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MENUISERIE

La menuiserie est l’art qui s'applique aux menus ouvrages en bois. C’est une des parties importantes de la construction. Quoique toute fa menuiserie soit exécutée par les mêmes ouvriers, elle comprend deux divisions distinctes : la menuiserie dormante et la menuiserie mobile.

La première comprend les planchers et les parquets, les la mbris et les escaliers finement exécutés, qui ne sont pas du ressort du charpentier.

La deuxième tes portes, fenêtres, volets, per siennes, châssis, etc.

Les bois employés ordinairement en menuiserie sont : le chêne, le sapin, le hêtre, etc. Ils doivent être bien secs, sans nœuds vicieux ni aubier. Nous n’insisterons point sur les qualités ou défauts des bois, nous ne décrirons pas non plus les variétés des bois de commerce, mais nous nous contenterons de renvoyer le lecteur au précédent chapitre, page 22 et suivantes, qui lui fourniront les renseignements qu’il pourrait désirer, et nous entrerons tout de suite en matière.

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

Parquets et plaxciiers. — Les ouvrages les plus simples en menuiserie, et que le menuisier exécute en premier lieu dans un bâtiment neuf, c'est le revêtement en bois des aires, les planchers.

Les plus ordinaires, et par conséquent les plus employés dans les campagnes se font avec des planches entières de sapin assemblées à joints plats • ou à rainures et languettes et clouées à rez-de-chaussée sur des lambourdes en chêne, qu'on fera bien de noyer dans le bitume, après avoir préalablement répandu sur le sol du mâchefer concassé, quand on aura pu s'en procurer. Dans les étages supérieurs, on cloue les planches sur les solives qui forment la charpente du plancher.

On fera bien de refendre les planches pour cet usage, car les planches étroites ont sur les larges l'avantage de ne pas se déformer et de subir moins de retrait, et la plus-value de dépense quelles occasionnent est largement com-

pensée par une durée et une solidité plus considérables. Les planches refendues sont également assemblées à rainures et languettes A > et n'ont que 0m,10 à 0m, 1 1 de lar- A geur. On nomme ces planchers parquets à l’anglaise. Ils doivent Fi?' toujours être teés à clous perdus,

ce qui s'obtient en plaçant obliquement dans les joints au-dessus de la languette des pointes de Paris de 0m,03 de longueur, comme le montre nôtre croquis ( fig . 153), dessiné à moitié de l'exécution.

Fig. 154. — Parquet droit.

Fig. 155. — Parquet droit à joints alternés.

Fig. 156. — Parquet droit à joints en échelons.

Suivant leurs diverses formes, on donne aux parquets divers noms. Ils sont droits (fig. 154), droits à joints alternés (fig. loo), droits à joints en échelons

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX. 133

{fi g. 156), en points de Hongrie on fougère ( fig . 157), à bâtons rompus (fg. 138).

Les points de Hongrie, on fougère, ou à bâtons rompus, constituent les parquets les plus solides, mais aussi les plus chers.

Pour obtenir de bons parquets, il faut : employer du bois sec, c’est-à-dire débité depuis deux ou trois ans; que la réunion des joints soit parfaite; que le clouage sur les lambourdes soit solide, afin que l’eau, l’humidité ou d’autres causes ne fassent point soulever partiellement le parquet.

Un autre mode de parquet est celui dit parquet d' assemb'age ou sans fin qu’on peut construire sur place {fg.

159). Il est ainsi nommé parce que les menuisiers l'établissent le plus souvent par feuilles pour utiliser des bouts de bois restés sans emploi. Ces parquets sont composés de morceaux de bois assemblés à tenons et mortaises. Les menuisiers forment des feuilles qui ont environ 1 mètre carré, sur 0m,0:27,

0m,033, 0m,047, ou même 0m,034 d’épaisseur; ils les posent sur des lambourdes placées en travers des solives. Dans un pareil parquet et quelle que soit son épaisseur, il faut toujours éviter la multiplicité des joints à onglet, qui outre la difficulté de l’exécution lui enlèveraient de sa solidité.

Avec le même mode de construction, on fait des parquets à petites feuilles, à grandes feuilles et enfin à compartiments.

Pour les étages supérieurs, on pourra employer du sapin pour les planchers, mais pour le rez-de-chaussée on agira sagement de n’employer que du chêne.

Fig. 159.

— Parquet d'assemblage ou sans lin.

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On fait pour les rez-de-chaussées un parquet dit en govrgueclion, qui consiste, après avoir bien dressé l’aire et l’avoir enduite d’une couche de béton maigre, ou de mâchefer, à couler du bitume et y appliquer immédiatement, tandis qu’il est chaud, la frise du parquet. Ce plancher est très-bon et très-solide. Il a en oufîe l’avantage d’être insonore, quand on l’applique à des étages supérieurs.

On ne doit faire les parquets dans un bâtiment neuf, que lorsque celui-ci n'a plus d’humidité et que le plâtre qui a servi au scellement des lambourdes est complètement sec. Sans cette précaution, il arrive souvent que, quelques mois après leur pose, les joints des parquets sont tellement larges qu’il faut les boucher avec des flipots ou même des tringles, ce qui coûte cher et ne vaut rien ; il est préférable de les relever, les resserrer en redressant les bords des planches ; la réparation ainsi faite ne laisse rien à désirer, et le plancher est plus solide et ne travaille plus.

Lambris. — On nomme ainsi des ouvrages d’assemblage destinés à couvrir les murs de certaines pièces d’un bâtiment. Ces ouvrages sont nombreux et de formes variées, il existe :

Le lambris d’assemblage, dont les battants et les traverses sont sans moulure, sans plate-bande, que les panneaux affleurent les bâtis ou qu’ils soient renforcés.

Le lambris à simple bouvement, dont les bâtis ne portent qu'une seule moulure sur leur arête.

Les lambris à petit et à grand cadre ou à cadres embrevés. Les premiers ont plusieurs moulures sur leur bâti, mais ces moulures ne dépassent pas l’épaisseur de ce bâti, tandis que, dans le grand cadre, le moulurage fait saillie sur ce bâti et n’en fait pas partie. Il est embrevé (de là une de ses dénominations) par une languette double ou simple, ou bien il est rapporté à plat.

Le lambris à cadre élègi, dont les battants et traverses sont diminués d’épaisseur sur un bord, tandis que de l’autre ils ont un cadre à profil plus ou moins large, qui fait saillie sur le champ et qui est pris dans la masse des battants et traverses.

Le lambris à table saillante, dont les panneaux font saillie sur les bâtis.

Le lambris à un parement, qui est brut par derrière.

Le lambris à double parement, celui qui est à cadre sur ses deux faces. Le lambris blanchi, celui dont les bâtis et panneaux sont corroyés par derrière.

Le lambris arasé au double parement, celui dont les panneaux affleurent le bâti sur ce second parement.

Les lambris, fort en usage autrefois, sont remplacés aujourd’hui par de

faux lambris. Ces derniers sont faits uniquement en vue de la décoration, tandis que les premiers, plus décoratifs encore, avaient en outre l'avantage de rendre les appartements sains et commodes à la fois.

On distingue les lambris en lambris de hauteur, quand ils garnissent toute la muraille entre le plancher et la corniche du plafond, et en lambris d’appui, quand ils ne s’élèvent que jusqu’aux appuis des croisées. Aujourd'hui, dans les salles à manger, on fait des lambris intermédiaires qui s'élèvent suivant la hauteur des pièces qu’ils décorent, à I ,n, 50, lm,80 et quelquefois davantage. .

Quand les lambris sont de grande dimension, on les divise par des compartiments ; un homme de goût avec un peu d’étude en fait un moyen de bonne décoration.

Les lambris sont composés de bâtis et de traverses qui forment des cadres ; des panneaux remplissent ces derniers. Les panneaux ayant pour maximum de largeur 1 mètre sont faits avec des planches jointes ensemble, à rainures et languettes, ayant au plus 0"’,16 à 0m,21 de largeur et 0m,014 d’épaisseur. Les bois employés pour les cadres ont 0m,034 d’épaisseur. Pour assembler les panneaux il faut adopter un mode d’assemblage qui, pendant les

I' ig. 160. — Assemblage de panneaux pour lambris.

temps humides, permette la

dilatation du bois et pendant les temps secs cache son retrait. C’est dans ce but que l’on fait les languettes fort longues et les rainures plus profondes qu’elles, comme le représente notre figure 100; au moment de la pose, l’assemblage doit être tel que le montre notre croquis, de sorte que si l’humidité allonge le bois la languette peut arriver jusqu’en a, et si la sécheresse se fait sentir le retrait ne peut jamais être assez considérable pour aller jusques en b. Les divers bois composant les panneaux sont collés ensemble, ils sont donc retenus, et s’il survient un mouvement de retrait il s’opère dans la languette c. Pour empêcher encore ces morceaux de se disjoindre, on colle de la toile forte par derrière.

On pose les panneaux à côté les uns des autres, mais en ayant soin de laisser entre eux un petit intervalle, qu’on couvre par une moulure rapportée, mais clouée d’un seul côté.

Pour toute sorte de menuiserie dormante en général, et plus particulièrement pour les lambris, il faut s’assurer que les murs sont bien secs avant de commencer la pose; mais comme on n’a pas toujours le temps d’attendre la parfaite siccité de ceux-ci, il faut employer des moyens qui

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atténuent les fâcheux effets de l’humidité. On sèche les murs artificiellement avec des cloches en fonte ou poêles, ou bien avec des appareils munis de tuyaux et qui projettent la chaleur intérieure de leur foyer dans lequel on brûle du charbon de coke. Ce sont des moyens coûteux qu'on ne peut toujours employer, et qui du reste, ne font que la moitié de la besogne, car il est difficile de suppléer à l’action du temps, du vent, et surtout aux rayons si bienfaisants du soleil.

Un autre moyen consiste à laisser un espace vide entre le mur et le lambris de 0m,025 à 0m,0i afin que la circulation de l’air puisse faire évaporer une partie considérable de l’humidité. On peut même en laisr sant 0m,0o à 0m,06 de vide, entre le mur et la boiserie établir de petites rosettes ou grilles de ventilation, qu’on poserait de distance en distance dans la plinthe et dans la cymaise. Enfin on peut revêtir les bois de goudron végétal, et même, si l’essence employée était précieuse, on garnirait le revers du lambris avec de l'étoupe imprégnée de cette dernière substance.

Arrivons à la pose.

Pose. — Pour fixer les lambris aux murs, il y a deux manières de procéder, la première, qui fait moins bien, mais aussi la moins coûteuse, consiste dans l'emploi de broches plantées dans le mur, la seconde par l’emploi de vis. On scelle dans les murs des tampons de bois, sur lesquels on visse les lambris. Ces tampons doivent être bien dressés, afin que les panneaux puissent porter également. Si, comme nous l’avons dit précédemment, les lambris sont isolés des murs, il faut que les tampons fassent saillie au droit des montants.

Plinthe. — Toute pièce d’habitation portant ou ne portant pas lambris doit avoir au-dessus du plancher une planche faisant saillie au bas des murs et posée sur champ, on la nomme plinthe. Elles sont plus ou moins hautes (de 0m, 1 1 à O111, 22). Les plinthes servent à garantir les enduits des chocs des chaises, meubles et coups de balais qui pourraient les dégrader assez promptement.

Cloisons. — Les cloisons de menuiserie sont employées pour faire la distribution des appartements. Les plus simples sont celles formées avec des planches brutes clouées sur des bâtis et poteaux de charpente, telles que les clôtures en planches. Quelquefois, après avoir dressé convenablement les planches, on les place à côté les unes des autres, on les pose jointives en clouant sur leurs joints des tringles; ou bien encore on les assemble à rainures et languettes comme les lambris. On fixe les cloisons pleines de différentes manières, soit par des coulisses posées sur le parquet et des tringles dans le haut, soit par des tringles posées haut et bas. Les cloisons de remplissage portent des traverses haut et bas et sont lattées en chêne et hourdées

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comme le pan de bois. Les baies de portes à travers ces cloisons consistent en poteaux d’huisserie ayant pour longueur la hauteur de la pièce et 0m,08 de largeur. Ils sont reliés par des traverses.

Enfin, on fait des cloisons vitrées. Le bas est formé de panneaux pleins, tandis que lë haut se compose d’un châssis divisé en compartiments par de petits bois portant feuillures pour recevoir la pose des verres.

Ces cloisons sont faites soit à petit cadre, soit à glace.

Portes et Fenêtres. — Les portes et les fenêtres sont de formes variées, elles sont à un vantail ou à deux vantaux. Suivant les usages auxquels on les destine, elles affectent des formes différentes, c’est pourquoi nous nous dispenserons de les décrire ici.

Nous donnerons aux écuries, étables, granges, etc.,

. . ,, . Fig. 161. — Assemblage

les types qui conviennent le mieux pour ces locaux. à enfourchement.

Nous ferons de même pour les persiennes et volets. Les persiennes sont formées par unbâti en bois de 0m,027 ou 0m,034 dans lequel des lames de bois de 0m,013 d’épaisseur viennent s’assembler à tenons et mortaises, ces lames se recouvrent entre elles ; on les rend quelquefois mobiles par un système particulier qui est décrit dans le chapitre iv. Logement des animaux ( Bergeries ).

Les volets sont emboités et assemblés à rainures et languettes, ils sont à glace ou à petit cadre, on les pose à l’intérieur ou à l’extérieur des appartements.

Assemblages. — De même qu’en charpente, il existe des assemblages en menuiserie.

Le plus élémentaire, celui qui n’est employé que pour les ouvrages grossiers, est dit assemblage à enfourchement (fig. 161). L’ assemblage à onglet que nous avons décrit précédemment, page 104.

IL assemblage de deux faces d'équerre disposées de maniéré a dissimuler le joint (fi g. 162). deux faces d’équerre à

Moulures. — On appelle ainsi le contour ou Jumt caclie‘ forme donné à tout membre d’architecture soit saillant soit rentrant. La moulure, pour produire bon effet, doit avoir un profil sobre. Celles qui manquent de sobriété, ou qui font du tapage ne sauraient avoir un caractère de bon goût.

Les moulures sont simples ou composées.

Dans la disposition des moulures, il faut autant que possible éviter de

mettre côte à côte des membres pareils, car cela produit un mauvais effet. Les surfaces curvilignes doivent être coupées par des filets ou listels.

En général, en menuiserie, les moulures ne doivent pas être aussi saillantes, aussi mâles qu’en maçonnerie; les parties à la hauteur de l’œil ne doivent pas avoir beaucoup de saillie. Il faut réserver les effets pour les parties hautes.

Nous donnons ci-contre la nomenclature des moulures simples avec lesquelles on peut faire toutes sortes de combinaisons pour obtenir des moulures composées.

Le chanfrein est la moulure la plus simple (a), figure 163.

Le filet, bande ou listel (b), vient ensuite. Ces moulures ont leurs faces plus ou moins étroites, elles sont verticales ou horizontales.

L 'astragale ( c ) est formée par une portion d'ellipse ou la moitié d’une circonférence.

Le quart de rond (d), comme l’indique son nom, est le quart d’un cercle.

Le cavet (e) est une moulure concave formant

Fig. 103. — Moulures simples.

gorge.

Le tore ou boudin (f) est une moitié de circonférence de cercle.

Les moulures composées sont : le talon ou cymaise (g). Cette moulure est convexe par le haut (quart de rond) et concave par le bas (cavet).

La doucine (h) qui est une cymaise renversée.

Enfin la scotie (k) est une moulure cave tracée au moyen de deux ou trois cercles de différents rayons.

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