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BOIS

Généralités. — Un des matériaux les plus importants dans l'art de bâtir, c’est le bois. Il est très-difficile de le bien connaître, car les bois de construction sont sujets à tant de maladies, ont tant de défauts qui les rendent vicieux, qu’il faut être du métier pour juger de leur valeur véritable. Aussi parlerons-nous plus longuement des bois que des autres matériaux.

Quand on coupe un tronc d'arbre perpendiculairement à son axe, on distingue deux parties d'un aspect différent : l'une, de peu d’épaisseur, assez tendre, qui est 1 ccorce, l’autre, composée de fibres plus serrées et plus dures, qui est le bois. Ces deux parties sont formées de couches concentriques. La couche ad'acenteà l’écorce est le liber, les couches rapprochées de celle-ci

(I) On nomme ainsi le résidu produit par l’usure des meules en grès, sur lesquelles on dégrossit les canons de fusil.

DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION. 23

se nomment aubier ou faux bois, les dernières jusqu’au centre sont le bois, le bois fait.

Avant d’employer le bois dans les constructions, on supprime l’écorce, car elle engendre la pourriture en donnant asile aux vers rongeurs qui détruisent les végétaux. On doit même supprimer l’aubier, car il présente presque les mêmes inconvénients que l'écorce. On distingue parfaitement ce bois imparfait du bois fait, à sa couleur plus pâle.

Plus un arbre est âgé, plus le nombre de ses couches concentriques est considérable; de même que les essences qui ont les couches fines et serrées sont plus résistantes, que celles qui les ont lâches et tendres.

Quand on fend un arbre parallèlement à son axe, on obtient, suivant l'essence ou l’espèce, des surfaces lisses et brillantes qu’on nomme mailles ou miroirs.

Défauts du bois. — Les arbres sont sujets à des maladies et â des accidents fort nombreux, qui doivent faire rejeter de toute bonne construction ceux qui en sont atteints, à cause des défauts qui en résultent. Les principales maladies des bois sont : Y échauffe ment, qui est le premier degré de la décomposition des bois. Il s’annonce par l’odeur désagréable qu’il dégage el par la présence de taches d’un blanc verdâtre ou rougeâtre suivant l’essence du bois. Cette altération provient de plusieurs causes, défaut de ventilation du local qui renferme les bois, emmagasinement des bois provenant de coupes trop récemment faites, etc. Les bois dans cet état sont dits bois échauffés; réchauffement amène souvent la pourriture. Celle-ci est le dernier degré de l’altération du bois. Dans cet état, il tombe en poussière et n’est bon qu’à jeter au fumier, où il pourra avec le temps faire du bon terreau.

11 arrive parfois que des excroissances végétales (agarics ou champignons) se développent sur les bois et produisent aussi une espèce de pourriture sèche nommée carie. Quand on emploie dans les constructions des bois trop verts, c’est-à-dire des bois mis en œuvre avant leur entière dessiccation, ils sont sujets à la vermoulure. Comme son nom l’indique, cette maladie est produite par des petits vers qui prennent naissance dans les bois échauffés et les réduisent en poudre.

Outre ces défauts apparents qui résultent de causes postérieures à l’abatage de l’arbre, il en est d’autres qui prennent leur origine tandis qu’il est encore debout. Tels sont par exemple les suivants :

Les gélivures, qui sont des fentes dirigées du centre de l’arbre vers la circonférence. Elles sont produites par de fortes gelées; si les fentes sont très-nombreuses on dit que l’arbre est cadranë ou étoilé;

La roulure, qui est une solution de continuité entre les coucheb annuelles ;

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

Les gerçures, qui sont des fentes transversales à la longueur des libres.

Si un arbre a des couches d'aubier entre des couches de bon bois ou bois parfait, on dit qu’il est à double aubier ; il doit être rejeté des constructions.

S’il est à la fois à double aubier et à gélivures, on le nomme gélif entrelardé; et, il est dit bois bouge, lorsque le vent l’a courbé.

Enfin les maladies des arbres leur occasionnent : des loupes ou exostoses qui sont recherchées pour la marqueterie, parce que les bois très-compactes en certains points produisent des dessins très-variés et parfois originaux; mais cette excroissance épuise le reste de l’arbre, qui ne fait que du mauvais bois ; des dépôts, abcès, écoulements de sève, gouttières qui proviennent d’un excédant de sève, celle-ci perce l'écorce et s’écoule sur l’arbre et le pourrit sur son parcours.

Les arbres trop vieux sont dits sur le retour, ils se couvrent le plus souvent de moisissures, mousses, agarics, champignons qui les altèrent profondément. Ils sont sujets à la pourriture et n'ont aucune élasticité.

Les bois ont encore des défauts moindres que ceux que nous venons de signaler, mais qui les rendent plus ou moins impropres aux usages auxquels on pourrait les destiner. Ce sont les nœuds, qui présentent des foyers de pourriture, et rendent les bois d’un travail difficile; ils proviennent de la déviation des fibres produites par la pousse d’une branche. Les bois qui présentent des nœuds vicieux doivent être rejetés ou relégués du moins pour des travaux de peu d’importance, et en tout cas, on devra remplacer par du bois sain, la partie contenant ces sortes de nœuds.

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