COUVERTURES EN BOIS
On utilise le bois en couverture sous forme de planches et de bardeaux.
Planches. — Il y a plusieurs manières de couvrir en planches ; l’une d’elles consiste à les disposer suivant la' pente du toit, et à les clouer directement sur des pannes et sur le faîtage, on économise ainsi l’emploi des chevrons. On pose les planches jointives et sur leurs joints on cloue des la ttes ou tringles ën bois, puis on donne une ou deux couches de goudron, ou d’un enduit analogue à ceux que nous avons décrits plus haut.
Un second procédé consiste à espacer des chevrons d’un mètre et de clouer sur eux des planches qui se recouvrent mutuellement d’un quart de leur surface. On pose au bas des chevrons une chanlatte sur laquelle est clouée une planche, puis une deuxième, et ainsi de suite, jusqu’au faîtage. Il faut avoir soin d’alterner les joints verticaux de chaque planche.
Enfin un troisième système, ou plutôt le même perfectionné, consiste à rapporter sur les chevrons des crémaillères, dont les crans ont pour dimension les trois quarts des planches employées; plus celles-ci seront étroites, moins elles seront sujettes à se gondoler, du reste ce système permet de les clouer solidement sur les chevrons.
Les toits en bois doivent avoir une assez forte pente, afin que l’eau ou la neige y séjournent le moins longtemps possible. Cette pente est surtout nécessaire quand les planches sont posées à recouvrement, car, par l’effet de la capillarité, l’eau pourrait remonter et détériorer ce qui se trouverait sous la couverture. On peut établir cette pente sous un angle de 40 ou 45°.
Bardeaux. — Les bardeaux sont de petites planchettes en bois de chêne ou de châtaignier, quelquefois même de sapin ou de hêtre, qu’on emploie en guise de tuiles pour les couvertures. Ces planches peuvent être ou rectangulaires, ou l’un de leurs côtés peut être arrondi ou à pan coupé. Généralement elles mesurent0m,30de longueur sur 0m,15à0m,20de largeur, sur 0m, 02 d’épaisseur. On fait aussi de petits bardeaux qui n’ont qu’un centimètre d'épaisseur sur 0m,12 de largeur et 0m,20 de longueur, ceux-ci ne servent que comme revêtements de mur, dans les pays froids et humides et dans ceux où il tombe beaucoup de neige, en Suède, en Norwége, en Russie par exemple. Certaines maisonnettes suisses ont également les murs revêtus de ces bardeaux du côté qui est exposé à être battu par l’orage ou fouetté par la pluie.
Un mètre carré de bardeaux ordinaires en bois de chêne pèse encore 40 à 45 kilogrammes, aussi la charpente doit-elle présenter un peu plus de solidité que celle faite en vue de supporter les couvertures en papier, toile, carton bitumés, ou en zinc, car celles-ci ne pèsent que 10 à 15 kilogrammes.
On dispose les bardeaux de même que la tuile sur un lattis espacé de O1”, 10, et ils se recouvrent mutuellement, de manière qu’il n’y ait qu’un tiers de leur surface de visible, ils sont percés dans le haut de deux trous afin que le clouage ne puisse les fendre. Pour prolonger la durée du bardeau et empêcher I humidité de le pourrir, on le plonge souvent dans du goudron végétal liqu ide, ou bien dans une huile grasse quelconque.
L’inclinaison de ces toitures doit être comme la précédente de 45 degrés environ, afin de faciliter le prompt écoulement des eaux.
EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX