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PEUX DE CHEMINÉE. PRÉCAUTIONS CONTRE L’INCENDIE

Quand les cheminées ne présentent pas de vice de construction, les feux de cheminée ne sont pas à redouter, surtout quand les tuyaux sont en poterie, la suie s’enflamme et brûle dans les tuyaux et quand elle est brûlée, le feu, n’ayant plus d’aliment, s’éteint; c’est tout simplement un ramonage. Néanmoins, il est toujours prudent d’étouffer ces feux dès leurs débuts, parce que les flammèches et les étincelles qui s'échappent par le haut du tuyau, peuvent être entraînées par le vent, et, occasionner l’incendie des bâtiments voisins, ou enflammer des meules de paille ou d’autres récoltes.

Pour étouffer le plus promptement possible ces feux, il y a plusieurs moyens ; l’un des plus efficaces consiste à boucher l'orifice supérieur de la cheminée avec une couverture de laine mouillée; ceci fait, on brûle du soufre dans la partie inférieure. La combustion de cette substance produit de l’acide sulfureux qui éteint instantanément le feu ; mais on ne doit employer ce procédé que dans des tuyaux ou des coffres bien solides, car, dans les autres, il pourrait se produire une rupture.

On peut encore le maîtriser en bouchant hermétiquement avec des tampons de fumier les orifices inférieur et supérieur des cheminées. Il est bien entendu que, dans le cas où la cheminée enflammée serait en communication avec d’autres il faudrait aussi intercepter complètement tout courant d’air capable de fournir un aliment à la combustion. Quand les cheminées sont pourvues d’une trappe D, comme nous l’avons indiqué ( fig . 2Io, pag. 166), il suffit de la fermer pour étouffer le feu. Quand celui-ci paraît éteint, il ne faut

EMPLOI ET MISE EN OEUVRE DES MATÉRIAUX

pas se hâter d’enlever les tampons, car si on opère avec trop de hâte, le courant d’air pourrait le rallumer. On doit aussi visiter les diverses pièces traversées par le tuyau de la cheminée, et avoir avec soi un seau d’eau, et, une grosse éponge avec laquelle il est, possible de maîtriser les premiers jets de Ilamine.

A propos des couvertures, nous avons signalé l’inconvénient qu’il y avait d’employer les pailles, joncs ou roseaux à cet usage. On doit donc rejeter ces matières pour diminuer les chances d’incendie.

La malveillance et le défaut de soins sont aussi des causes qui déterminent des incendies, mais avec une grande surveillance on peut éviter ces malheurs.

Enfin, le feu peut provenir d'un incendie voisin, qui peut communiquer le feu à votre propriété; dans ce cas, il est bien difficile de se garantir sans une pompe à incendie. Aussi nous conseillons aux habitants des exploitations importantes de se munir de cet engin, qui, en cas d’accident, peut rendre des services inappréciables, et servir au besoin au lavage des façades, des cours et à certains arrosages.

On doit aussi, autant que possible, isoler entre eux les divers bâtiments d’une ferme pour circonscrire les désastres en cas d’incendie.

Nous signalerons à nos lecteurs, chapitre vi, les modifications â apporter dans la construction des bâtiments de ferme, afin de diminuer les chances d'incendie.

On doit encore apporter la plus scrupuleuse attention dans le choix et l'emploi des matériaux qui doivent entrer dans une construction et faire usage des substances qui rendent le bois incombustible, ou qui du moins diminuent sa combustibilité, notamment des dissolutions salines, d’alun, de borax, de phosphate d’ammoniaque, de silicate de soude, etc. Ces dissolutions peuvent sinon arrêter l'incendie, tout au moins en retarder les progrès.

Enfin, dans les bâtiments importants, on devrait toujours construire dans les combles des réservoirs en fer pour emmagasiner de l’eau. Ces réservoirs serviraient à une double fin, premièrement à fournir de l’eau dans les cuisines, écuries, étables et alimenter des fontaines à robinets dans les cours, ens. Le, en cas d’incendie, avec quelques mètres de tuyaux de cuir, une lance, et une canalisation bien comprise, on enrayerait immédiatement un incendie. On pourrait même, soit au rez-de-chaussée ou dans les combles, installer ce qu’on nomme une armoire à incendie.

Celle-ci renferme une bouche à eau venant directement du réservoir, des tuyaux ou boyaux de cuir pouvant se visser sur la bouche, une lance, une hache et un seau; le diamètre des bouches et tuyaux a ordinairement 0m,0o3 d’ouverture.

La construction d’une pareille armoire n’est pas une bien grande dépense et peut éviter de grands sinistres ; aussi nous recommandons de ne pas

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

craindre de les multiplier dans les grandes fermes et dans les usines agricoles.

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