CONCLUSION
des constructions dans laquelle l’art peut et doit intervenir, plutôt que de faire des châteaux et des palais pour des souverains de grands empires.
Yitruve n’a pas dédaigné, dans ses dix livres d’architecture, d’en consacrer un tout entier aux bâtiments d’exploitation agricole en usage chez les Romains. ,
Aux agriculteurs, nous conseillerons de bien réfléchir avant de se décider à bâtir : « Tardif à bastir » comme dit Olivier de Serres dans l’épigraphe placée en tête de notre conclusion.
Nous leur conseillerons également de bien examiner les vieux bâtiments avant de les démolir, caron peut les utiliser en leur donnant soitune autre destination soit une meilleure distribution, et en y établissant un bon système de ventilation.
Si au contraire, après mûres réflexions, les agriculteurs se décident à démolir, ils doivent élever des construction très-économiques, des abris provisoires mêmes, sauf à les remplacer plus tard quand l’exploitation agricole en plein rapport le permettra; mais ce serait folie, au commencement d'une création agricole, d’emprunter de l’argent pour faire des bâtiments somptueux. Que les agriculteurs se rappellent ce dicton populaire ; Qui emprunte pour bâtir, bâtit pour vendre.
Voilà des conseils qui certes ne seront pas goûtés de tous les architectes, mais nous pensons que beaucoup de nos confrères préfèrent, comme nous, l’intérêt général à leur intérêt particulier.
Avant de quitter la plume et de terminer notre travail, nous reproduirons des conseils d’Olivier de Serres relatifs.à l’entretien des bâtiments ruraux ; ces conseils, quoique datant de loin, n’en sont pas moins très-utiles. Ils sont adressés à son bon mesnager et sont la conclusion de son Théâtre de l'agriculture ; nous ne saurions donc mieux terminer notre traité des constructions rurales :
« Je lui dirai en suite, qu’estant autant louable de conserver les choses que de les acquérir, il lui sera nécessaire d’entretenir premièrement ses logis et maison d’habitation, les préservant de ruine par quelques petites réparations que chaque an il y fera faire : surtout d’en tenir les couvertures si bien en poinct que les eaux des pluies n’y ayent aucune prise; une seule gouttière pouvant causer la ruine de tout l’édifice.
«Avec pareil soin, et moyens requis, seront conservées les escuieries, estableries, granges, colombiers, moulins et austres bastiments, comme cloisons dejardinage, parcs et autres propriétés, où est nécessaire de rhabiller tous-jours quelque choses ; car autrement, les abandonnant à la négligence,
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
on ne se donneroit garde qu’au bout de quelques années, l’on seroil contraint d’en réparer les ruines avec beaucoup de despence, comme refaisant les choses presque à neuf.
« Auquel point les bons mesnagers parviendront par la bénédiction de Dieu. »