COUVERTURES EN TERRE CUITE
Tuiles. — La tuile est la couverture la plus employée pour les constructions rurales. En effet, à part l’inconvénient de son poids, elle ne présente que des avantages : solidité, imperméabilité assez grande et durée. Nous avons vu dans le chapitre premier, page 8, quels étaient les signes auxquels on reconnaissait les bonnes qualités des tuiles ; nous n’avons donc pas à y revenir, mais à nous occuper des diverses espèces.
Tuiles romaines. — L’une des plus anciennes, en usage encore dans quelques contrées méridionales de l’Europe, est la tuile romaine. Ces tuiles sont plates et portent des rebords. On les pose sur un carrelage en briques minces hourdées en mortier de chaux, et à côté les unes des autres. Notre figure 133 montre une partie de couverture en tuiles romaines, la partie à droite est terminée, tandis que la partie à gauche n’est pas recouverte de tuiles creuses. Notre figure 136 montre la coupe de cette couverture à une échelle presque double.
On recouvre les joints qui existent entre deux rangées avec des tuiles creuses légèrement coniques, nommées chapeaux et naturellement la partie convexe protège les joints et rejette l’eau sur la partie plane de la tuile. La durée de cette couverture est très-longue, mais son poids est excessif; elle pèse jusqu’à 136 et 138 kilogrammes par mètre, ce qui exige de fortes charpentes pour la supporter.
L’inclinaison de ces toitures ne doit pas dépasser 60°, sans quoi elles pourraient glisser : Fig. 1 36. - Coupe de lacou-
, verture en luilesromaihcs.
ce qui nécessiterait des réparations incessantes.
Tuiles creuses ou a canal. — Les tuiles creuses ou à canal nommées aussi pannes sont en usage dans beaucoup de pays, mais principalement dans les contrées méridionales de l’Europe. Ce sont des demicylindres légèrement coniques et qui, suivant la localité, mesurent de 0,m35 à 0m,5o de longueur.
Sur des chevrons distants de0,m30 les uns des autres, on établit un plancher en voliges ou en tuiles minces, et sur ce plancher on pose les tuiles creuses. Notre 3
„ . . , .. , TT Fig. 137. — Couverture en
ligure 137 montre I aspect de cette couverture. Un tuiies creuses ou à canal
mode de pose que nous -avons souvent employé dans (Pannes)-
Fig. 135.
- Couverture en tuiles romaines.
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TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
le Midi de la France et qui est fort en usage consiste à supprimer le chevronnage, et à poser de la volige de deux centimètres d’épaisseur sur les pannes qui n'ont entre elles que 0m,80 d'écartement.
Sur ce plancher, on pose verticalement au toit et en commençant par le bas, des rangées de tuiles espacées de 0m, 10, de manière que la partie convexe soit portée sur la volige. Les intervalles de 0m, 10 sont recouverts à leur tour par d'autres tuiles mais posées en sens inverse, c’est-à-dire que la partie convexe est en dessus. Les premiers rangs de tuiles, ceux qui sont posés sur le voligeage, s’appellent charmées ou chéneaux, les seconds chapeaux.
Dans les contrées où souffle un vent violent, on maçonne quelquefois de distance en distance les chapeaux et toujours le premier rang de tuiles situé au bas du toit.
Dans les mêmes contrées, on couvre le haut des murs de trois rangs de 'tuiles creuses qu’on superpose, et qu’on chevauche pour former au bâtiment une espèce de corniche nommée génoise.
Ce genre decouverture doit être fort plat ; il n’a guère que 18° à 22° de pente.
Tuiles ex xi dixes flamandes. — Les tuiles flamandes sont à la fois concaves et convexes ; elles se posent à recouvrement, c’est-à-dire que la partie concave s’emboîte dans la partie convexe et réciproquement, elles forment donc à la fois chéneau et chapeau. Ces tuiles se posent comme les précédentes, seulement nous recommandons de bien choisir la forme de ces tuiles, qui doivent être bien rondes, car celles qui sont plates ne se recouvrent pas bien ; car si les chéneaux sont plats, il advient que, dans les fortes pluies, l'eau arrive sur la volige. Dans ce cas, si l'eau ne pénètre pas dans le bâtiment, elle pourrit toujours le plancher et la charpente. Notre ligure 138 montre un spécimen de ce genre de couverture.
On a reproché avec raison à la couverture en tuiles d’être très-lourde et de ne garantir qu’imparfaitement dans les pays très-pluvieux des infiltrations, aussi a-t-on essayé de beaucoup de modèles et nous donnons deux de ceux qui nous paraissent les meilleurs. Tous les autres types sont des variantes de ces deux systèmes.
Tuiles carrées. — Notre figure 139 montre un système de tuiles carrées à emboîtement qui est fort léger, dont notre figure 140 montre le détail. Cette tuile est munie sur deux de ses côtes contigus d'une ailette, et à l’angle opposé et en dessous le tuilier a ménagé une sorte d'agrafe ou crochet
Fig. 138. — Couvertures flamandes.
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