CHARPENTERIE
La charpenterie ou l’art de travailler les bois en pièces équarries a subi, depuis bon nombre d’années déjà, des améliorations importantes.
L’introduction du fer dans la charpente a fourni d’habiles combinaisons, (pii. en augmentant la légèreté et la portée des fermes, a accru en même temps leur solidité. On est parvenu à diminuer de plus de moitié cette énorme quantité de bois (pii surchargeait les bâtiments, ou forçait à donner une épaisseur considérable à leurs murs. C’est plus particulièrement dans la charpente des combles qu’on a réalisé de grandes économies.
emploi et mise en oeuvre des matériaux.
La charpenterie dans scs applications an bâtiment, outre les travaux necessaires dans les fondations {page 42), comprend quatre divisions :
4° La construction des parois verticales, pans de bois, colombages et cloisons de refend; 2° celle des parois horizontales ou planchers; 3° celle des parois inclinées ou supports, pour couvertures ou combles ; 4° celle des escaliers.
Outre ces divisions, la charpenterie comporte des travaux d'un caractère provisoire, tels quo étalements, cintres pour arcs et voûtes, échafaudages.
Pans de bois. — Les constructions en pans de bois sont fort en usage dans les campagnes, cependant la combustibilité des bois, leur pourriture facile, É augmentation de prix qu’ils acquièrent fous les jours, fendent il supprimer de plus en plus ce genre de construction et à en restreindre l’usage aux seuls locaux qui affectent un caractère provisoire. Dans les pays boisés, où le bois est il vil prix, son emploi peut être économique, mais encore on agira sagement de n’utiliser le pan de bois quo pour les parties hautes des bâtiments.
Les pans de bois se divisent en colombages et en pans de bois proprement dits ; dans tous les cas, ils doivent n’ôtre établis qu’il O1", RO ou I mètre au-dessus du sol, afin de pouvoir résister l’humidité et aux infiltrations des eaux pluviales. Les pans de bois sont soutenus par un socle en maçonnerie solide, on emploie pour cela du moellon, des pierres de faille el même de la roche.
A première vue, le pan de bois semble offrir de grandes complications pour sa construction et l’assemblage des pièces de bois qui le composent; il n’en est rien : en disséquant sa structure, nos lecteurs comprendront facilement sa composition (fi g. 37).
4° Les sablières aa sont des pièces de bois placées horizontalement et dans lesquelles s’assemblent à tenons et mortaises les poteaux.
2" Les poteaux sont debout; ils sont de trois sortes, les poteaux eorniers o placés aux angles de la construction. Ils montent de fond dans toute la hauteur du bâtiment. Lorsque celui-ci a plusieurs étages, on ente les poteaux par l’assemblage dit à trait de Jupiter ; nous parlerons bientôt
'Il 1! 11
j coo o cmx» o
Il H H H II II 11 U H H II H*ïl II II
tien: il îru r DDnaOQDiL a-
arrajoi Jt.ot i
ton.
aricm ic.ua
. bt-Capl !
liu.H’H a mil
Fig. 37. — Pan do Lois.
Ecliolle do 0m,()0'i pour métro.
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
de cet assemblage; ou relie en outre les pièces par des boulons à écrou ou par des liens en fer. Ils mesurent 0ra,24 à 0n,,27 de grosseur sur les faces; les poteaux d’huisserie b, qui forment les baies de porte et de fenêtre, et dont l’étymologie est le vieux mot français huis, (porte); les poteaux d’huisserie ont 0"', 19 à O1» ,22 d’épaisseur; enfin ce sont les poteaux de remplissage, quand ils sont très-courts comme ceux qui existent sous les appuis des fenêtres ou sous les linteaux des portes : on les nomme potelets f.
3° Les décharges sont des pièces de bois inclinées d, cl, dont l’inclinaison dépasse trois fois leur épaisseur; lorsqu’elle est moindre, on les nomme guettes.
4° Les fournisses sont des pièces de bois placées verticalement dans les vides que laissent les décharges, elles sont taillées obliquement soit en haut soit en bas suivant la position qu’elles occupent au-dessous ou au-dessus de la décharge ; elles sont assemblées en outre dans les sablières hautes ou basses.
5° Les croix de saint André sont entaillées à mi-bois et assemblées en croix, de là leur nom.
Les croix de saint André remplacent les décharges ou guettes, et servent
à fortifier les trumeaux d’encoignure; elles
sont assemblées à tenons dans les sablières.
6° Les linteaux sont les pièces de bois posées horizontalement sur les poteaux des portes et fenêtres ; les linteaux et les poteaux formant une haie se nomment huisserie.
Notre figure 38 montre un pan de bois qui n’a ni décharge ni guette; on emploie plus particulièrement ce genre quand on noie le pan de bois dans la maçonnerie; mais nous devons ajouter que ce mode de construction est vicieux.
Le colombage, au lieu d’employer des bois équarris, n’utilise que les bois en grume.
Les cloisons en charpente ou de remplissage qui servent à diviser les pièces d’une habitation ne diffèrent des pans de bois ordinaires que par leur épaisseur qui est moindre; en effet dans celles-ci les plus grosses pièces de bois ne dépassent pas 0m,15 et les poteaux de remplissage ou autres ne mesurent que 0m,10.
Les cloisons reposent souvent sur des sablières recouvertes par le carre-
Fig. 38. — Pan de bois mal établi Echelle de 0m,00o pour mètre.
EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX
lage. Quand les cloisons sont dans le sens des solives, on les établit sur une solive plus forte ou sur deux solives jointives; au contraire quand elles sont en travers, on pose nécessairement une sablière.
Afin d'obtenir des cloisons très-légères, on se contente souvent de latter sur les poteaux et d’y appliquer un enduit quelconque; ces cloisons ont l’inconvénient d’être très-sonores, et d’offrir en outre des retraites aux rongeurs et aux insectes.
Les pans de bois sont remplis soit avec des garnis et du plâtre, soit en briques crues ou cuites, en torchis, bourre, etc., le meilleur remplissage est à coup sûr de la brique cuite, laissée apparente.
Pour augmenter la solidité des pans de bois, on les scelle aux planchers et aux murs attenants par des liens, des tirants, des chaînes et des harpons en fer.
Pour alléger la charge d’un linteau dans un pan de bois, on établit audessus de lui deux décharges arc-boutant un renfort (fig. 39), ce qui lui donne du raide.
On fortifie aussi les linteaux en les renforçant en dessous par un madrier contre-butté de chaque côté par des écharpes.