gothique remplacées par des fenêtres. Celles-ci
Cakn. — L'cglise Saint-Ltienne.
Edifiée au xi' siècle, elle fut voûtée au xii' seulement, et pour cela furent alors construits les arcs-boutants qu'on voit au-dessus du toit des bascôtés, appuyés à des piliers que surmontent des clochetons.
dure de 1 140 environ à la fin du XII' siècl e . Après quoi c ommence une des belles époques, non seulement de l'art gothique, mais de toute l'histoire de l'art:
c'est alors en effet que sont édifiés des monuments comme les cathédrales de Reims, de Chartres , d'Amiens et une infinité d'églises remarquables qui couvrent encore notre sol.
Les grandes cathédrales occupent une superficie considérable, comptant deux, même trois bas-côtés — ou collatéraux — qui font le tour de la nef et du chœur, et sont flanqués, le long de la paroi extérieure, d'une chapelle par chaque travée. Les piliers sont d'égale grosseur. Leurs colonnettes sont reliées à la base de la voûte parune frise de feuillages sculptés qui est formée par la réunion de leurs chapiteaux.
Les arcs ont un aspect très caractéristique; tandis que ceux de la période précédente pouvaient s'inscrire dans un
LES STYLES
(Chartres. — La Cathédrale.
Toute la partie basse de la façade est du xii' siècle. La rose'du milieu a remplacé au xiii' un pignon iriangulaire. Tout le clocher vieux (à droite) est du xu' siècle; le clocher neul est du xii jusqu'à la hauteur de la jjalerie, l'étape au-dessus est du xiv, la flèche du xv'.
sont ornées de vitraux et divisées dans leur hauteur par de fins meneaux de pierre que terminent des arcs de pierre entre lesquels sont ouvertes des fenêtres circulaires, ou roses.
},n ffiraHp s'est beaucoup modifiée depuis l'époque romane. Au-dessous des portes, toujours plus richement ornées, s'étend une galerie avec balustrade et audessus encore s'ouvre une « rose » immense dans laquelle sont enchâssés des vitraux de couleurs chatoyantes; tout en
haut s'étend une nouvelle galerie, plus élancée que la première et derrière laquelle apparait le sommet triangulaire du pignon. Deux hautes tours polygonales, qui n'ont pu être achevées d'ailleurs que dans peu de monuments, flanquent les côtés de cette façade, d'une physionomie à la fois imposante et vivante.