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XVI. — Détails de la façade du même palais

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La corniche du couronnement est ornée de modillons sculptés et de denticules; ils brillent avantageusement sur le reste des moulures, qui ne sont pas détaillées. Cette corniche est d'un beau caractère, et sa belle exécution fait regretter qu elle je soit pas d’une matière plus durable que le bois. On ne sait à quoi attribuer une telle parcimonie dans un palais d’ailleurs si

riche de matières. :

Le bandeau qui supporte les croisées du premier étage est décoré de postes; les refends en bossages, qui fopment des chaînes aux angles du palais, sont taillés avec soin. Les croisées du rez-de-chaussée sont élevées sur un piédestal qui porte des pilastres d'ordre dorique, surmontés d'un entablement que cou-

ronnent alternativement des frontons triangulaires et circulaires.

Les corniches, quoique un peu chargées de moulures, sont d'une exécution tellement pure qu’elles ne présentent aucune confusion.

Les croi

S du premier étage sont décorées de colonnes d'ordre ionique, reposant sur leurs piédestaux, et supportant également des entablements couronnés de frontons; chacune de ces croisées est un petit monument, dont les proportions ne laissent rien à désirer.

PL, XXXVIL. — Salle du grand conseil dans le Vieuxæ-Palais.

Lorsque le gouvernement voulut faire terminer cette salle, il s'adressa à plusieurs artistes célèbres, tels que Leonardo da Vinci, Michel Angelo Buonarroti, Giuliano da San Gallo, Baccio d Agnolo, Simone Pallaiolo, dit le Cronaca, et les chargea de lui présenter des projets. Ge dernier ayant obtenu la préférence, c'est à lui que fut confiée la direction des travaux. Il montra beaucoup de savoir dans leur “écution, et particulièrement dans la composition de la charpente du plafond et du toit: mais la salle étant achevée, on s'apercut qu'elle n'était pas assez élevée et qu’elle manquait de lumière.

Côme I, qui vint habiter le Vieux-Palais en 1538, le fit restaurer et embellir par Giorgio Vasari. Ce fut lui qui éleva la salle, en se servant de la charpente du Cronaca, mais en changeant les compartiments des caissons, dont la simplicité n’était pas en harmonie avec la richesse de la décoration générale.

Côme I fit aussi continuer la tribune qui termine cette salle du côté de la place. Elle fut achevée d’après les dessins de Baccio Bandinelli et de Giuliano da San Gallo, qui l’avaient commencée: elle est exécutée en belle pierre, et décorée de pilastres et de colonnes d'ordre corinthien, avec niches, statues et basreliefs.

À l’autre bout de la salle, en face de cette tribune, l’Ammanati fut chargé d’en construire une autre, dans la composition de laquelle il faisait entrer une fontaine jaillissante ornée de statues et de bas-reliefs en bronze; mais ce projet ne fut pas exécuté,

Les statues qui décorent celte salle sont toutes de la main des plus célèbres artistes; le plafond est composé de riches compartiments.

Le fond des caissons, qui sont au nombre de trente-neuf, offre des tableaux à l'huile, peints par Vasari

Les fresques peintes sur les murs repr Medici et leurs travaux militaires.

Cette salle est la plus grande et la plus magnifique qui soit en Europe : elle à 163 pieds de long sur 68 de large et 65 de haut.

sentent le triomphe des

PL. XXXVIIL. — Détails divers.

Parmi les divers fragments de sculptures du xv° siècle, qui entrent dans la composition de cette planche, on remarque un bénitier en marbre surmonté d’une statue de saint Jean, et un siége épiscopal venant de la cathédrale de Pise. Le panneau en arabesque que l’on voit dans le fond, est exécuté en marqueterie dans une des chapelles de Santa Maria Novella, à Florence.

PL. XXXIX. — Plan du palais Riccardi, autrefois Medici.

Ce palais, situé dans la via Larga, fut construit par Michelozzo Michelozzi, architecte florentin, qui en fit les dessins concurremment avec Brunelleschi. Mais Côme I, surnommé le père de la patrie, craignant de blesser ses concitoyens par trop de magnificence, donna la préférence aux projets de Michelozzo, dont la simplicité était plus d'accord avec le caractère de ce grand homme. Le palais fut commencé en 1430, et terminé avant l'exil de Côme, qui arriva en 1433. Michelozzo accompagna toujours son protecteur, et fut chargé de plusieurs monuments dont Côme enrichit la ville de Venise, où il se fixa durant son exil. Le 16 avril 1659, Ferdinand II céda ce palais au marquis Gabriello Riccardi, qui le fit agrandir, en y joignant le palais de Lorenzino Medici. L’escalier d'honneur fut construit par Gio. Batista Foggini, sculpteur et architecte florentin. La grande et belle disposition de ce palais l’a fait toujours choisir pour l'habitation des souverains qui ont visité Florence.

PL. XL. — Élévation géométrale du même palais.

Cette façade, la plus grande qui soit à Florence après celle du palais Pitti, se terminait autrefois à la dixième croisée; elle fut augmentée par la famille Riccardi, qui y joignit le palais Lorenzino Medici. Elle porte un caractère de gravité imposante, qui laisse à peine remarquer quelques légers défauts. Les milieux des croisées du premier étage ne se rencontrent pas audessus des grands arcs du rez-de-chaussée; les croisées ajustées au milieu de ces ares, sont attribuées à Michel-Ange. La corniche du couronnement est un peu lourde, défaut qui est assez commun dans les ouvrages de Michelozzo. On peut croire qu'il a été entraîné par le caractère de force, qui semble caractériser les productions de ce siècle et dont on a indiqué la cause principale dans la description du palais Strozzi, pl. XVI.

PL. XLI. — Coupe du même palais.

La cour de ce palais est d’une proportion très-agréable ; on trouve, sous les portiques qui l’entourent, des monuments antiques qui en font un musée de sculpture fort intéressant. Ils furent recueillis en 4719 par les soins de Francesco Riccardi, amateur éclairé des sciences et des arts. Le palais renferme une bibliothèque de manuscrits et une belle collection de médailles et de camées. Parmi les peintures qu’on y admire, on remarque surtout la galerie, ouvrage très-important de Luca Giordano.

Les plafonds des appartements sont décorés de riches compartiments, dont les fonds sont peints par les maîtres les plus célèbres de l’école florentine; chacun d’eux s’est plu à payer le tribut de sa reconnaissance aux princes qui prodiguaient aux arts de si nobles encouragements.

PL. XLIL. — Détails du même palais.

Tous les profils sont en harmonie avec la fermeté de cette façade. La porte principale est une des plus belles qui soient à Florence. Richement décorée de caissons sculptés et d’une multitude de clous de bronze, elle brille avantageusement à côté de la noble simplicité de son chambranle.

Il y à beaucoup de grâce dans les profils de la cour; les frises sont ornées de jolies compositions exécutées en sgrafitto.

PL. XLIII. — Vue intérieure de la cour du même palais.

Elle est d’un effet piquant, et les matériaux employés à sa construction annoncent la magnificence. Les voûtes des portiques, autrefois couvertes d’arabesques, sont entièrement dégradées ; les colonnes, en pielra serena, sont d’un seul morceau; la cour est dallée en belle pierre, et les pentes y sont ménagées de manière que l’eau provenant du jet qui est au centre, s'écoule facilement. Dans la belle saison, les Florentins, qui font leur délice de ces belles cours, ont l'habitude de les couvrir de bannes, pour se garantir des trop grandes chaleurs : aussi rien n’est plus frais et plus agréable que leur aspect, qui étonne les étrangers.

PL. XLIV. — Voûte du vestibule de la sacristie de l'église de Santo Spirito.

Ge vestibule, marqué G sur la pl. LXXV, est décoré de douze colonnes d'ordre corinthien, supportant un entablement fort riche, sur lequel repose la voûte en plein cintre que l’on offre ici. Chaque travée se compose de trois caissons semblables, qui en forment le développement. Ce vestibule est l'ouvrage d’Andrea Contucci di Monte Sansovino, sculpteur et architecte florentin, élève du Cronaca, à qui est attribuée la sacristie de la mème église.

PL. XLV. — Élévalion géométrale du palais Giacomini, situé dans la rue de’ Tornabuoni.

Cette façade a trop de ressemblance avec celle du palais Bartolini, pl. LXIII, pour ne pas croire qu’elle en soit une imitation. Elle est riche d'architecture, et d’une belle proportion ; les profils en sont gracieux. La corniche qui couronne l’édifice repose sur un architrave trop peu élevé, et dont les moulures sont trop grêles. Ge défaut d'harmonie contribue à priver la corniche du couronnement de l'importance qu’elle devrait avoir.

PL. XLVI. — Étévation géométrale du palais Uguccioni.

Il est situé sur la place du Grand-Duc. Aujourd'hui il sert de magasin, et l’on y à établi les bureaux de la douane. A l’ordonnance de cette façade, à la finesse et à la grâce de ses détails, et plus encore à l'ajustement des croisées, on reconnait le style de Palladio, à qui elle est attribuée par quelques-uns des auteurs qui en ont parlé. Le rez-de-chaussée est exécuté tout en pierre; la balustrade au-dessus est en marbre blanc, les chapiteaux ioniques et corinthiens, l'architrave qui repose dessus, ainsi que les chambranles des croisées, sont en terre cuite parfaitement travaillée. Ce palais, comme on le voit, n’a pas été achevé; et la charpente, ornée de modillons sculptés, repose immédiatement sur l’architrave du second ordre.

PL, XLVII. — Détails du même palais.

Tous ces détails appartiennent à la façade. Les dessins, rapportés avec le plus grand soin d’après les cotes, parlent assez pour nous dispenser de toute autre description : leur exécution est de la plus grande pureté.

‘PL. XLVIIL. — Plan du palais des comtes della Gherardesca.

Il est situé dans la rue de’ Pinti, près de la porte de ce nom. Ge fut l'historien Bartolomeo Scala, secrétaire de la république, qui le fit construire pour son habitation vers l'an 1470. Il passa depuis à l'archevêque Alessandro Medici, et ensuite à Léon XI, qui le céda à la famille qui le possède aujourd’hui. Il a été successivement agrandi, et dans ces derniers temps, on y à fait construire des serres chaudes et des orangeries, qui ajoutent encore au charme des jardins. La belle disposition de ce plan ne permet pas de douter qu'il ne soit l'ouvrage d'un des habiles artistes contemporains de l’illustre Scala.

PL. XLIX. — Vue perspective de la cour du même palais.

La simplicité de l’intérieur des portiques qui entourent cette cour, contraste singulièrement avec les richesses que l'on y a, pour” ainsi dire, prodiguées à l'extérieur. Les pilastres et l'entablement du premier ordre se contre-profilent; les bas-reliefs placés au-dessus des arcs sont en bronze, ainsi que les renommées au-dessus des archivoltes; les croisées du premier étage, placées entre des pilastres d'ordre ionique, sont encadrées dans de riches bordures d’arabesques color!

Les voûtes des portiques sont exécutées en stuc blanc, et les petites niches placées entre les archivoltes sont ornées de statues antiques. Du milieu de cette cour, qui est dallée en belle pierre, il sort un jet d’eau, qui lui donne beaucoup de fraîcheur.

PL, L. — Autel antique, etc.

Cette planche est composée d'un autel antique, du vase dit Medici, tiré de la galerie de Florence, et de la belle cheminée qui se voit dans la grande salle du palais Gondi; elle est exécutée en marbre blanc par Giuliano da San Gallo, sculpteur et architecte florentin, qui construisit le palais qu'elle décore.

PL. LI. — Plan du palais Gondi.

Ce palais est situé sur la petite place de Santo Firenze. en face de cette église. Il fut commencé d’après les dessins de Giuliano da San Gallo, en juillet 1490; ce fut Giuliano Gondi, riche négociant de Florence, qui le fit construire. Ce palais devait se prolonger davantage, et retourner vers la Mercatanzia vecchia (1) ; mais la mort de Giuliano Gondi fit arrêter les travaux, qui ne furent pas exécutés avec autant de magnificence que le propriétaire se l'était proposé. On voit, par la disposition du plan, que le milieu du palais devait être à l’angle où il se termine : il est à croire que la cour aurait eu alors une autre disposition, ainsi que le grand escalier qui est sous le portique.

PL. LIL. — Élévation géomôtrale du palais Gondi. Cette façade prouverait encore plus que le plan, que la grande

(1) Nom d'un ancien marché de Florence qui n'existe plus,

ARCHITECTURE TOSCANE. il

porte, placée à l'angle du palais, devait en être le milieu. La belle proportion de cet édifice, la pureté de ses profils, et le soin qui règne dans toute l'exécution, donnent une trop haute idée du talent de l'architecte, pour croire qu'il eût adopté une semblable disposition, sans y être conduit par quelque motif suffisant. On ne saurait être trop circonspect dans la critique des productions des artistes, et surtout des architectes, dont l'imagination est presque toujours subordonnée au caprice des propri

PL. LIT. — Coupe du même palais.

La cour est un peu haute pour sa largeur; elle est cependant suffisamment éclairée. Les colonnes du portique du rez-dechaussée, ainsi que celles de la loge qui couronne l'édifice, sont en belles pierres, et d’un seul morceau. On voit, au premier étage, la grande salle où se trouve placée la cheminée que nous avons donnée dans la pl. L. Le plafond de cette salle est décoré de riches caissons et de peintures.

PL, LIV. — Détails du même palais.

us avons réuni sur cette planche les détails des corniches ures et extérieures du palais. Toutes ces corniches sont remplies de grâce et de finesse, et sont de la plus belle exécution. Le profil des croisées du premier étage de l'intérieur de la cour, où la corniche repose immédiatement sur le chambranle, est souvent employé dans les palais florentins. Ces chambranles sont en marbre blanc. La sculpture est d’un bon travail.

in

PL. LV. — Vue perspective de la cour du même palais.

Gette cour, entourée de portiques, est d’un bel effet; la petite fontaine au milieu est en bronze. La rampe de l'escalier, soutenue par une riche balustrade, se fait remarquer par le goût et la recherche. On voit au bas de l'escalier une statue antique.

La frise au-dessus du portique, se compose de médaillons, dans lesquels sont retracés en sculpture les portraits de la famille de Gondi,

PL, LVL. — Fragments antiques.

Cette planche se compose de divers fragments antiques et du xv° siècle. On y remarque, entre autres, le sanglier en bronze, et un chapiteau composite des colonnes du Marché neuf (del Mercato nuovo). À travers ces fragments, on découvre la Villa Palmier, sur la montagne de Fiezole.

PL, LVIT. — Plan et élévation du Marché neuf.

Il est situé près de la place du Grand-Duc, et construit dans un lieu qui était depuis longtemps destiné au commerce de la soie, un des plus importants que les Florentins fissent à cette époque. Côme I‘, attentif à gagner la bienveillance du peuple, fit commencer ce marché en 1547, par Bernardo Tasso, architecte florentin ; il fut terminé un an après, comme l'indique l'inscription placée au-dessus des arcs de la façade du levant. Cosmus Medices Florent. dux IT, publicæ magnificentiæ et salubritatis ergo, porticum, transverso columnarum ordine undique permeabilem, adversüs omnem cœli contumeliam negotiantibus in foro civibus suis extruæit MDXLVIII.

Buontalenti fit percer deux escaliers dans les pieds-droits qui sont aux angles de ce marché; ils conduis salle pratiquée au-dessus, et destinée aux archives. Ferdinand II enrichit ce monument d'une fontaine, et y fit placer une copie en bronze du sanglier antique. Cette copie est l'ouvrage de Pietro Tacca.

ent dans une grande

PL. LVIIL. — Plan et élévation de la cour du palais de Roberto Stroz

Le palais dont cette cour fait partie, est situé à l'angle des rues de’ Balestrieri et degli Albizz. Il fut construit en 1602 ns de Vicenzo Scamozzi, architecte vénitien, qui nous en a donné le plan dans ses ouvrages. On y voit que le palais a éprouvé divers changements dans son exécution. La cour dont il est ici question est de Lodovico Cardi, dit Cigoli, peintre et architecte toscan. Dans le plan de Scamozzi, le vesti-

d’après les d

bule est fermé par une porte; dans celui qui est exécuté, il n’est pas fermé; et il se lie avec le portique dorique qui entoure la cour. Aux deux étages supérieurs, les tables renfoncées détruisent l'effet des croisées, qui sont d’une belle proportion. Cette cour est construite en pierre.

PL. LIX, — Détails de la cour du palais de Roberto Stroz

La pureté et la finesse qui règnent dans tous les détails que le Cigoli a employés dans cette cour, donnent une haute idée du talent de cet architecte. Les croisées, qui sont décorées de colonnes engagées d’ordre ionique, se font remarquer par leur belle proportion, et l’entablement qui couronne l'édifice offre un rapport heureux dans toutes ses parties,

PL, LX, — Casin des Cascine (Laïleries).

Il est situé au milieu d’une promenade publique appelée les Gascine del Isola. C’est une plaine d'environ trois milles de long, bordée, d’un côté, par le fleuve de l'Arno, et de l’autre, par un beau canal qui la sépare de la campagne la mieux cultivée. Cette promenade, que les Medici créèrent et consacrèrent au publie, est plantée de belles allées, de bosquets et de prairies très-variées et ornée de petits monuments d'architecture. Le plus intéressant est celui que nous donnons; Léopold Ie le fit élever en 1787, sur les dessins de Giuseppe Manetti, architecte florentin.

Le rez-de-chaussée est entièrement destiné au public : on l’a distribué en cafés, en billards, et en vastes salles de réunion, dégagées par le grand portique et par ceux qui entourent la cour. Au premier étage se trouvent les appartements du grandduc, qui venait souvent s’y reposer.

Aux deux côtés du casin, on voit de vastes étables et des bergeries, et au-dessus, des greniers.

L'ensemble de ces bâtiments est très-intéressant, bien qu’on ne remarque pas, dans leur exécution, une grande pureté. La faasin est en briques et en pierres; les étables sont presque entièrement en briques.

Le parc est disposé de manière que, du casin, on découvre le fleuve, qui est assez large dans cet endroit.

çade du

PL. LXI. — Vue du grand escalier du palais Pitti, prise, du premier élage, dans le vestibule qui précède la salle des gardes.

Gette façade, répétée de l’autre côté du vestibule qui donne entrée dans la salle des gardes, est disposée dans le style des arcs de triomphe. Les colonnes qui sont entre les arcs, supportent une riche balustrade en bronze, décorée de statues de marbre; ce qui forme deux tribunes agréables dans ce vaste vestibule. Au milieu du plafond, on voit une belle fresque, encadrée d’une large frise en sculpture.

PL. LXII. — Piédestal en bronze.

Parmi les fragments qui composent cette planche, on remarque un beau piédestal en bronze, qui se voit dans la galerie de Florence. Il représente le triomphe d’Ariadne. Deux satyres précèdent le char, qui est traîné par des panthères. Ce bas-relief, encadré d’une riche bordure de feuilles de vigne et de raisins, est de Laurenzo Ghiberti, le même qui fit la belle porte du baptistère de Florence.

La statue couchée et placée au-dessus, ainsi que les vases étrasques, sont en terre cuite, et viennent du musée Guarnacci, à Volterra. Le groupe antique représentant l'Amour et Psyché, fai. sait autrefois partie de la galerie de Florence; il est à présent au musée de Paris.

PL. LXIII. — Plan, élévation et détails du palais Bartolini.

Giovanni Bartolini, grand protecteur des arts, fit construire ce palais en 1520, d’après les dessins de Baccio d’Agnolo, à qui il en confia l'exécution. Il est situé sur la place de la Santa Trinità, en face de l’église du même nom. Il est isolé de trois côtés, entre les rues Rossa et delle Terme antiche. Son plan est d'une grande simplicité, caractère des productions d’Agnolo. La cour est entourée de trois portiques, soutenus par des colonnes, Les salles du rez-de-chaussée sont voûtées et décorées de bonnes peintures.

La façade de ce palais, construite toute en pierre, est riche d'architecture, et d'une élégante proportion. La corniche, dont on voit les détails sur la même planche, couronne agréablement cette façade. Les croisées et la porte principale sont ornées de colonnes portant des entablements surmontés de frontons. Baccio d’Agnolo fut le premier qui introduisit ce genre de décoration ; il Jui attira beaucoup de critiques, et même de vexations dont il se vengea noblement, par l'inscription latine qu'il fit graver dans la frise de la porte : Carpere promplius quäm imitari.

On remarque dans la frise des croisées, l'inscription suivante : Per non dormire, qui est vraisemblablement la devise de Giovanni Bartolini ; elle fait allusion à la frise sculptée dans les chapiteaux des pieds-droits, aux angles du palais, qui se compose d’un anneau surmonté de trois têtes de pavots : ce sont les armes de cette famille.

Les trumeaux, entre les croisées, étaient décorés de statues antiques et de trophées en bronze.

PL. LXIV. — Coupe du même palais.

La cour est ceinte de quatre étages de loges, dontles trois premiers sont exécutés en pierre. Les stylobates qui supportent les loges du premier et du second étage, sont décorés de compositions arabesques, dans lesquelles on a ajouté les armes de Bartolini : toutes ces frises sont exécutées en sgraffitto. Le quatrième rang de loges, construit en charpente, est en retraite, pour laisser entrer plus de jour dans cette jolie cour ; il est très-ingénieusement reporté sur les poinçons du toit du rang inférieur. Ces portiques à tous les étages, sont très-commodes pour dégager les appartements qui sont autour, La grâce et la finesse des profils intérieurs ne le cèdent en rien à la belle exécution de ceux de l'extérieur de ce palais.

PL. LXV. — Plan de l'église de Saint-Michel.

Elle est située sur la place du même nom, et desservie par les pères théatins; elle fut commencée en 1604, sur les dessins de Matteo Nigelli.

Les grandes occupations de cet artiste lui firent tellement négliger ce monument, que les théatins, fatigués de ses lenteurs, lui donnèrent pour successeur Gherardo Silvani, qui fit de nouveaux projets, et qui, ayant augmenté cette église en longueur et en largeur, lui donna la forme de la croix latine. 11 la termina entièrement, ainsi que l'habitation des pères, et profita très-ingénieusement de la hauteur des murs de l’église, pour leur pratiquer une promenade en terrasse, qui domine tous les palais voisins. Par ce moyen, il réussit à donner à leur habitation un agrément qu’elle ne pouvait obtenir autrement, se trouvant entourée de palais très-élevés qui la privaient d'air.

Cette église est une des plus intéressantes qui soient à Florence, tant par la pureté de son architecture que par la finesse de son exécution.

Église de Sainte-Nadelaïne de Pazzi, située rue de’ Pinti. — Elle fut commencée en 1410, et desservie jusqu'en 1520 par les pères carmélites. On l’appelait autrefois Sainte-Marie du peuple, à l'instar de celle de Rome, parce qu'elle se trouvait près de la porte Florentine, que l’on nommait aussi porte du Peuple, Sa décoration répond à la simplicité de son plan. Elle se compose d’une seule nef, et de six chapelles de chaque côté, Le cloître qui la précède est entouré d’un portique décoré de colonnes d'ordre ionique. L’architrave, servant d’imposte, supporte les deux arcs, qui donnent entrée, d’un côté, dans le cloître, et de l'autre, dans l’église, Ce cloître est une des bonnes productions de Giuliano da San Gallo. Le chapiteau des colonnes est imité d'un chapiteau antique, trouvé à Fiesole.

L'architecte a placé dans les angles, ainsi qu'aux supports des arcs, des pilastres carrés, qui, comme les antes des temples grecs, sont doriques.

Église de Saint-Pancrace, dans la rue della Spada. — Elle existait avant 4078 ; en 1470, elle fut renfermée dans la seconde enceinte de la ville,

En 1216, elle était desservie par les bénédictins; elle passa ensuile aux moines de Valombreuse, qui en sont possesseurs.

Dans la restauration qui eut lieu en 1752, elle fut divisée en deux portions, dont l’une forme un atrium. À gauche de cet atrium, se trouvent la chapelle et le tombeau de la famille des Ruccelai, faits à l'instar du saint sépulcre à Jérusalem, qui furent

construits en 1467, d'après les dessins de Léon-Baptiste Alberti. On trouve la vue perspective de cette chapelle, ainsi que le tombeau, aux pl. XVII et XVIIL du recueil des plus beaux tombeaux, publié en 1814 par Grandjean de Montigny, l’un des auteurs de l'Architecture toscane

PL, LXVI. — Place et église de l'Annonciation.

Au milieu de cette place, est la statue équestre de Ferdinand I, marquée par la lettre G sur le plan; cette statue est faite de bronze pris sur les Turcs, comme l'indique l'inscription que l’on voit sur la ceinture du cheval : Dei metalli rapiti al fiero Trace.

Le piédestal est en marbre. La statue fut érigée en 1608, l'année même de la mort de Jean de Bologne, qui en est l'auteur.

Ferdinand II fit depuis décorer le piédestal d’ornements en bronze, avec des bas-reliefs, en l'honneur de son oncle, comme l'indique l'inscription suivante : Ferdinando TI. magno Etruriæ duci Ferdinandus II. nepos. An. sal. MDCXLII1.

La même année, il fit placer les deux fontaines marquées B sur le plan général. Elles sont exécutées en bronze par Pietro Tacca, sculpteur, élève de Jean de Bologne. A droite est le portique de l'hôpital des Innocents, marqué DE, construit, ainsi que l’hôpital, sur les dessins de Filippo Brunelleschi : il fut commencé vers l'an 1421, et terminé en 1444. Le portique D, que l’on voit à gauche, fut élevé par Antonio da San Gallo, qui le fit à l’imitation de celui de Brunelleschi.

Le portique marqué F sur le plan, est de Gio. Caccini, architecte et peintre florentin, élève de Gio. Antonio Dosio. I] le commença en 1601, et le termina en 1604; Alessandro et Roberto Pucci en firent les frais.

Le petit cloître G, qui sert d’atrium à l’église, est dû à la munificence des Med L'église, qui a été changée, augmentée et embellie, par les soins des plus illustres familles et d’après les dessins des artistes les plus célèbres du temps, fut fondée en 1262 par sept nobles florentins.

En 1472, Ludovico Gonzaga, marquis de Mantoue, et général au service de la république florentine, fit construire le chœur, de forme circulaire I, sur les dessins de Léon-Bapliste Alberti : Luca Fancelli fut chargé de l'exécution. Un volume ne suffirait pas pour décrire les beautés que renferme ce monument, dont la disposition est de la plus grande magnificence. Le grand cloître, dont l'architecture est du Cronaca, et les autres plus petits que renferme ce riche couvent, sont décorés de peintures des maîtres les plus célèbres.

PL. LXVII. — Vue de l'église de San Miniato, près de Florence.

Cette église est située sur le mont Fiorentino, près de la porte San Niccolo. Sur l'emplacement qu’elle occupe, il existait, depuis la naissance du christianisme, un oratoire sous l'invocation de saint Pierre, qui prit le nom de San Miniato, lorsqu'on y euttransporté le corps de ce martyr.

En 774, Charlemagne, devenu roi d'Italie, dota l’église de San Miniato, et l’érigea en basilique. En 1013, elle fut entièrement reconstruite par les soins d'Hildebrand, évêque de Florence. Elle a été desservie jusqu’en 1373 par des bénédictins noirs : ils furent remplacés, à cette époque, par des moines olivetins, qui le furent eux-mêmes, en 1542, par les Pères jésuites, qui en firent une maison de retraite pour les exercices spirituels.

Cette église, dont on voit le plan sur la pl. LXXXIV, est divisée en trois nefs, par deux rangs de colonnes.

Deux escaliers en marbre montent au chœur, disposé à l'instar des églises primitives. Ge chœur est construit en marbre, et décoré de riches mosaïques : on en voit les détails à la pl. LXXX. On y remarque aussi les cinq croisées qui éclairent le grand cul de four, au fond de l’église; elles sont fermées par des tables de marbre transparent, ce qui produit un effet très-mystérieux, Audessous, dans la chapelle sépulcrale, sont disposés les tombeaux de plusieurs martyrs. La charpente de cette église est d’une composition simple; l’ensemble du monument est d’un aspect fort intéressant.

PL. LXVIIT. — Détails divers.

Cette planche offre divers fragments tirés des musées et des

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