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COUVERTURES MÉTALLIQUES

Le plomb, le zinc, le cuivre, la fonte et même le fer laminé ont été appliqués comme couverture.

Plomb. — Le plomb ne peut être employé que pour des portions de la couverture comme nous l’avons déjà vu ; car pour la couverture entière, son poids et son prix l’interdisent pour les constructions rurales. Nous en dirons néanmoins quelques mots, car on est obligé quelquefois de faire de petites couvertures avec ce métal.

Cette couverture se compose de tables de 4 mètres de longueur sur 0m,50 à 0m,60 de large, et d’une épaisseur de 0m,002 à 0m,003. On les pose à recouvrement, et à dilatation libre sur un voligeage jointif, ou sur une aire en plâtre. Son poids à 0m,0034 d’épaisseur (1 ligne 1/2) est de 40 kilogrammes par mètre superficiel.

Zinc. — Depuis qu’on est parvenu à laminer le zinc, c’est-à-dire depuis cinquante ans environ, ce métal a remplacé le plomb dans tous les usages auxquels celui-ci était exclusivement appliqué autrefois. On le pose en feuilles de 2 mètres de hauteur sur 0'", 65 à 0m, 80 de largeur, sur voligeage jointif ou peu espacé. Il est indispensable de le poser à dilatation libre à cause de l’influence qu’a sur lui la température. Si on le pose sur une aire en plâtre ou en mortier, il faut avoir soin d’enduire celle-ci d’une bonne couche de peinture bitumineuse (voir page 118, ou bien de papier goudronné). Sans cette précaution l’affinité de la chaux pour les acides métalliques causerait promptement la destruction du zinc. On doit en outre, éviter de le mettre en contact avec d’autres métaux , notamment avec le fer ,

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

car sous un climat humide ces deux métaux constituent les cléments d’une pile voltaïque, ce qui contribue à leur réciproque destruction.

Ce genre de couverture jouit aujourd'hui sur les autres d’une préférence marquée, à cause de sa solidité et de sa légèreté. Elle ne pèse que 6 à 7 kilogrammes par mètre carré.et son prix de revient n’est pas très-élevé. Le seul reproche qu’on puisse lui faire, c’est de ne pas résister à l’incendie et de lui fournir môme, un aliment. Bien établie avec du zinc n° 14 une couverture peut se conserver plus de trente ans sans réparation.

Pour le logement de l'homme et des animaux, la couverture en zinc est chaude en été et froide en hiver ; aussi nous conseillons, chaque fois qu’on pourra le faire, de plafonner avec du mortier ou du plâtre, l'habitation de l'homme, et de faire un doublis en paille ou en paillassons aux couvertures destinées au logement des animaux.

La pente nécessaire pour les couvertures en zinc est en général de 12 ou 15 degrés.

Les deux meilleurs systèmes sont celui à tasseaux avec des feuilles de 0m,Go ou de 0m,80 de largeur, et le système en zinc ondulé dans lequel le chevronnage disparaît, car des pannes espacées entre elles de 1 mètre sont suffisantes.

Nous allons décrire ces deux procédés.

Couverture a tasseaux. — Sur le chevronnage, on cloue des voliges ou bien on les assemble par emboîtement ; dans ce cas, on les maintient réunies jointives. Au bas du toit on fixe avec des clous en zinc, une bande de ce même métal. Cette bande fait une saillie de 0”,03 sur l’arête des chevrons, elle est large de 0n,,08. Ces bandes posées, ;\ 0m,80 de distance les unes des autres, on cloue sur le voligeage des tasseaux en bois léger, en forme de trapèze ( fig . 144) sous lesquels sont engagées de mètre en mètre des pattes

Fig. 144. — Tasseau pour Fig. 145. — Patteen zinc pour Fig. 146. — Couvre-joint en zinc couvre-joint. lu couverlure à tasseaux. pour coiffer le tasseau.

en zinc semblables à celles de notre figure 143. Elles servent à retenir les feuilles de zinc qu'on place entre les tasseaux. Celles-ci ont leurs bords latéraux relevés et leurs extrémités inférieure et supérieure recourbées en agrafe, mais en sens contraire. Du reste nos figures font comprendre parfaitement cet assemblage.

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX

La figure 146 représente le couvre-joints qui coiffe le tasseau, la figure 147 montre la coupe transversale, et 148 les pattes d’attache et l’agrafemcnt des feuilles de zinc.

Fig. 147. — Coupe transversale d’une couverture en zinc avec tasseaux.

Fig. 148. — Couverture en zinc.

Pattes d'attache et agrafetnent des feuilles.

Les couvre-joints se fixent soit avec des clous qu’on plante dans les tasseaux dont la tête est noyée dans une goutte de plomb ou avec un calotin, soit enfin 'par assemblage à emboîtement; dans ce cas, on les maintient réunis par de petites pattes soudées en dessous des couvre-joints.

Couverture ondulée. — On fait enfin,, des couvertures ondulées qui par la rigidité que leur donne la cannelure se maintiennent sans qu’il soit nécessaire d’employer des chevrons [fi g. 149).

Fig. 149. — Zinc ou tôle ondulé pour couverture.

Trois pattes clouées sur les pannes accrochent la feuille de zinc.

Tôle galvanisée. — Sous le nom d'ardoises métalliques, la compagnie des forges de Montataire fabrique des tôles galvanisées, qui ne coûtent que 4f,o0 le mètre carré sans le voligeage, et qui pèsent 4 kilogrammes. Comme on le voit, ces toitures métalliques ne sont pas d’un prix élevé, et leur légè-

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

reté est remarquable. Elles n’exigent que peu d’entretien, de sorte qu’elles présentent un avantage assez sensible sur les couvertures ordinaires en métal, puisque celles en zinc coûtent beaucoup plus. En outre, elles ne sont pas combustibles comme ces dernières. On emploie pour la pose de ces ardoises métalliques des clous et des agrafes galvanisés.

Le clouage a lieu sur la volige directement : le clou a la tête garnie d’une

rondelle en plomb, qui se trouve écrasée sous l'action du marteau, et cette matière pénètre dans tous les interstices de façon à faire joint ; ce clou cl ( fig . 150) traverse une ardoise et une bande de tôle de 0m,02 de large sur 0m,07 de long, qu’on a percées à

Fig. 150. - Coupe d'une couverture ravance; Cette bandelette c ainsi placée, en ardoises métalliques. recourbée ensuite au tiers environ de sa

longueur, sert à retenir le bas de l’ardoise de la rangée supérieure et devient une véritable agrafe; de cette façon, la clouure est recouverte et se trouve ainsi préservée de toute infiltration.

Dans notre figure, a est l’ardoise inférieure, cl l’ardoise supérieure. Chaque ardoise d'une rangée est donc fixée sur la volige dans le haut par deux clous et se trouve retenue dans le bas par les deux agrafes attachées à l’ardoise de

Fig. 151. — Couvertures en tôle galvanisée (ardoises métalliques).

la rangée qui est immédiatement au-dessous comme on peut le voir par nos figures 150 et 151. c, montre une agrafe.

L'ardoise de la première rangée est fixée par des clous munis de rondelles, en remplacement des agrafes; il ên est de même pour la rangée d’ardoises longeant le faîtage.

Le travail se commence par le bas : l’ardoise de la première rangée et de la première file étant fixée, on place celle du rang immédiatement supérieur, et on continue ainsi cette même file jusqu’au faîtage, en ayant soin de tenir toujours parfaitement en ligne les nervures et les boudins ; puis on commence la file voisine, en faisant emboîter les boudins de cette file avec ceux de la première, et ainsi de suite. Lé clouage se fait entre la nervure voisine du boudin et ce boudin lui-même, c'est-à-dire sur les parties les plus rapprochées des rives de l’ardoise, de façon à la retenir plus solidement.

Le plus ou moins de recouvrement à donner dépend de la pente que devra avoir la toiture et varie ordinairement de 0m,05 à 0m,08; avec une inclinaison de 35 à 40 degrés, un recouvrement de 0m,05 à 0m,06 est suffisant.

Notre figure 151 montre une couverture en tôle d’une ardoise métallique, galvanisée, a, a, sont les voliges, b, b les chevrons. On voit dans la rangée supérieure les bandelettes avant d’être recourbées!

Notre figure 152 montre le plan et le profil d’une de ces ardoises.

Telles sont les seules couvertures métalliques qu’on puisse employer en ce moment pour les Constructions rurales; car il ne peut être question du laiton, cuivre, bronze et autres métaux.

Fig. 1?

Plan el profil

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