ARCHIT
églises de Florence. On y remarque un beau sarcophage, et un chien de sculpture antique, posé sur un piédestal du xv° siècle
PL. LXIX. — Plan du palais Niccolini, dans la rue de
vi,
Ce palais est construit sur un terrain resserré et irrégulier, que Brunelleschi, à qui ce monument est attribué, a su agrandir par la belle disposition du plan. La cour, entourée de portiques, s lie agréablement avec la galerie ouverte sur le jardin, qui « vestibule aux appartements. Ceux-ci sont éclairés, de l’autre côté, sur un petit jardin particulier, embelli de grottes et de fontaines. Les portiques de la cour et la galerie sont décorés d’une belle collection d’antiquités. Les pièces disposées sur la façade du palais, sont destinées, suivant l'usage des Florentins, à des parlois et aux bureaux de l’intendant de la maison.
L’escalier est bien placé, et reporte au premier étage dans une belle suite d'appartements, qui se distribuent autour de la cour, et se lient avec le corps de bâtiment placé sur les jardins; ce qui forme un très-bel ensemble. Le grand jardin est orné de statues, de vases, de bancs et de fontaines; il se termine par une galerie semblable à celle dont il a déjà été fait mention. Cette galerie sert d’orangerie, et forme, dans l’arrière-saison, un jardin d'hiver trèsagréable,
PL. LXX. — Élévation géomètrale du même palais.
La disposition du terrain de ce palais a forcé l'artiste d’en diviser les croi: ce qui l’a empêché de placer la porte principale au milieu de la façade. Malgré ce défaut, l'heureuse proportion de cette façade, la décoration qu’elle tire des détails mêmes de sa construction, et la pureté de ses profils, la feront toujours regarder comme une bonne production.
Le rez-de-chaussée, ainsi que le premier étage, sont construits en pierre; le second est en pierre et en briques. Les colonnes de la loge et les plates-bandes qu’elles supportent sont en pierre. Dans la charpente du toit, les arbalétriers se terminent par de doubles modillons sculptés, qui couronnent cette façade.
La façade des portiques donnant sur le jardin est plus moderne, mais elle n’est pas d’une aussi bonne proportion. Les arcades sont trop larges pour leur hauteur, et ne trouvent d’excuse que dans l’espacement des croisées, et la nécessité de laisser arriver le jour dans les appartements. Du reste, le style de cette architecture, convenable à la décoration du jardin, est assez en har-
ées en nombre pa
monie avec celui du palais.
PL, LXXI. — Coupe géométrale du même palais.
Elle est prise sur le milieu du palais, et elle en offre tout le développement. L'architecture de l’intérieur de la cour est bien en rapport avec celle de la façade extérieure. On remarque au second étage, sur la rue, une bibliothèque, que le marquis Nicolini ouvre au public; elle occupe toute la largeur de la f2
cade.
Ge palais peut être considéré comme un véritable musée, par la grande quantité de monuments d'art qui y ont été rassemblés
à grands frais.
PL. LXXII. — Délails du même palais.
Tous ces détails appartiennent à la façade; les profils en sont cutés avec le plus grand soin. L'ajustement des mo-
purs, et € dillons qui décorent le bout des arbalétriers de la charpente, est remarquable par sa grande saillie. Ces toits sont en usage dans la Toscane; ils contribuent beaucoup à la conser-
presque toute vation des ‘édifices.
PL. LXXIIL. — Vue du vestibule de l'hôpital de Saint -Jean-de-Dieu.
L'hôpital dont on présente ici le vestibule, est situé dans la rue del Borgo d’ogni Santi. Ce vestibule est attribué à Carlo Andrea
chitecte florentin, qui construisit aussi
Marcellini, sculpteur et a l'église attenante à hôpital.
Entre les deux escaliers qui montent à la salle des malades, on se trouve placé de
a disposé un autel consacré à la Vierge, qu manière que le public, ainsi que les malades, peuvent entendre la messe, sans que le service de l'hôpital soit interrompu. Cet éta-
ICTUÜ
blissement, fondé en 4400, est aujourd'hui administré par les religieux de Saint-Jean-de-Dieu, et contient quarante lits
PL. LXXIV, — Tombeau d'un évêque.
Le tombeau d’un évêque, que l’on voit sur le premier plan, est dans l’église dell” Annunziata. A droite s'élève, sur une espèce de candélabre, le groupe en bronze de la Judith de Donatello, qui est placé sous la loge des Lances. Les deux pilastres, à droite et à gauche, sont décorés de peintures grecques modernes, La petite colonne ornée de feuilles et surmontée d’un aigle, se trouve souvent répétée dans la promenade des Cascine; la frise d'enfants est sculptée dans la salle du conseil, au Vieux- Palais; le bénitier est dans l’église de Santa-Trinità. On voit, dans le fond, une portion des murs attenants à l’église de Santa-Maria-Novella; ils sont décorés d’ares ogives, entre lesquels sont ajustés des tombeau ces constructions, exécutées en marbre blanc et noir, furent imitées par Léon-Baptiste Alberti dans le soubassement de l’église de San Francesco, qu'il contruisit à Rimini.
PL. LXXV. — Plan de l'église du Saint-Esprit el du convent des Augustins.
Après l'incendie de l’ancienne ég rs le commencement du x1v° siècle, plusieurs riches familles du quartier de San Spirito, aidées d’une somme assez forte que le gouvernement avait affectée à l’érection d’un temple en l’honneur de saint Augustin, chargèrent Filippo Brunelleschi de la construction de ce monument. Selon Vasari, cet artiste disposa son plan de manière que la façade de l’église était tournée du côté du fleuve, et précédée d’une belle place; mais diverses raisons s'étant opposées à l'exécution de son premier projet, Brunelleschi fut forcé d’en faire un second, en se renfermant dans les terrains qui appartenaient à la communauté.
L'église, en forme de croix latine, est divisée en trois nefs par deux rangs de colonnes qui règnent au pourtour. Les niches demi-circulaires, situées en face des entre-colonnes, forment autant de chapelles, appartenant aux plus nobles familles de Florence, qui les ont fait décorer avec magnificence. Cette église fut terminée en 1470, vingt-six ans après la mort de Bruneldeschi, à qui l’on attribue aussi la disposition générale du couvent, qui s’y lie. Tous ces travaux furent exécutés à différentes époques. La sacristie, de forme octogone, est du Cronaca; le vestibule qui la précède, et dont nous avons représenté la voûte. sur la pl. XLIV, est de son élève Andrea Contucci, dit il Sanvino. Le premier cloître, attenant à l’église, fut construit par Alfonso Parigi; et le second, ouvert par trois arcs sur chacune de ses faces, et entouré de colonnes doriques supportant des platesbandes, est de Bartolomeo Ammanati, qui le commença en
Ge plan est d’une belle disposition ; la marche en est simple et bien entendue. On regrette que l’église, l'une des plus belles de l'Italie, ne soit point isolée, et sur une place plus régulière.
PL. LXXVI. — Élévation géométrale de la façade postérieure de l'église du Saint-Esprit.
Toutes les façades de cette église ont été terminées, à l’exception de la principale; ce que l’on remarque également dans beaucoup d’églises d'Italie, Ici ces façades sont construites en
pietra forte, profilées avec grâce, et exécutées avec le plus grand soin.
Coupe transversale de la même église. — Les colonnes qui entourent la grande nef sont d'ordre corinthien; elles sont exécutées en pietra serena, tirée des montagnes de Fiesole, et d'un seul bloc : toutes les corniches et les entablements sont de la même pierre. Les plafonds de l'église sont ornés de riches compartiments de caissons octogones; les quatre pilastres au centre de la croix sont également d'ordre corinthien, et supportent un entablement qui sert d'imposte aux quatre grands arcs, sur lesquels repose une double coupole.
Le baldaquin et le maître autel, construits aux frais de la famille Michellozzi, sont en marbre blanc de Carrare incrusté de pierres dures; cet ouvrage est de Caccini, architecte et sculpteur florentin.
PL. LXXVIL. — Moitié du plan, façade antérieure, et portion de la coupe longitudinale du palais des Offices.
Ce monument est composé d’une grande cour, entourée de trois côtés de vastes portiques ; ceux-ci servent de dégagement aux salles du rez-de-chaussée, destinées autrefois aux tribunaux et aux bureaux de l'administration du gouvernement. D'un côté, le palais s'appuie sur la loge des Lances; de l’autre, il est réuni au Vieux-Palais par un pont qui s'élève au-dessus de la voie publique. Côme I‘ le fit commencer en 1561, d’après les dessins de Giorgio Vasari. Après la mort de cet artiste, qui arriva en 1574, Alfonso Parigi eut la direction des travaux, et les termina.
Le premier étage de ce palais, autrefois destiné aux archives de l'État, contient aujourd'hui la bibliothèque Magliabecchi, que le duc François I“ y à fait placer. La galerie qui forme le second étage fut d'abord uniquement destinée à faire suite à celle qui réunit le Vieux-Palais au palais Pitti; elle forme aujourd’hui la partie principale du célèbre musée de Florence. Les salles du rez-de-chaussée ont été transformées en boutiques; les portiques forment une très-belle promenade publique ouverte sur le fleuve.
Vasari avait eu dessein de réunir, dans cette belle cour, les statues des grands hommes qui avaient illustré la république : il les destinait à orner les niches qui décorent les pieds-droits du rez-de-chaussée, comme on le voit dans la coupe et dans l'élévation de ce palais, dont nous donnerons encore une vue perspective à la pl. LXXIX.
Plan du Vieux-Palais. — Ce palais, situé sur la place du Grand-Duc, fut commencé en 1298 par Arnolfo di Lapo, architecte florentin. Gelui-ci se vit forcé de suivre le biais que présentait le terrain, le gouvernement ne lui ayant pas permis de construire sur celui des rebelles Uberti et Guibellini, dont les maisons avaient été rasées : on exigea en outre que la tour de Foraboschi, appelée la tour della Vacca, fût enclavée dans les nouvelles constructions. Tant que dura la république, ce palais fut la demeure du gonfalonier et de huit prieurs, qui l’habitaient pendant les deux mois que duraient leurs fonctions. Il est construit en pietra forte. Après avoir été restauré en 1450 par Côme le Grand, comme nous l'avons dit dans l’explication de la pl. XXXIL, il le fut de nouveau en 1540 par les soins de Gôme I+r, Parmi les nombreux changements que ce dernier y fit faire, on remarque le bel escalier qui conduit à cette magnifique salle du grand conseil, dont nous avons donné une vue perspective sur la pl. XXXVIT.
Plan du palais Ximenès. — Ce palais, que Giulano da San Gallo construisit pour sa propre habitation, est d'une belle disposition. Le vestibule est ajusté avec beaucoup de goût, et l’escalier, éclairé par une petite cour, est d’un effet très-piquant; San Gallo le fit comme un essai de celui qu'il se proposait de faire exécuter dans le palais du grand duc à Poggio-a-Caiano.
La loge qui sépare la cour du jardin est d’un beau caractère, et termine agréablement cette jolie composition : on en voit la vue perspective sur la planche suivante.
PL. LAXVIIT. — Porte dans l'intérieur du Vieux-Palais, servant de cadre à une vue perspective du palais Ximenés.
Cette porte, dont la corniche repose sur le chambranle, se trouve très-souvent répétée à Florence; les profils en sont purs et bien soutenus. Elle est exécutée en marbre blanc; la sculpture en est soignée et d’un heau travail. La vue de la cour du palais Ximenès est prise du vestibule. Le portique qui sépare cette cour du jardin produit un effet très-agréable: il est décoré de statues antiques, et, quoique la disposition du plan soit très-simple, l'exécution en est soignée.
PL. LXXIX. — Vue perspectice du palais des Offices, prise des bords de l’Arno.
Cette vue d’un monument dont nous avons donné le plan et les façades à la pl. LXXVIL, est prise sur le devant du portique, du côté du fleuve. On voit, dans le fond, une partie de la place ducale et du Vieux-Palais, couronné par la tour des Faraboschi. Le palais des Offices est construit tout en pierre, et d’une riche exécution; les colonnes sont d’un seul bloc.
L'architecture, bien qu’elle ne soit pas très-pure, présente ici
un ensemble de la plus grande magnificence. Il y a très-peu d'exemples d’une pareille réunion de monuments dans un si petit espace,
PL. LXXX. — Fragments divers.
On remarque, parmi les fragments qui composent cette planche, une portion d'un petit mur d'appui du chœur de l’église de San-Miniato-al-Monte; il est en marbre, incrusté de mosaïques en pierres dures.
L’entablement, où l’on voit une tête de lion dans la frise, est de Santa-Maria-del-Fiore. Les autres fragments font partie de la chapelle du palais Pitti. Le pupitre-et le siége épiscopal, que l'on voit sur le devant, se trouvent dans la cathédrale de Pise. Le siêge est exécuté en bois de noyer, et doré par parties; ce mélange, bien ménagé, est d'un effet très-agréable.
PL. LXXXI. — Plan de la Chartreuse, près de Florence, sur la route de Sienne.
Ce monastère, situé à trois milles de Florence, sur la plateforme du Monte Acuto, a été fondé par la famille d gli Acciajuoli, et particulièrement par Niccolo Acciajuoli, sénéchal du roi de Naples et de Jérusalem. 11 fut commencé en 1341, d’après les dessins d'Andrea Cione Orgagna, peintre, sculpteur, et architecte florentin. Sa disposition est de la plus grande magnificence. La vaste cour qui précède l’église est d’un noble caractère; les chapelles et l'église sont enrichies des plus beaux marbres; les cloîtres sont décorés de peintures des maîtres les plus célèbres : autour du grand cloître sont disposées quinze cellules contenant chacune une habitation complète, avec un petit jardin pour chacun des Pères. Les étrangers sont reçus et logés pendant trois jours dans cette maison.
PL, LXXXIT. — Porte dans le cloître du couvent de Sainte-Croix.
Cette porte est dans le même cloître que la chapelle des Pazzi, dont on à donné le plan, la façade, la coupe et la vue perspective, sur les pl. XI, XII et XIII. Elle est exécutée en marbre blanc. Les colonnes sont engagées aux trois quarts dans le mur: elles sont d’un seul bloc. Les chapiteaux, ainsi que les ornements des corniches, sont bien exécutés; celui qui entoure le chambranle est gravé en creux. Les battants que nous donnons ici, n'appartiennent pas à cette porte ; ce sont ceux de la chapelle des Pazzi. Les panneaux du bas sont ouverts par une grille en bronze; la sculpture des rosaces et des panneaux supérieurs est d’un beau travail. La grande variété des ornements prouve combien les artistes, à cette époque, abondaient dans leurs compositions,
PL. LXXXIII. — Élévation géométrale de l'hôpital de Santo-Paolo de Convalescenti.
Get hôpital, dont on donne la façade, est situé sur la place de Santa-Maria-Novella, Le portique ouvert sur cette place sert de promenade aux pauvres convalescents, qui sont reçus dans la maison pendant trois jours, au sortir des autres hospices. Get établissement, fondé en 1221, est administré par les religieux de Santo-Paolo, Il a été agrandi depuis, et embelli par la construction de la façade, dont l'agréable proportion et la finesse des profils feraient adepter l'opinion qu’elle est de Filippo Brunelleschi. Les auteurs qui en ont parlé ne sont pas d'accord sur l'époque de sa construction. On trouve, sur un des médaillons en terre cuite placés entre les arcs, la date de 1451, qui peut-être indique l’année où Andrea, frère de Luca della Robbia, les fit placer. En 1789, toutes les colonnes du portique furent enlevées et remplacées par d’autres : ce changement, qui ne fit éprouver aucun tassement à la façade, fut exécuté par Giuseppe Salvetti, architecte florentin.
Plan et élévation géométrale du Marché aux Poissons. — Côme [° fit construire ce portique, destiné à la vente du poisson, pour remplacer le marché qu'il avait fait supprimer. Il est situé sur la place du vieux Marché. Les colonnes sont en pierre et d'un seul morceau. Gette façade est d’une agréable simplicité : les voûtes sont en culs de four, et produisent un bel effet. On attribue ce petit monument à Giorgio Vasari, qui fut chargé de presque tous les travaux que Côme * fit exécuter à Florence,
Plan du palais Zanopucci, et d'un autre petit palais. — La belle disposition de ces plans leur a fait trouver place dans ce recueil. L’escalier du palais Zanopucci, qui fait l’ornement de son vestibule, a beaucoup de noblesse, et produit un bel effet. Le plan du petit palais se fait remarquer par l'étude de ses détails.
PL, LXXXIV. — Plans d’églises.
Nous avons réuni ici, sur la même échelle, les plans de cinq églises, qui présentent beaucoup de variété et d'intérêt dans leurs dispositions.
Santa-Maria-del-Fiore.— Cette église fut commencée en 1298, d'après les dessins d'Arnolfo di Lapo. Elle fut appelée alors Santa-Maria-del-Fiore, mais elle a conservé aussi le nom de Santa-Reparata, qu’elle portait autrefois.
Filippo Brunelleschi commença en 1420 à travailler à la coupole, et à l’époque de sa mort, qui arriva en 1444, la voûte était fermée. L'église ne fut terminée qu'en 1472 : le 22 mai de cette année on posa la croix qui est au-dessus de la boule. Ce monument est, à l'extérieur, revêtu en marbre de couleur. Bernardino Sgrilli, et depuis Gio. Batista Nelli, en ont publié une histoire exacte, qui nous dispense de plus longs détails.
Santa-Maria-Novella. — Commencée en 4279 par les soins du cardinal Latino, qui en posa la première pierre, cette église fut construite par Fra Sisto et Fra Ristoro, et ensuite par Fra Giovanni, qui la termina l'an 1350. Ces trois architectes étaient dominicains.
L'église, d'architecture gothique, est divisée en trois nefs par de grands piliers ornés de colonnes engagées, qui supportent les voûtes. Elle est décorée, de chaque côté, d’autels que Gôme I: fit exécuter par Giorgio Vasari. La façade est ornée de colonnes incrustées en marbre de couleur ; elle fut construite aux frais de Gio. Paolo Ruccelai, et terminée en 1477, par Léon-Bapliste Alberti.
Santo-Lorenzo. — Cette église, commencée en 1425, d’après les dessins de Filippo Brunelleschi et par les ordres de Giovanni de Medici, fut continuée par Gôme-le-Grand. Elle occupe le même emplacement que l'église ancienne, qui fut consumée en 1423. Elle a la forme d’une croix latine, et est divisée en trois nefs par deux files de colonnes d'ordre composite, supportant des arc: Le style de son architecture lui donne beaucoup de rapports avec l'église du Santo-Spirito, bâtie par le même artiste, et dont on voit le plan, la façade et la coupe, sur les pl. LXXV et LXXVI. On remarque la chapelle dite des Princes, qui est de Michel-Ange, et qui fait pendant à la sacristie que fit construire Brunelleschi.
Santo-Miniato-hors-des-murs. — Cette église est divisée en trois nefs, selon la disposition des basiliques antiques : trouve une vue perspective sur la pl. LXVII. Une portion de ce plan indique la chapelle souterraine.
on en
Église des Anges. — Ge petit temple, intérieurement de forme octogone, est situé dans le jardin du monastère des Anges, de l’ordre des Camaldules. Il n’est élevé que jusqu’à l’entablement au-dessus des arcs des chapelles, et il n’a pas été terminé. On voit dans le couvent des moin riginal de Brunelleschi. Au-dessus de l’entablement, il établissait un attique, sur lequel devait reposer une coupole hémisphérique.
PL. LXXXV. — Plan et vue intérieure de la loge des Lances, sur la place du Grand-Duc.
Ce monument, après avoir été l’objet d’un concours public, fut construit en 1356, d’après les dessins et sous la conduite d’Andrea Cione Orgagna, peintre, sculpteur et architecte florentin.
C'était sur la place, devant cette loge, que le peuple s’assemblaït pour nommer ses magistrats et ses généraux ; c'était aussi là que l’on publiait les décrets et les actes da gouvernement; de sorte que l’on pouvait considérer ce monument comme les rostra de la
république
Après s'être emparé de l'autorité souveraine, les Medici placèrent dans cet endroit une garde suisse; ce qui fit substituer au nom de logia de’ Signori, celui de logia de’ Lanzi (des Lances), lequel on la désigne aujourd’hui.
Suivant Vasari, ce fut le premier monument, depuis la renaissance des arts, où l'on employa des s en plein cintre. Ce n'est que postérieurement à sa construction qu'elle fut décorée de statues. On y remarque la Judith en bronze de Donatello, dont
so!
on voit le détail sur la pl. LXXIV; le Persée de Benvenuto Cellini, et le groupe représentant l'enlèvement d’une Sabine, de Jean de Bologne.
Dans ces derniers temps, le grand-duc Léopold I‘ y fit placer six statues de marbre et deux lions, qui étaient à Rome à la Villa Medici. À travers les arcs de cette loge, on voit le Vieux-Palais et une portion du palais des Offices.
PL. LXXXVI, — Fontaine et détails divers.
La fontaine que l’on voit dans le fond, exécutée en bronze, est surmontée d’une statue de Vénus, qui presse ses cheveux : elle est dans les jardins de la Villa di Petraia, maison de plaisance des anciens grands-ducs de Toscane, près de Florence.
Sur le second plan, on voit le fragment d’un des deux bancs qui sont sous la loge des nobles à Sienne : ils sont exécutés en marbre, et décorés de statues en bas-reliefs des grands hommes de la république. Chaque banc comprend cinq bas-reliefs dans sa longueur.
On a réuni sur le devant divers fragments. Gelui qui présente des pilastres et des couronnes, décore la face postérieure des bancs dont nous venons de parler; la louve en bronze est celle qui se voit sur la place devant la cathédrale de la ville de Sienne, dont elle est le symbole,
PL, LXXXVIL — Plan d'un palais à Castiglioncello, sur la route de Florence à Sienne.
Il est situé entre deux places, et isolé de trois côtés, ce qui lui procure deux entrées pour les voitures. Les portes de la principale façade sont décorées de colonnes qui supportent des balcons; le vestibule est vaste et ajusté avec goût; l'escalier, bien placé, est d’un bel effet; la cour, située entre deux portiques qu'elle éclaire, est d’une agréable proportion, et l'on remarque déjà dans ce plan la disposition qui caractérise les palais de Sienne. Dans ceux-ci, les vestibules occupent une place importante; les cours ne sont pas grandes, et les portiques y deviennent plus rares : ce que l'on peut attribuer à la situation de la ville de Sienne. Construite sur le sommet d’une montagne au milieu de charmantes collines, elle les domine, et semble s'élever sur le cratère d’un volcan. Comme l'air y circule facilement, on y sent moins que dans les autres villes de l'Italie la nécessité de donner aux habitations de vastes cours. Du reste, la recherche et le goût président toujours à leur distribution; et leurs vestibules présentent beaucoup de variété, comme on peut remarquer dans les plans gravés sur cette planche et sur la pl. XCIIL. Le petit palais de Sienne est d’une charmante disposition; la cour en terrasse qui le termine se rencontre souvent dans la même ville. Ces cours’ dominent, pour l'ordinaire, des jardins pratiqués sur le rampant de la montagne, ce qui contribue à donner à la ville un aspect riant et pittoresque.
PL. LXXXVIIL. — Élévation géométrale d'une chapelle à l'entrée de Sienne, près de la porte de Florence.
Cette chapelle s'appuie sur la face latérale de l’église della Maggione, et fut construite vers la fin du xv° siècle, d’après les dessins de Francesco di Giorgio, architecte et sculpis. Ce fut le premier architecte qui, par ses écrits et plus encore par ses nombreux travaux, assigna des règles à l'architecture, et la fit sortir de la barbarie où elle était restée dans cette contrée, malgré les efforts que les Giovanni da Pisa, les Agostino et les Agnolo avaient déjà faits pour l’en tirer.
La proportion de cette façade est très-agréable : elle porte le caractère des petits temples antiques, et des tombeaux que l’on voit près de Rome, sur l’ancienne voie Appia; elle leur ressemble aussi par sa construction, toute en brique et en terre cuite.
La frise, composée de grillons et d’arabesques, est imitée du temple d’Antonin et Faustine à Rome. Le même artiste l'a répétée sur la façade de la chapelle qui est au bas de la tour du palais del Pubblico, sur la grande place de Sienne.
Les croissants que l’on remarque entre les modillons de la corniche, ne laissent pas de doute que ce ne soit la famille Piccolomini qui ait fait construire ce petit monument. Les détails sont d'une belle exécution, et font connaître que Francesco di Giorgio avait étudié avec fruit les monuments antiques.
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PL, LXXXIX. — Élévation géométrale du palais Piccolomini, à Sienne.
Ce palais, situé dans la grande rue de Sienne et isolé de trois côtés, fut construit, dans les premières années du xvi° siècle, par Giacomo Piccolomini, frère du pape Pie III et neveu du pape Pie IT, comme l'indique l'inscription qui est gravée sur l’archivolte de la porte principale : Jac. Pic. de Castro Aragonaque, Pie IT nep. IIT que pont. frater. Sous l’une des armoi qui décorent la même façade, on lit: Pius papa IT; et sous l’autre : Pius papa III. En 1681, les Pères jésuites, directeurs du collége Tolommei, situé dans le voisinage de ce palais, en firent l’acquisition, et y transportèrent le collége, Depuis cette époque, il a pris le nom de collége Tolommei.
La façade est construite toute en pierre de Travertino. Le stylobate qui sert d’empatement à l'édifice s'élève sur trois marches; il est interrompu entre les croisées par trois autres marches, qui servent d'amphithéâtre pour la course des chevaux. La grande corniche du couronnement est d’un juste rapport avec sa hauteur : dans son ensemble, ce palais est d'un aspect grandiose et peut être considéré comme un des plus beaux de la Toscane.
On en attribue la construction à Francesco di Giorgio, dont nous avons parlé dans l'explication de la planche précédente, On reconnaît en effet son dans tous les détails. Cet architecte fut constamment employé par Pie IT, qui lui fit faire tous les dessins de la villa qu'il fit construire à Pienza : le palais principal de cette ville, que Gobelin Persone, secrétaire de Pie II, a décrit dans les commentaires de la vie de ce pape, paraît ressembler beaucoup à celui dont il est ici question.
PL. XC. — Plan et détails du même palais.
Ce plan est d’une agréable disposition; la cour est, pour ainsi dire, divisée en deux parties.
La partie attenante au vestibule est entourée de trois portiques, qui servent à dégager les appartements. La grande salle, au fond de la cour, est destinée aux exercices spirituels, et forme la chapelle ordinaire du collége. On y voit une belle collection de portraits de tous les hommes illustres qui sont sortis de cette université.
Les détails de la façade sont d’un beau caractère ; l'exécution est de la plus grande pureté. On trouve, entre les modillons de la grande corniche, le même ajustement de croissants que nous avons vu sur la chapelle gravée à la pl. LXXXVIIL. Les détails intérieurs ont beaucoup d’analogie avec ceux de la loge que le pape Pie II fit construire pour sa famille, près du même palais, par Francesco di Giorgio.
PL. XCI. — Vue intérieure de la cour du même palais.
Cette vue est prise de dessous le portique, en face du grand escalier. Les colonnes et les pilastres sont en bleu turquin, les chapiteaux et les bases en marbre blanc, ainsi que les corniches et les chambranles des croisée
Les portiques sont ornés de statues antiques; et il reste encore assez de vestiges des peintures qui décoraient les voûtes, pour que l’on puisse en présenter ici la restauration. À l'instar des palais florentins, il sort du centre de la cour un grand jet d’eau.
PL. XCIL. — Fontaine, à Sienne.
La fontaine qui entre dans cette composition est située sur la place del Campo, en face du palais public, à Sienne : elle fut commencée en 1334, sous la direction de Giacomo Vanni di Ugolino, architecte siennoïs, qui la termina en 1342. Les sculptures furent exécutées en 1418 par Giacomo della Quercia; et la beauté de ces travaux fit donner à l'artiste le surnom dalla Fonte. Il exécuta aussi le bénitier que l'on voit à gauche sur le premier plan; il vient de la cathédrale, ainsi que la colonne décorée d’arabesques, que l’on voit derrière le fragment de banc en marbre blanc, qui est à droite. Il ya deux bancs semblables sous la loge du pape Pie II, que nous donnons pl. XCV : pour faire connaître les chapiteaux variés des pilastres qui les décorent, nous les présentons dans le fond, supportant une treille, comme on en voit beaucoup en Italie,
PL, XCHI. — Plan du palais Sergardi, à Sienne.
Ce palais fut construit vers le commencement du xv° siè- + Par les soins d'Achille Sergardi, noble siennois. Sa dispo- Sition présente beaucoup d'intérêt. Le vestibule est vaste et bien éclairé, l'escalier bien as la fontaine en face décore agré: blement cette partie. La première cour, un peu petite, n’éclaire que des pièces secondaires; les grands appartements sont éclairés sur la rue, et sur une cour en terrasse, laquelle domine les jardins, où l’on descend par un escalier demi-circulaire. En 1780, Paolo Posi, architecte siennois, chargé de la restauration de ce palais, construisit, aux deux côtés de la seconde cour, deux galeries formant des serres chaudes à la suite des appartements qu'il décora avec goût. Le propriétaire de ce palais possède une belle collection d'estampes, qu’il s’empri faire voir aux étrangers.
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Plan du palais Bianchi, à Sienne. — Il fut construit par les comtes d’Elci, et il a passé depuis à la noble famille de Bianchi, à qui il appartient aujourd’hui. Son vestibule est ouvert sur la rue par trois grands arcs. Le peuple se retire la nuit sous ces vastes vestibules, qui lui servent d'asile. A droite, sous le passage qui conduit dans la cour, en face de l'escalier, on a disposé une jolie chapelle, décorée de peintures. A côté de l'escalier, on communique, par un autre passage, sous les portiques qui entourent la cour. Au fond se trouve une salle fraîche, dont la voûte, ornée éservoir, Celui-ci fournit l'eau à la fontaine qui décore la cour, et qui la distribue dans l’intérieur du palais.
d’arabesques, supporte un r
PL. XCIV. — Façade du palais Spannocchi.
Ambrogio di Nanni Spannocchi fit construire ce palais en 147 d'après les dessins de Francesco di Giorgio. Exécuté tout en pierre de tuffo, ou pierre composée, il est d’une belle proportion, et le rapport de ses étages, divisés par des corniches peu saillantes, est agréable. Les bossages sont peu prononcés; la corniche qui couronne l'édifice est d'un grand caractère; les têtes placées entre les consoles qui la supportent sont en terre cuite et trè saillantes. Tous les détails de cette façade sont purement ex cutés, et ont beaucoup de ressemblance avec ceux du palais Piccolomini.
PL. XCV. — Façade, plan et détails de la loge du pape à Sienne.
Elle est ainsi appelée, parce qu’elle fut construite par le pape Pie IT. Francesco di Giorgio, qui en fut l'architecte, la commenc en 1460. Elle est isolée sur trois faces, et ouverte par cinq arcades, soutenues par des colonnes : les deux bancs en marbre blanc, dont nous avons donné des détails aux pl. LXXXVI et XCIT, la ferment aux deux extrémités. Ge petit monument, autrefois décoré de peintures dont on aperçoit encore quelques vestiges, a été construit avec un grand soin. Les colonnes, les corniches et les archivoltes sont en marbre : toute la sculpture est du même Francesco di Giorgio,
Ges sortes de loges sont communes dans la Toscane. Les nobles en faisaient construire près de leurs palais, et « emblaient pour discuter sur les affaires de la république, et plus encore sur les sciences et les arts. Celle-ci fut consacrée par Pie IL à l'usage de sa famille, comme l'indique l'inscription qui est dans la frise; elle est aujourd’hui destinée au tirage de la loterie.
y l'as
PL. XCVI. — Façade d'une maison à Sienne.
Cette maison, bâtie en briques et en terre cuite, donne une idée de l’économie que l’on pourrait apporter dans les constructions, sans nuire à l’élégance de l'architecture. Un pareil genre de bâtisse, par lui-même peu coûteux, permet d'apporter plus de richesse dans les formes et dans les détails; ce que les architectes ne peuvent guère faire lorsqu'ils emploient des matériaux aussi dispendieux que la pier Gette petite maison est une des premières productions de Francesco di Giorgio, qui la construisit vers 1460 pour Carlo Bartali, en même temps que la petite chapelle gravée à la pl. LXXXVIIL. Après plus de trois cents ans de durée, elle est encore aujourd’hui parfaitement conservée, et porte un caractère original qui peut donner l’idée des habitations des anciens Étrusque . Nous avons, dans la lanterne de Démosthènes, placée dans les jardins de Saint-Cloud, et exécutée dans
la belle manufacture de MM. Trabuchi, un exemple de ce que nous pourrions faire dans ce genre, qui a été employé avec tant de succès dans plusieurs monuments de l'Italie, notamment dans la façade du grand hôpital de Milan. Aidés de ces moyens, que tant d'artistes habiles n’ont pas dédaignés, les architectes pourraient se livrer davantage à leur imagination,
PL, XOVIT, — Vue intérieure de la sacristie de la cathédrale de Sienne.
Pie IL, qui fit construire cette salle vers lan 1450, la destina à servir de bibliothèque. Une partie des livres qu’elle renfermait ayant été transportée en Espagne, on changea sa destination, et l'on en fit une sacristie,
Ele est entourée d’un beau compartiment de menuiserie, qui s'élève jusqu’à la hauteur de 9 pieds; au-des de douze arcades, soutenues par des pieds-dr tures arabesques.
Dans le fond de ces arcades, le Pinturicchio a retracé, dans dix grandes fresques qu'il exécuta d’après les cartons de Raphaë les faits mémorables de la vie d’Æneas Sylvius, qui devint pape sous le nom de Pie II. Les deux autres arcs, placés à l’un des bouts de cette salle, sont percés de croisées qui éclairent cette pièce. La voûte est couverte de peintures arabesques, exécutés sur des tons entiers, jaunes, bleus et rouges. Au centre du plafond, sont les armes du cardinal Francesco Piccolomini, lequel fit exécuter toutes ces peintures, qui sont encore de la plus belle conservation. Cette salle renferme une riche collection de livres ornés de belles miniatures, exécutées dans le xv° siècle par Benedetio da Matera, moine du Mont-Cassi voit aussi le groupe des trois Grâces, que le même cardinal fit enlever de l'intérieur de l’église, où il était autrefois. On a placé, sur le devant, la décoration d’une des arcades, qui divise la cathédrale en trois nefs. Les ornements qui la décorent sont exécutés en mosaïque, et les bustes des papes, placés entre les consoles qui supportent la corniche, sont en terre cuite coloriée et dorée.
us, elle est décorée s couverts de pein-
PL, XOVIII. — Fragments étrusques.
Les fragments étrusques qui composent cette planche, viennent de Volterra, et appartiennent en partie au musée Guarnaccio.
On y remarque un bas-relief, où l’on voit Ulysse se faisant attacher au mât de son vaisseau lorsqu'il passait devant l'ile des Sirènes; celles-ci sont représentées par trois figures de femmes, ises sur des rochers et jouant de divers instruments. Au-dessus de ce bas-relief est une figure couchée sur un tombeau, tenant un vase et une patère : on trouve à Volterra beaucoup de figures semblables. Dans la frise qui sert de couronnement, on a rassemblé les vases et autres accessoires que ces figures tiennent ordinairement dans leurs mains. Tous ces fragments sont en terre cuite, d’une assez belle exécution.
PL, XGIX. — Façade de la fontaine Branda, à Sienne.
La situation de la ville de Sienne sur une assez haute montagne lée de toutes parts, a dû occasionner de fortes dépenses et des travaux infinis pour y faire arriver l’eau, qui y vient par des conduits et des réservoirs souterrains, de plusieurs milles de longueur, et qui sont souvent à plus de 45 pieds de profondeur. Ges conduits, construits en pierre, sont de la hauteur d’un homme. Ils reçoivent toutes les eaux qui filtrent à travers les terres, et les dirigent vers la fontaine Branda, où elles arrivent épurées, après avoir passé dans de vastes réservoirs. De là elles se distribuent dans les autres fontaines, et dans les puits et citernes de la ville.
La façade que nous donnons n’est pas principale; elle est moderne, et elle décore une des extrémités du grand lavoir que forme la fontaine, ouverte sur la place par trois arcs en ogive à double renfoncement. La voûte de ce lavoir supporte un beau jardin qui est pratiqué au-dessus. Ges constructions, comme en t mention l'inscription placée au-dessus de la grande vasque furent exécutées l'an 1193 par Bellamino, architecte sienn Quant à la façade que l'on présente ici, elle est disposée pour servir d'abreuvoir aux bestiaux, qui viennent se désaltérer dans les grandes vasques pratiquées entre les arcades.
Façade d'une maison siluée dans la rue del Corso, à Sienne. — Elle est construite toute en briques, à l’exception des socles et des
corniches d’imposte des arcades, qui sont en pierre. La corniche de couronnement est en terre cuite, et l'ajustement de la Madone est en marbre blanc, Cette façade est d’une proportion gracieuse : on l’attribue à Baldassar Peruzzi; la finesse des détails, jointe au soin qui règne dans l'exécution, ferait présumer qu'il en est l’auteur,
PL. CG. — Plan de l’église della Pieve, à Arrezzo.
Gette église, dont la fondation est très-ancienne, fut re. par Giorgio Vasari, qui, profitant des constructions déjà e sut en faire une des plus jolies de cette ville. Elle présente beaucoup d'intérêt, par l’agréable disposition de son plan, Vasari reporta le chœur dans le fond de l'église, et de cette manière isola le maître-autel, qu'il décora d’un de ses tableaux. Il fit tous ces travaux à ses propres dépens, par reconnaissance des soins que les moines avaient pris de sa première éducation, et aussi parce que ses ancêtres avaient leurs tombeaux dans cette église,
Plan de l'église della Nunziata. — On attribue la restauration de cette église à Antonio da San Gallo. La disposition du plan est à peu près la même que la précédente. San Gallo construisit le vestibule qui n’est séparé de l’église que par un grand arc, et le décor de quatre colonnes d'ordre dorique ; sur l’entablement qui les couronne, repose une voûte en berceau, peinte à fresque.
Plan d'un hdpital, à Arezzo, — Cet établissement, situé entre deux rues, a deux entrées; la principale est précédée de plusieurs vestibules, qui sont distribués dans un petite maison destinée au service de l’hospice. Sous l’un de ces vestibules, on trouve deux escaliers montant, de droite et de gauche salles des malades. Chacune de ces salles contient vingt-huit lits, dont quatre sont destinés aux surveillants. Les salles sont réunies par deux portiques ouverts sur la cour, pour en faciliter le service, Ce plan est étudié avec soin; la disposition des escaliers est ingénieuse, et ils arrivent en face des salles, dans un corridor qui précède celles-ci. La belle disposition du plan et le caractère de la construction de ce monument sembleraient devoir en reporter la fondation vers la fin du xv: siècle.
PL. CI. — Plan, coupe et détails de l'église des Carmes déchaussés, près d'Arezzo.
Cette église, connue sous le nom della Madona dellé Grazie, est située à 4 mille de la ville, du côté de la porte San-Spirito. Il existait, sur l’emplacement qu’elle occupe, une petite chapelle, fondée par Bernardino de Sienne.
Vers la fin du xv: siècle, la commune d’Arezzo fit construire ce monument par Benedetto da Maiano, architecte et sculpteur florentin, qui l'éleva sur une terrasse entourée d’un parapet, Un escalier, en marbre blanc, conduit sous un portique formé de quatorze colonnes, qui précède l’église. Elle n’a qu'une seule nef, terminée par trois pans coupés. Le maître-autel est isolé, et élevé de trois marches; aux deux côtés sont deux pièces servant de sacristie, et communiquant avec le couvent, dont les bâtiments se lient à l’église.
Sur la même planche on voit les détails des corniches du por tique. L'entablement supérieur, dont on a présenté la coupe, est en pierre grisâtre, pietra bigia, jusqu'à la ligne ponctuée; le reste de la corniche est en bois. Le soffite, que forme la saillie du toit, est orné, comme le plafond du portique, d’un rang de caissons décorés de rosaces sculptées et dorées en partie; les apiteaux des colonnes sont variés de composition. Cette église est voûtée, et les côtes des cinq parties octogones, que la voûte forme dans le fond, se réunissent dans une belle rosace au-dessus du maîtreautel. Elle est éclairée par sept grandes croisées, dont les vitraux sont couverts de belles peintures.
PL. CII. — Façade de la même église.
Le portique de cette église, élevé sur une terrasse de 5 pieds de haut, est soutenu par des colonnes surmontées de leur entablement, sur lequel reposent les archivoltes des arcs. Les bases, les chapiteaux et les colonnes sont en marbre, et d’un seul bloc; les archivoltes, et l’entablement qui couronne le portique, sont en pierre. La frise est décorée de güirlandes supportées par des têtes d’anges et de victimes, sculptées dans la pierre même; les
couronnes et arabesques entre les arcs sont en terre cuite coloriée exécutée par Andrea della Robia.
Benedetio, pour éviter les modillons que les architectes toscans ont employés pour soutenir la grande saillie de leurs toits, s’est servi des solives mêmes qui forment le plafond du portique.
L'ensemble de cette façade est très-agréable, bien que la proportion des arcades demanderait un peu plus d’élévation; ce qui aurait été avantageux pour celle des colonnes qui sont un peu lourdes.
L'exécution et la finesse des profils ne laissent rient à désirer ; la sculpture est soignée et d’un beau caractère.
PL. CII, — Vue perspective du palais public, sur la place de Sienne.
Aucun historien n'indique quelle époque on doit assigner à la fondation de ce palais, que le caractère de ses constructions, en briques et en pierre, semble reporter au xmi° siècle; on sait seulement que la salle du conseil fut commencée, en 1327, d’après les dessins d’Ayostino et d’Agnolo, architectes siennois, qui, peu après. construisirent la grande tour à l’angle du palais.
La chapelle de la Vierge, qui est au-dessous, fut commencée en 1312, démolie quatre fois, et enfin terminée en 1376, d’après les dessins de Duccio. Elle est construite en marbre; la frise de l’entablement est décorée de griflons et d’arabesques exécutés par Francesco di Giorgio. Le maître autel et la voûte sont ornés de peintures d’Antonio Sodoma.
Ge palais porte un grand caractère; la masse est imposante, et fait le plus bel ornement de la place singulière qui se trouve devant. Celle-ci est disposée en amphithéâtre demi-circulaire, et imite la forme d’une coquille, dont les côtes sont indiquées par des dalles de pierre, qui viennent se réunir, devant le palais, dans un même point, où se trouve un puisard pour l'écoulement des eaux. Treize rues aboutissent à cette place, de sorte que, de presque tous les qnartiers de la ville, on aperçoit le palais du gouvernement. On y voit la fontaine que nous avons donnée sur la pl. XCIT, et une colonne surmontée de la louve aliaitant Romulus et Rémus, symbole de la ville de Sienne.
PL. CIV. — Fragments antiques.
Cette planche est composée de divers fragments antiques tirés des musées de la Toscane, et particulièrement de celui de Guarnacci à Volterra. On voit, dans le fond, l'intérieur d’une galerie de tableaux, disposée à l’instar de celles que l’on construisit à l’époque de la renaissance des arts, dans les xv° et xvi° siècles.
PL. OV. — Plan et coupe de l'église di Santa Maria del Umillà.
Ventura Andrea Vitoni di Pistoïa, qui construisit cette église, était menuisier de profession, et fut souvent employé, en cette qualité, dans les grands travaux que le Bramante exécuta à Rome. Ge fut pendant le séjour qu'il fit dans cette ville qu’il s'adonna à l'étude de l'architecture et particulièrement à celle des monuments antiques. De retour dans sa patrie, il fut chargé, par la commune de Pistoie, de la construction du monument que nous présentons. Gette église, de forme octogone, est précédée d’un vestibule fermé, Le maître-autel est isolé, au milieu d’une chapelle qui est dans le fond; des deux côtés sont les sacristies. Vitoni commença ce monument en 1509, et termina entièrement le vestibule formé de pilastres corinthiens qui supportent une voûte en berceau, décorée de riches caissons; tous ces travaux sont exécutés en pierre. On remarque de belles fresques dans les entre-colonnements. Le même architecte continua l'édifice jusqu'au second ordre, sur lequel devait reposer la coupole, qu'il allait commencer lorsque la mort vint le surprendre. L'église resta longtemps découverte, aucun architecte n’ayant osé faire la voûte sur des murs affaiblis par les vides des croisées, et plus encore par les corridors pratiqués dans leur épaisseur. En 1561, Vasari, chargé par Côme I" de terminer ce monument, employa toutes sortes de moyens pour le consolider. 11 rétrécit les corridors, remplit les vides laissés entre les croisées de l'ordre inférieur, lia entre elles toutes les constructions par de fortes chaînes de fer, et éleva un troisième ordre, sur lequel il fit reposer la coupole, qui est en briques. Il n’y a pas de doute que ce temple eût été d’une proportion beaucoup plus agréable, si l’on eût suivi la première idée de Vitoni, et élevé la voûte sur l’entablement du second ordre. Les détails de ce monument sont pure-
ment exécutés et étudiés avec le plus grand soin. C’est une des productions Jes plus pures du xvi° siècle, et l'édifice le plus inté-
ressant qui soit dans la ville. Le vestibule est d’un très-beau caractère.
PL. CVI. — Plan de la grande place de Livourne.
Cette ville fut, pour ainsi dire, fondée de nouveau par Côme I‘, qui, en 1548, rendit son port franc. Il fit aussi tracer le plan de la nouvelle ville et des fortifications qui doivent la défendre. En 1577, François-Marie, son fils, la fit agrandir; et c'est à cette époque qu'on peut rapporter la construction de la place dont nous offrons le plan. Sa disposition est attribuée à Alessandro Pieroni, architecte et peintre florentin. Bernadino Buontalenti, qui construisit la forteresse, eut aussi beaucoup de part aux travaux de la nouvelle ville. La place est située au centre de la grande rue qui traverse la ville, et qui fut terminée en 1605; sa forme est un parallélogramme de 740 pieds de long sur 210 pieds de large.
Le milieu de cette place, qui s'élargit et forme un carré, est décoré deportiques d'ordre dorique. L'église cathédrable en occupe le haut. Gelle-ci est précédée d’un atrium ouvert, supporté par des colonnes d'ordre dorique; elle a la forme d’un T, et fut construite par Ferdinand I, qui continua avec activité les travaux commencés par Côme et François I, et en confia l'exécution à Antonio Cantagallina, son architecte favori. Le même artiste construisit aussi le palais Ducal, qui est également situé sur la grande place.
PL, CVIT. — Plan et coupe de la nouvelle Venise, à Livourne.
En 1629, Ferdinand II, animé du même zèle que ses prédécesseurs, et voulant faciliter le commerce de la ville de Livourne avec celle de Pise, chargea le chevalier Santi, ingénieur siennois, de la construction de cette partie de la ville que l’on appelle la petite Venise, parce que des canaux y passent au milieu des rues, qui sont disposées de manière que les chaloupes peuvent conduire les marchandises à la porte des magasins. Au-dessus de ces magasins sont de larges trottoirs formant les rues, lesquels sont réunis par des ponts qui traversent les canaux. La coupe transversale, qui est au-dessus du plan, donne une idée de cette disposition.
Un canal de communication, qui va jusqu’à Pise, est bordé, des deux côtés, d’une belle plantation d’arbres, qui en fait une promenade très-agréable. Un peu avant d'arriver à Pise, les bateaux traversent le bâtiment de la douane, dont on voit le plan sur la même planche. La disposition en est simple; aux deux côtés de la grande voûte qui couvre le canal, sont de vastes magasins pour recevoir les marchandises, qui y restent en dépôt; ces magasins sont supportés par des pilastres carrés. Les deux grandes portes se ferment par des herses qui montent et descendent à volonté.
Ges deux plans sont très-ingénieux, et les constructions sont bien exécutées. Tous ces canaux coulent entre deux murs construits en belle pierre, et sont entretenus avec le plus grand soin.
PL. GVIIL. — Plan, élévation et coupe du Campo-Santo, à Pise.
Ce monument, destiné à la sépulture publique, est situé à l’une des extrémités de la partie occidentale de la ville, isolé de trois côtés, et appuyé sur les murs de l'enceinte.
C’estun parallélogramme de 400 pieds de longueur sur 130 pieds de largeur, entouré intérieurement de vastes portiques, sous lesquels sont placés des tombeaux antiques et modernes, ornés de sculptures et de bas-reliefs. Les murs intérieurs sont décorés de peintures à fresque, exécutées par les maîtres les plus habiles de l’époque de la renaissance de l’art, dans le x1v* siècle.
Ce superbe monument fut construit à l’instigation de l’archevêque Visconti, pour y déposer la terre sainte que les chevaliers pisans rapportèrent de Jérusalem, à leur retour des croisades. Il fut commencé en 1218, et terminé en 1283, d’après les dessins et sous la direction de Giovanni da Pisa, l'architecte le plus habile de son temps. L'édifice offre, dans son style, un mélange des architectures lombarde et gothique, et il porte un caractère tout à fait religieux. Il est construit en marble blanc et noir, tiré des montagnes de Pise, et il est couvert en lames de plomb. L'exécution en est très-soignée; la beauté des matériaux qu’on y a em-
ployés présente un aspect de magnificence qu'on rencontre rarement, même en talie.
En 1464, l'archevèque Filippo Medici fit construire la chapelle principale à l’une des extrémités de l'édifice. Elle est disposée à limitation de la chapelle des Medici dans l'église de San-Lorenzo, à Florence, et décorée de belles peintures.
PL, CIX. — Vue perspective de l'intérieur du Campo-Santo, à Pise.
Elle est prise, à l'extrémité de cet édifice, sous le portique qui est en face de la chapelle principale. Sur le devant, on voit
quelques-uns des tombeaux antiques qui ornent le pourtour intérieur des portiques, et qui sont placés au-dessous des croisées. L'aspect de ce monument, qui forme pour ainsi dire un musée, est d'un grand caractère, et les premiers pas de la peinture, à sa renaissance, y sont marqués par les vastes compositions qui en décorent les murs,
Ces fresques ont été publiées, en 1802, par Carlo Lasinio, conservateur du monument. On découvre, au-dessus des arcades des portiques, l’église cathédrale, ainsi que la tour penchée, Ces monuments sont également exécutés en marbre blanc et noir.
Paris, — Imprimerie Arnous de
ivière et Ce, rue Racine, 26.
A FLORENCE