LA RENAISSANCE EN ITALIE
Raisons de l'éclosion de la Renaissance en Italie. Brunelleschi. — Eglises. — Hôtels privés. — Hôtels de ville. — Les époques : Bramante : Michel Ange et le baroque. — La Doctrine.
L'Italie, tout en adoptant les modes de construction des architectures romane et gothique, avait toujours conservé un procédé différent des procédés septentrionaux ; tandis que chez nous, en effet, décoration et structure formaient un tout indissoluble, au point que la décoration n'intervenait que pour préciser les formes de la structure, en Italie ellesétaient absolument distinctes; on y voyait, par exemple, des édifices, dont la construction était en briques, recouverts d'un placage de marbre ou de terre cuite rapportés après coup.
Il n'est donc pas surprenant que lorsque la littérature, puis la sculpture se furent successivement appliquées à l'étude et à l'imitation des œuvres antiques, l'architecture ait suivi le . mouvement sans grande résistance. Les novateurs.
en effet, ne s'attaquèrent pas' d'abord à la structure, mais à la décoration des édifices; dans beaucoup de cas ils ne firent que remplacer un placage par un autre jusqu'à ce que, leur audace étant accrue par le désir de mettre en harmonie le corps des édifices etleur vêtement, ils associèrent les procédés des constructions antiques à ceux des constructions gothiques, constituant un style nouveau auquel on a donné le nom de Renaissance, bien qu'il n'ait pas été une simple et docile reprise des styles romain et grec.
Cette Renaissance se produisit d'abord dans l'architecture civile. Les paroisses étaient, en effet, presque toutes fournies d'églises; s'il en restait à remanier et à décorer, il n'en restait pour ainsi dire plus à construire. D'ailleurs l'activité
LES STYLES
civile absorbait presque toutes les forces du pavs : ritalie était divisée en une infinité de gouvernements locaux, jaloux les uns des autres, partagés eux-mêmes en clans rivaux; cette rivalité s'exerçait dans toutes les formes possibles de production ; des gouvernements ou de riches particuliers manifestaient la supériorité de leur puissance politique ou deleur valeur intellectuelle en faisant édiher des palais publics ou privés toujours plus beaux, toujours plus nouveaux. Ils «s'arrachaient les artistes à prix d'or, ce qui eut pour résultat, d'abord d'exciter ceuxci à chercher des projets sans cesse plus originaux, ensuite de transporter ra pidement dans tous les centres rivaux leur goût pour les arts de l'antiquité.
La Renaissance en Italie ne date réellement que du xv^ siècle; mais dès le xiv« siècle on la voit éclore dans certaines modifications que les architectes apportent aux procédés gothiques.
L'une de ces modifications est la substitution de l'arcade
d'Agrippa et son entreprise montre si bien son désir de fondre les principes de l'antiquité et ceux du moyen âge, qu'il orna cette coupole romaine d'une décoration toute gothique.
En 1421, il hasarda un parti nouveau, également fécond; à l'hospice des Enfants-trouvés, au lieu d'amortir les fenêtres par des arcs, il les amortit par des linteaux au-dessus desquels il posa des frontons en forte saillie; ce système a rencontré une telle faveur qu'il est encore employé de nos jours.
Ainsi, peu à peu, une part plus grande est faite, dans les édifices nouveaux, à l'imitation de l'antiquité. Les ordres reparaissent, le corinthien surtout; son chapiteau et sa colonne portant l'arc en plein cintre remplacent le chapiteau etle pilier gothiques.
Florence a été le berceau decetieimitation; puis elle est poursuivie à Milan par Rimini et Alberli, à Pavie par Omodeo, à Rome par Alberti et le Rosselino,àVenise par les Lombardi. A la fin duxv«siècle, chacune en plein cintre à l'arcade ogivale. Elle de ces villes concourt parson génie local apparaît dès 1 38o à la Loge des Lanzi, à à la floraison du style nouveau qui, au
Pavie. — Le cloitre de la Chartreuse.
Les arcs brisés reposent sur des colonnes de marbre
à l'antique.
Florence, sans apporterd'ailleurs aucune transformation de son support, qui demeure le pilier gothique, formé d'un faisceau de colonnettes que décore une frise continue sculptée à la hauteur du chapiteau.
Le parti adopté en 1420 par Brunelleschi, à Florence toujours, est plus audacieux : on lui demandait de couvrir le transept de l'église Sainte-Marie-des- Fleurs, dont toute la construction était gothique; il proposa d'élever une coupole à l'imitation de celle du Panthéon
cours du siècle suivant atteindra son apogée en Italie.